lundi 15 janvier 2018

Stop à la propagande de l'U.E à l'école !

Madame le Maire,

En date du 15 janvier 2018, je vous informe avoir soustrait de la façade de l'école élémentaire Pierre Dufour, situé au 59 rue Grouès à St André de Cubzac, un drapeau européen que je vous remets ce jour en annexe de ce courrier.

Je tenais ici à faire valoir mes explications et mises en garde à ce sujet :

Les juristes s'accordent tous à reconnaître le caractère vulnérable de l'enfant, que ce soit sur sa condition physique, sa dépendance aux soins prodigués par les adultes, mais aussi sur sa maturité intellectuelle. A ce titre, différentes lois, qu'elles soient inscrites dans le Code de l'Education ou dans la Convention Internationale relative au droits des enfants, invitent à tenir compte de cette vulnérabilité et permettre par l'instruction publique, à donner les bases nécessaires à l'enfant pour qu'il puisse développer son exercice critique à partir d'un socle de connaissances minimum.

Nous conviendrons ici que les enfants ayant moins de 15 ans, voire au-delà, ne disposent donc pas des capacités intellectuelles et des connaissances nécessaires pour appréhender les volontés politiques et idéologiques des adultes. Que ces derniers fassent partie de la communauté éducative (parents et enseignants) ou même du personnel politique, toujours prompt (notamment depuis ces dernières années) à faire entrer dans l'école, un certain nombre de considérations idéologiques particulières sous couvert des « valeurs » de la République.

Je témoigne ici directement de ces inclusions idéologiques au sein de l'école, au-travers de la Loi Anicet Le Pors qui déresponsabilise les fonctionnaires (et en particulier les enseignants) quant à la distinction qu'ils doivent opérer entre leurs considérations politiques personnelles et leur mission de service public ; la récente introduction de l'idéologie du « genre » à l'école durant le mandat de François Hollande ; la volonté de certains enseignants de déstructurer la langue française ayant même nécessité un rappel à l'ordre de notre actuel ministre de l'éducation ; la défaisance progressive de l'enseignement de l'Histoire et les considérations idéologiques qui l'accompagnent ou encore pour ce qui concerne l'objet de mon interpellation, l'article L111-1-1 du Code de l'Education, prévoyant le pavoisement du « drapeau européen » sur les façades des établissements scolaires.

Si l'on constate que la majorité des citoyens français ayant atteint l'âge de maturité, sont pour l'essentiel très mal formés à la philosophie du droit et méconnaissent même les principes établis par notre bloc de constitutionnalité, il va de soi que les enfants ne peuvent pas eux-mêmes comprendre ce qui relève de l'idéologie politique pure, et ce qui relève réellement des intérêts fondamentaux de la nation.

Ainsi, le principe de Souveraineté Nationale, sanctuarisé par le Titre premier de notre Constitution, mais aussi évoqué dans nombre de textes internationaux relatifs aux Droits de l'Homme et portant reconnaissance au principe d'auto-détermination des peuples, suppose d'être enseigné pour être compris, et pour le moins être connu de tous. Et si la majorité de nos concitoyens ignorent ce qu'est la Souveraineté Nationale, c'est évidemment parce que son principe n'est pas enseigné, mais qu'en outre, ils subissent une propagande tonitruante de la part des médias et politiciens sur le caractère indépassable de la « construction européenne ».

L'idéologie européïste niant spécifiquement la Liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes et abolissant la Souveraineté des nations enclavées dans ces traités scélérats, est donc une considération politique marginale et propre à une représentation politique elle-même idéologisée et félonne à ses devoirs édictés par l'article 4 de notre Constitution :

« Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ». 

Je vous rappelle pour mémoire, que si l'essentiel de notre représentation politico-médiatique a milité pour nous faire accepter le projet de Traité Constitutionnel Européen, que les Français se sont prononcés à plus de 55 % par référendum (réputé décisionnel en France) contre ce projet. Le Traité de Lisbonne qui reprend la presque totalité des articles de ce traité a malgré tout été adopté, ce qui constitue une trahison et un viol explicite de la Constitution. 

Toujours est-il que la France n'a jamais reconnu dans l'article 52 des déclarations annexées aux Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne, les symboles de l'U.E, tels que « le drapeau européen » ; « l'euro » ; « la journée du 9 Mai » et « l'hymne à la joie ». De la même façon, l'article second de notre Constitution ne reconnaît qu'un seul emblème pour symboliser l'unité du peuple français : le drapeau bleu, blanc rouge. Le drapeau européen lui-même n'est pas un emblème national, puisque l'U.E n'est pas un pays. Son statut n'est rien d'autre qu'un moyen visuel de propagande.

A ce titre, chaque fois que des élus utilisent le budget de la collectivité pour acheter ces objets de propagande et les faire pavoiser sur des places et établissements publics, cela peut être considéré comme un usage illicite des deniers publics, puisque cela ne sert en rien l'utilité commune, mais vise à imposer les vues idéologiques particulières de ces mêmes élus à la population. Le drapeau européen, a la même valeur qu'un drapeau symbolisant un parti politique ou une religion. Les Français sont très divisés sur la question européenne et tout élu responsable doit en tenir compte. Cette prudence qui doit être exercée face aux symboles politiques ou religieux, est ainsi rappelée dans la circulaire N° 70-416 du 27 Octobre 1970 et disposant que :


"les exhibitions sur la voie publique d'insignes ou d'emblèmes associés aux couleurs nationales, sont d'une manière générale, de nature à compromettre la sûreté et la tranquillité publique ; elles peuvent dont être interdites ; 



[…] L'éventualité de l'exhibition ou l'utilisation, sur la voie publique, de l'emblème national, associé à des emblèmes ou insignes présentant un caractère politique ou religieux soit lors de cortèges, défilés et rassemblements, soir lors de quêtes, dans des conditions de nature à entraîner de la part d'une catégorie de citoyens, des réactions créatrices de troubles de l'ordre public [Art. 431-3 du Code Pénal], doit conduire les Maires à refuser d'autoriser ou à interdire la quête ou manifestation envisagée". 

Pour en revenir au monde scolaire, l'article L141-6 du Code de l'Education dispose que :


« Le service public de l'enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l'objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l'enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique » 


Étrangement dans cet article de loi, n'est mentionné que l'enseignement supérieur qui pourtant n'intéresse que de jeunes adultes, mais pas les enfants en bas âge. Je vous disais plus haut qu'en bien des façons, que ce soit par les silences de la loi ou au contraire sa rédaction violant des principes constitutionnels évidents, ou au moyen de circulaires encourageant une certaine propagande politique à l'école en fonction des vues idéologiques de nos ministres successifs, il y a une volonté évidente des instances politiques à utiliser le terreau de l'éducation nationale pour idéologiser les enfants, tout en évitant soigneusement de leur apporter des clés de compréhension sur des sujets important en matière de droits fondamentaux. L'école ne forme plus des futurs citoyens, mais plutôt des futurs consommateurs serviles et dénués des savoirs minimums sur ce qui constitue l'essence de la démocratie ou de leur lien avec leur pays.

Pourtant, la Convention Internationale relative aux droits de l'enfant dans son article 8, tout en rappelant dans ses attendus qu'elle se réfère à la Charte des Nations Unies et au Pacte International relatif aux droits civils et politiques de l'ONU – textes reconnaissant tous deux le principe d'auto-détermination des peuples – édicte que :


“Les Etats parties s'engagent à respecter le droit de l'enfant de préserver son identité, y compris sa nationalité” 


Madame le Maire,

Je suis conscient que même s'agissant de nos élus locaux, la maîtrise de ces notions fondamentales est toute aussi altérée que pour la plupart de nos compatriotes, et qu'il y a parfois un caractère moutonnier à faire appliquer des lois violant les principes les plus sacrés des droits de l'homme et de notre Constitution. Non une intention formelle de nuire.

Cependant, j'estime à travers ce courrier qui malgré sa longueur, reste très avare de bien des lois que je pourrais mentionner ou explications et citations de textes majeurs de la philosophie du droit, vous avoir fourni les éléments nécessaires à votre bonne compréhension du problème soulevé ici. 

Que nos élus et journalistes de propagande s'acharnent à vouloir “européïser” les électeurs est une chose. Mais que cette idéologie politique violant expressément l'article 4 de la Constitution sur la Souveraineté Nationale, s'introduise à l'école tant dans les programmes scolaires que dans des symboles ostensibles visant à faire accepter insidieusement “l'évidence” inébranlable de l'Union européenne sur nos vies, cela n'est pas acceptable. Cette propagande est en soi suffisamment immorale – et même anti-constitutionnelle – s'agissant des publics adultes sensés disposer des connaissances et facultés critiques pour comprendre les enjeux, mais c'est proprement scandaleux vis à vis des enfants qui restent des êtres vulnérables à tous les conditionnements idéologiques.

Pour cette raison, je vous remets ci-joint le “drapeau européen” que j'ai donc retiré de la façade de l'école publique mentionnée plus haut, et vous invite à ne pas le faire ré-accrocher. Auquel cas je m'engage de toute façon à le retirer à nouveau, autant de fois qu'il sera nécessaire. Je suis tout à fait prêt à répondre de mes actes au niveau judiciaire si besoin était. Vous comprendrez qu'étant éduqué sur les lois, je n'aurais pas de mal à faire valoir mes arguments, et même invoquer le droit de résistance à l'oppression afin de réclamer du juge qu'il fasse parvenir une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil Constitutionnel, quand bien même je considère cette institution elle-même corrompue.

Loin de vouloir engager un rapport conflictuel, je suis bien au contraire disposé à tout entretien avec vous sur ce sujet, si des précisions vous semblent utiles pour étayer vos connaissances. De la même façon que je suis disposé à participer à un débat public ou une conférence permettant à vos administrés d'être avertis sur ces questions. Enfin, je puis aussi avec votre aimable recommandation, proposer aux enfants des ateliers d'éducation civique permettant à ces derniers de faire connaissance avec le principe de souveraineté nationale, son historique, les lois qui l'encadrent, son lien intrinsèque avec la démocratie et avec la légitimité des lois qui assujettissent une nation ; et dans le cadre pédagogique le plus neutre que possible, expliquer pourquoi l'U.E est si contestée par une grande part de la population, notamment au regard des choix économiques édictés par les traités, et bien évidemment s'agissant des dépossessions de souveraineté qui en découlent.

Je tiens enfin en conclusion à évacuer de votre esprit toute idée soutenue par la propagande, que la défense de notre souveraineté relèverait spécifiquement de considérations idéologiques de l'extrême droite (d'autant qu'historiquement, c'est une idée développée par la gauche) ou encore que tout patriotisme pragmatique, relèverait du “repli sur soi” ou autre slogan de propagande du même acabit.

Dans l'espoir que vous comprendrez les ressorts de mon acte et que vous entendrez parfaitement à quels grands principes constitutionnels je me réfère, veuillez accepter Madame le Maire, l'expression de ma considération républicaine.

Sylvain Baron

Secrétaire national de l'association “Les Décrocheurs”


















samedi 13 janvier 2018

Pensée simple face à un passé complexe

Pour chaque génération, il se trouve des génies qui viennent éclairer l'humanité de leur puissance cognitive et de leurs idées révolutionnant des concepts que l'on croyait définitivement établis. Notre époque n'échappe pas à cette règle, et toutes les disciplines sont concernées : les sciences pures comme les sciences sociales, les arts et la littérature. 

En matière politique pourtant, et cela du fait d'une contrainte propre à cet univers particulier de la vie des Hommes, les esprits les plus féconds restent le plus souvent cachés, et meurent sans jamais avoir pu exprimer tout leur puissance au profit de l'intérêt général. Pour illustrer mon propos, il suffit de me référer à un exemple historique suffisamment évident pour mettre en lumière cette difficulté : 

Admettons que le Général de Gaulle n'ait eu d'autres fonctions politiques que celles dévolues à un député ou à un conseiller général : aurions-nous pu dès lors constater son génie politique ? A n'en pas douter, les Français n'auraient jamais rien su de ce dont il était réellement capable si telle avait été sa trajectoire politique dans cette uchronie. En politique, la puissance et le talent d'un Homme, ne se révèle qu'aux plus hautes fonctions de l'Etat, celles où il s'agit de décider et non pas de contribuer à la législation ou à réformer un domaine particulier de la vie publique. Car ici, il s'agit bien de mettre en cohérence un ensemble de choix politiques, économiques, diplomatiques et militaires tendant vers une certaine harmonie, mais pas seulement. Il faut en outre les assumer et au-delà des plus belles idées que l'on théorise, il faut réussir à les mettre en application et justifier de leur succès quelques années à peine après leur mise en oeuvre. 

Ainsi donc, puisque la fonction suprême reste inaccessible aux plus grands esprits l'essentiel du temps, nous ne voyons apparaître des souverains exceptionnels que durant des moments tout aussi exceptionnels de l'Histoire. Pourtant, la France, terre si fertile pour enfanter des grands esprits, pourrait tout à fait hisser à son sommet de façon plus régulière, des femmes et des hommes visionnaires, habiles et irrémédiablement portés sur l'intérêt général, si toutefois nos institutions avaient été dessinées pour que corrupteurs et parvenus, cyniques et médiocres filles et fils de, se trouvaient naturellement empêchés d'accaparer les mandats les plus essentiels à la vie politique française.

Puisque la Vème République est l'un de ses legs à la nation, on pourrait donc relativiser ici le génie du Général de Gaulle, qui quand bien même avait compris que le régime des partis était de nature à promouvoir les fanatiques et les traîtres, nous a laissé en héritage une Constitution qui dès son article 4, rendait aux partis politiques le pouvoir de s'accaparer les rênes de la France :

"Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie".

Mais l'on constatera qu'en tous lieux et en toutes époques, les plus grands qui eurent un jour à gouverner une nation, eurent rarement le loisir de faire table rase d'un passé immensément complexe ne pouvant qu'altérer leur volonté propre. Cela du fait qu'un pays n'est pas un système mécanique malléable au gré des concepts, mais bien un système humain noyé dans ses us et coutumes, ses repères culturels et politiques où fourmillent toutes les tendances les plus viles en chacune de ses composantes. Le génie pour un chef d'Etat, consiste à manœuvrer dans ces eaux troubles pour faire advenir l'essentiel, c'est à dire la garantie de la paix perpétuelle, ainsi que des progrès sociaux, économiques et démocratiques substantiels par rapport à une époque donnée.  La politique est sans doute la seule discipline où le génie ne peut s'imposer dans toute sa puissance, tout simplement parce que d’innombrables volontés humaines s'opposent à sa pleine réalisation.

De Gaulle nous a tout de même laissé en héritage la dissuasion nucléaire garantissant une paix de très long terme ; le suffrage universel pour élire le chef de l'Etat ainsi que des progrès sociaux et économiques substantiels. Sa vision était à spectre large, son autorité respectée par une frange importante du peuple, et sa volonté de servir l'intérêt général absolument indéniable.

Aujourd'hui en 2018, nous approchons du moment critique où l'Histoire va à nouveau souffler ses bourrasques les plus sanglantes, après une phase de long déclin qui avait fini par susciter l'apathie du peuple. L'étincelle qui allumera tous les brasiers futurs va advenir, parce que les circonstances politiques et sociales s'y prêtent tout simplement :

- Un énième félon s'est installé au pouvoir avec le soutien de médias corrompus et de puissances financières, industrielles et étrangères particulièrement prédatrices. Ce dernier qui se réclame d'une "pensée complexe" est en fait un banal cancrelat sans vision et engoncé dans thèses libérales et mondialistes désormais surannées. A l'instar de ses deux derniers prédécesseurs, la majorité du peuple lui dénie toute légitimité à ses fonctions. Ce dernier étant cependant encore plus arrogant que les autres, il creuse lui-même sa tombe politique et probablement judiciaire...

- La pauvreté et la précarité ne cessent de croître en notre pays du fait même de cet ordre libéral et mondialiste, ce qui est le terreau social essentiel de toutes les révolutions.

- Le conflit intergénérationnel qui oppose la jeunesse à ses aînés sur le plan politique va bientôt se terminer avec le décès de ces derniers au cours des prochaines années. Il faut bien entendre ici, que c'est la tranche d'âge 60 - 80 ans qui vote toujours pour les mêmes salopards, est fermement convaincue que "la construction européenne" est un projet universaliste indépassable, et qui du fait d'avoir jouis des 30 glorieuses au point de se constituer un patrimoine assurant son confort matériel et moral d'aujourd'hui, ne comprend pas pourquoi la jeunesse conteste l'ordre libéral qui n'impacte que la population active d'aujourd'hui.

- Sur le plan géopolitique, l'Union européenne poursuit lentement mais surement son déclin. Le Royaume-Uni, troisième contributeur net de cette usine à gaz va tirer sa révérence dès le début de l'année prochaine, et nombre de menaces existentielles augmentent pour l'U.E  avec une Italie au bord de la banque-route ; une Espagne qui voyant son unité se fragmenter risque de la retrouver par une poussée nationaliste nécessaire dans les prochaines années ; des pays baltes qui ne cachent pas que l'U.E n'a vocation qu'à servir leurs intérêts nationaux mais certainement pas dissoudre leur souveraineté ou altérer leur budget de fonctionnement, et bien sur, une France qui n'en déplaise aux déclinistes de mon propre pays, reste le pays le plus politisé et contestataire de cet ordre établi, au sein même de sa population. Quatre formations politiques réclament la sortie de l'U.E et l'OTAN en France ; trois autres contestent les formes de l'U.E actuelle ; notre dissidence est même déjà ancrée dans l'étape d'après, en faisant vœu d'établir un processus constituant. Ceux qui comme moi ont des contacts dans d'autres pays enclavés dans l'U.E, savent que les Français sont les champions de la contestation de cet ordre mondialiste en Europe. 

- Enfin, tout au plus d'ici 10 à 15 ans, les pénuries de matières premières et notamment énergétiques, vont commencer à se faire ressentir de façon très douloureuse, ce qui ne peut que faire anticiper toutes les crises sociales et militaires les plus sévères de demain. Nous sommes si conscients des enjeux, qu'une part de notre volonté de restaurer l'Etat, suit une logique de reprise de contrôle de notre destinée commune face à ces périls mortels qui menacent la nation.

Pourtant, en apparence, l'inertie semble l'emporter sur la nécessité révolutionnaire. En apparence seulement, car dans des centaines de milliers de foyers, des femmes et des hommes brûlent d'un désir ardent de balayer une oligarchie toute entière. Et si chacun préférerait que ce moment de transition se déroule sans trop de heurts, personne ne souffrira que la Révolution soit accouchée dans la douleur. En particulier pour ceux qui en subiront tous les affres : soit les puissants d'aujourd'hui et leurs supplétifs contre-révolutionnaires constitués en milices ("black bloc", "antifas", etc) ou partis véhiculant leur haine de la nation et de notre unité. Si parmi ces gens, certains devaient périr de notre colère trop longtemps contenue et brusquement exultée, par avance, nous nous excusons de ne pas nous en émouvoir et considérer que ce sera un mal bien nécessaire. 

Si l'on pourrait considérer que le fait révolutionnaire véhicule lui-même une grande part de complexité, sa réalité part pourtant d'une pensée simple : une minorité agissante se décide à prendre la rue et ne plus la quitter, tant que la tyrannie du moment n'est pas destituée. Moi-même, je ne révolutionne strictement rien dans la philosophie politique, en me faisant le chantre de la Révolution jusque dans les formes stratégiques que je propose : occuper l'espace médiatique par un rapport de force engagé avec les journalistes du service public de l'information eux-mêmes, de telle façon à avertir le peuple que l'insurrection a débuté, qu'il est désormais temps d'instituer une grève générale et occuper avec nous les places et bâtiments les plus pertinents, cela jusqu'à ce que la chute du gouvernement soit rendue effective. La seule nouveauté que j'apporte - pour le moins en France, mais cela n'est pas vrai dans le reste du monde - c'est cette nécessité d'assiéger un grand média public, et qui plus est, dans le plus pur respect de l'état de droit. Cela afin de désarmer l'adversaire de tout recours légal à la force publique contre nous. Les révolutionnaires authentiques SAVENT qu'ils leur faut s'associer la complaisance voire la collaboration des institutions régaliennes de leur pays, c'est à dire en premier lieu l'Armée et si possible la police. Car un peuple ne défait pas sa représentation politique directement. L'Armée cesse simplement de lui obéir dès lors que cela suffit à restaurer l'ordre public. Pleinement conscients de cette logique institutionnelle, les révolutionnaires souhaitent donc créer un désordre... dans la discipline. Car sans rigueur opérationnelle, la Révolution échoue, à minima dans sa transition politique espérée. 

Mais l'impulsion révolutionnaire reste d'une simplicité enfantine. C'est le seul moment où finalement, le peuple se fait réellement souverain collectivement, en ce sens que sa dissidence éclairée se DÉCIDE enfin à entamer sa légitime insurrection. Ça n'est rien d'autre qu'une décision collective. Ceux qui prennent cette décision n'ont pas besoin de grandes théories politiques ou d'analyses subtiles des difficultés du moment, pour ressentir en eux cette pulsion révolutionnaire qui les appelle. Cela parce que durant toutes les années où la Révolution couvait dans les chaumières, chacun s'éduquait et nourrissait de grands débats politiques pour l'avenir. Ce qui signifie que chacun part en conscience des choses et des réformes à produire au moment même de prendre la rue. La Révolution s'apparente plus à une opération militaire qu'à une discussion politique. C'est avec son corps et sa VOLONTÉ que l'on fait la Révolution, pas avec de grandes théories.

Lorsque celle-ci aboutit finalement, on assainit l'essentiel des problèmes politiques du moment non pas avec des lois nouvelles, mais simplement en purgeant les institutions des traîtres et corrompus qui la composent. C'est aussi d'une simplicité enfantine dans son idée, quoi que sa réalisation suppose un certain nombre de difficultés à lever. Des dizaines de milliers de problèmes problèmes politiques réglés en quelques jours par une purge propre et sans bavure, n'est-ce pas la quintessence de la simplicité ? Au final, la complexité de la politique refait son apparition quand toutes les étapes décrites ci-avant, ont été respectées par les révolutionnaires. 

En conclusion, je souhaite à travers ce billet, d'une part maintenir mon appel à tenir le siège de la Maison de la Radio (s'inscrire sur ce lien) pour ce qui constitue la première étape opérationnelle et stratégique que nous devons faire aboutir, mais plus globalement, rappeler à chacun que l'on ne fera table rase d'une situation politique particulièrement complexe et destructrice, qu'avec la simplicité de notre décision. La révolution ne tient qu'à ça : que chacun se décide à y œuvrer. Et je vous appelle donc clairement à vous décider enfin.

"Pensez printemps !"

jeudi 11 janvier 2018

A quoi cela sert-il d'écrire à la présidence de la République ?

Dans une précédente publication, je reproduisais sur ce blog, un courrier accusatoire que j'adressais à Emmanuel Macron par voie postale. En moins de 48 h, plus de 500 partages sur les réseaux sociaux et plus de 20.000 vues ont plus que démontré que le sujet suscite un réel intérêt dans tous les réseaux qui s'opposent à la politique de Macron. Cependant, parmi les commentaires les plus amères ou interrogatifs, j'ai pu déceler un questionnement sur l'intérêt de faire parvenir un courrier à charge, à l'intention de notre "représentation" politique. Je tiens ici à y répondre.

Dans un premier temps, admettons que si 45 Millions d'électeurs se montraient vigilants sur l'action de nos dirigeants, et faisaient part de leur sentiment par courrier ou courriel chaque fois que nécessaire, aucune révolution ne serait indispensable en France. Des milliers de lettres ou mails quotidiens s'accumulant pour exiger des comptes, ça pose un politicien sur les bons rails. En sachant que ces derniers n'ont qu'une seule ambition : survivre et faire carrière. Le but du jeu est donc pour eux de froisser le moins d'électeurs que possible. 

Extrapolons encore. Lorsqu'il s'agit de mettre un élu face à ses crimes (ici, il est entendu qu'on ne parle plus d'orientations politiques), le pouvoir du nombre joue à plein. Imaginons que le courrier que j'ai fais parvenir à Emmanuel Macron, se trouve suffisamment partagé pour que des centaines de magistrats et avocats en France, finissent par en prendre connaissance :  n'y aurait il pas une certaine logique statistique, à ce qu'au moins l'un d'entre eux s'intéresse aux faits et arguments juridiques cités pour investiguer un peu plus, voire lancer quelques procédures utiles ?

Allons plus loin encore. Je suis un révolutionnaire, ce qui signifie en clair que mon combat vise la défaisance du chef de l'Etat et toute l'oligarchie avec. Un révolutionnaire ne manifeste pas contre les lois scélérates qu'impose une tyrannie en place, il veut décapiter directement cette dernière. Mais une telle exigence est tout de même très sensible sur nombre de considérations éthiques, politiques, juridiques et morales qui y font face. En ce sens qu'il serait injuste de ma part de souhaiter la révocation d'un chef d'Etat ou gouvernement qui ne ferait qu'appliquer une politique que je conteste, sans toutefois violer la Constitution ou nous trahir de toutes les façons possibles. En clair, le droit de résistance à l'oppression se légitime tout de même sur des crimes bien réels reprochés à la représentation politique contestée. Pas sur une opposition politique ou idéologique particulière. Or, puisque je suis un révolutionnaire droit dans mes bottes à ce sujet, il parait évident que je me dois de justifier mes vues en caractérisant les crimes commis par les usurpateurs actuellement à la tête de l'Etat. La légitimité de l'insurrection populaire s'appuie sur cette étape préalable et indispensable. 

Une fois les crimes d'une oligarchie définis, il est donc nécessaire de rétablir la normalité républicaine, en mettant tout en vigueur pour obtenir la destitution et le jugement des personnalités décriées. Nos élus adorent se référer à l'Allemagne comme modèle pour établir leurs politiques publiques. Pour ma part, j'apprécie de me référer à la loi fondamentale allemande pour ce qui concerne le droit de résistance, qui dans son article 20 est défini comme suit :


« 1) La République fédérale d'Allemagne est un État fédéral démocratique et social.


2) Tout pouvoir d’État émane du Peuple. Le Peuple l'exerce au moyen d'élections et de votations, et par des organes spéciaux investis des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.


3) Le pouvoir législatif est lié par l'ordre constitutionnel, les pouvoirs exécutif et judiciaire sont liés par la loi et le droit.

4) Tous les Allemands ont le droit de résister à quiconque entreprendra de renverser cet ordre, s'il n'y a pas d'autre remède possible ».

Il faut savoir ici que les juristes considèrent le droit de résistance comme un droit qui légitime la violence insurrectionnelle. La Constitution grecque est très claire à ce sujet par exemple, notamment au-travers de son article 120 :


« l’observation de la Constitution est confiée au patriotisme des Hellènes, qui ont le droit et le devoir de résister par tous les moyens contre toute personne poursuivant son abolition par la violence ».

Evidemment, pour ceux qui connaissent mes dispositions d'esprit, je suis hostile à la violence, d'autant qu'elle n'est pas nécessaire. Cependant, ce que je cherche à faire remarquer ici, c'est un principe important s'agissant du droit de résistance :

Toute action illégale voire violente d'une minorité agissante, doit se légitimer sur le fait que toutes les possibilités légales ont été entreprises auparavant. Ce qui me permet d'en revenir à mon sujet de départ, soit la pertinence qu'il y a à faire parvenir un courrier de remontrance à nos oligarques et au passage, s'assurer que toutes les composantes du peuple soient alertées des crimes et abus commis par la représentation politique. Ainsi, à la suite de ce courrier, je compte envoyer un courriel à l'ensemble de nos députés pour attirer l'attention sur les méfaits de M. Macron. Cela dans le but de les inciter à se constituer en Haute Cour pour juger ce dernier et le destituer. C'est la procédure légale.

Evidemment, nous sommes tous conscients que cela n'adviendra pas sous de telles formes. Mais au moins, nous pourrons dire avoir tenté les options légales en premier lieu, avant de poursuivre sur des modes d'action plus offensifs et populaires. 

Donc pour en revenir à la question de départ, à quoi cela sert-il d'écrire à nos oligarques pour les mettre face à leurs crimes :

1) Se montrer prévenant à leur égard. Je suis un pragmatique : si le moindre effort pour rétablir l'ordre républicain consiste à pressuriser une représentation politique, quand bien même coupable de réels crimes de lèse-nation, je préfère encore cette possibilité (ce qui n'est possible que dans le cadre d'une action collective) pour la motiver à mettre fin à ses propres abus, et restaurer ce qui a été aliéné.

2) Alerter l'opinion publique. Le fait de diffuser une copie des courriers de ce type sur l'espace public qu'est internet, c'est évidemment le meilleur moyen d'alerter ses concitoyens sur des abus et crimes qu'ils peuvent ignorer. C'est aussi la meilleure façon de nourrir leur colère, leur envie de se mobiliser, et légitimer leur insurrection à venir.

3) Rendre le pouvoir d'agir à tous. Si les politiciens m'exaspèrent lorsqu'ils se réfèrent à la morale ou aux valeurs pour justifier les lois qu'ils établissent, c'est bien parce que je ne crois qu'en une seule façon de légitimer son action politique propre : l'exemplarité. Je ne parle pas ici d'être exemplaire en tant qu'individu à la vie courante, cela très clairement, je suis loin de l'être. Mais je veux dire par là, que lorsqu'on invite chacun à se mobiliser ou à accepter une idée, il est essentiel de montrer l'exemple. Soit ne pas attendre que chacun fasse quelque chose pour soi-même agir. Sur une action aussi bête qu'écrire une lettre destinée à la présidence de la République, je ne peux inviter chacun à agir de la sorte, si moi-même je ne fais rien à ce sujet. Par ailleurs, tout le monde n'a pas forcément les dispositions ou connaissances nécessaires pour rédiger de tels courriers, et dans ce cadre, je considère ma propre correspondance comme un modèle libre à reprendre et exploiter. Soit pour que chacun alerte ses concitoyens sur ce que je dénonce, ou mieux encore, me suive dans la même procédure en reproduisant le courrier à l'identique ou selon les formes qui lui conviendront mieux, pour le faire parvenir à son tour aux mêmes instances, voire à d'autres tout aussi pertinentes. Et c'est ici que d'une action individuelle finalement assez simple, il est possible d'initier une action collective par l'exemplarité.  

Allons au bout de cette dernière logique pour conclure ce billet. Admettons que quelques milliers de citoyens seulement, se mettent en tête d'écrire chaque jour ou chaque semaine à de mêmes institutions en abordant un même sujet, voire en reproduisant un texte commun, qu'est ce que cela signifierait en terme de pression politique ?

Des services administratifs saturés de courrier ; des oligarques qui s'en inquiètent ; la possibilité d'une réaction intelligente ou au contraire profondément stupide, qui permettra soit que le problème se règle de lui-même, soit une volonté de mobilisation plus forte encore, parmi les citoyens qui auront souhaité contribuer à une telle démarche.

Je reprends ici, un extrait d'une publication sur le site internet de l'Elysée pour bien faire comprendre mon point de vue :


"Tous les jours, le Président de la République reçoit entre 1.500 et 2.000 lettres ou courriels de personnes, qui attendent en retour une réponse rapide et personnalisée à leurs requêtes, leurs témoignages, ou leurs réflexions".

Lorsque j'explique que quelques milliers de citoyens mobilisés sur une action collective et régulière comme envoyer des courriers à la présidence de la République, peut engager une réelle pression politique, il me semble que les chiffres mentionnés plus haut par l'Elysée le justifient amplement. Il n'est en rien difficile de déborder leurs services, en sachant que le personnel administratif n'a pas d'autre choix que de lire chacune des correspondances reçues, au cas où par exemple, des menaces de mort seraient véhiculées dans un seul de ces courriers.

Si nous débordons l'Elysée de courrier, à n'en pas douter, cela suscitera l'intérêt des services concernés mais aussi l'inquiétude de Macron et ses conseillers. Comprenez bien que tout effort collectif, suppose la possibilité d'une mobilisation croissante qui soit toute aussi collective. Au final, le stade de la correspondance reste celui de la mise en alerte. Nous nous montrons prévenants avant d'engager un rapport de force plus concret jusque dans la rue. C'est donc un avertissement tacite qui serait donné à l'oligarchie, que reproduire des courriers faisant part de nos récriminations et/ou exigences.

En clair, écrire à la présidence de la République et tant qu'à faire, rendre publique sa correspondance a bien un intérêt réel dans un processus révolutionnaire à enclencher. Evidemment, je sais ne pas disposer d'assez de notoriété (et donc d'influence) pour mobiliser chacun à faire de même, mais peut-être que si vous vous passez le mot, et que comme moi, vous souhaitez en vérité engager un rapport de force plus authentique, vous trouverez une certaine logique à ce que nous nous rassemblions devant la Maison de la Radio à partir du 10 Mai prochain, pour exiger la destitution de Macron ; réclamer la tenue d'un référendum sur la sortie de l'U.E, l'euro et l'OTAN ; l'établissement d'un processus constituant décentralisé à toutes les communes de France et pleinement participatif (pas d'assemblée constituante donc) ; et la fin de la censure et la propagande politique véhiculée par nos médias publics. Je vous invite donc à "penser printemps" et vous inscrire sur le lien suivant afin de nous faire entendre du peuple tout entier, que ce soit sur nos revendications ou plus simplement, notre appel à nous rejoindre dans cette mobilisation :


Avec l'espoir que ce billet saura répondre à certaines interrogations, j'adresse mes vœux de combativité à tous ceux qui me font l'amitié de suivre mes travaux.

mardi 9 janvier 2018

Lettre de révocation adressée à Emmanuel Macron

Cher Emmanuel,

Tu me pardonneras de ne pas te donner du « Monsieur le Président de la République », mais nous ne sommes pas que deux à savoir que ton élection est la résultante d'une vaste propagande sur fond de slogans marketing relayés par des médias asservis, là où ces derniers pratiquaient la censure s'agissant de tes réels opposants. Tu n'avais jamais été élu et ne t'es même jamais présenté à un quelconque mandat, et si l'on tient compte des règles du CSA, tu n'avais aucune raison de bénéficier d'une telle visibilité médiatique. En fait, nous sommes des Millions de Français à reconnaître ton illégitimité, et à considérer ce faisant que tu occupes illégalement le mandat de Président de la République.

Non seulement parce que si l'on tient seulement compte de l'inégalité de traitement dont ont bénéficié les candidats à la présidentielle de telle façon à orienter les votes (faut-il ici citer Tocqueville à propos du suffrage universel ?), on peut considérer la dernière élection présidentielle (et les autres) comme viciée et sans valeur réelle sur ses résultats ; mais aussi parce qu'au-lieu de considérer le fait accompli comme une possibilité de servir la nation et garantir dignement la Souveraineté du peuple français en son pays, tu es resté un félon jusqu'à la rognure d'ongle. Tu tiens réellement à démolir la France dans le cadre d'un vaste projet totalitaire cis-nommé « Union européenne » et appelé à devenir « Etats-Unis d'Europe ». Pardonne ma formule propre à beaucoup de gens qui ne sont « Rien », mais ton U.E chérie : je lui chie dessus. Ça n'est pas et ne sera jamais un pays. Il est hors de question que les Polonais aient la main sur notre dissuasion nucléaire, de la même façon que les Allemands resteront éternellement des étrangers, voire des adversaires dont il faudra toujours se méfier pour les Français. Il n'y a que les petits bourgeois sans profondeur dans ton genre, pour se moquer de l'Histoire et de la Souveraineté des peuples et soutenir encore cette idéologie mortifère. Mais n'oublie pas les résultats du dernier référendum au sujet de l'U.E. Renouvelé aujourd'hui, tu sais très bien que les votes favorables au Frexit seraient encore plus nombreux que les 55 % d'hier.

Tu es un traître, et pas seulement sur le plan politique ou moral (si toutefois nous devions considérer que la violation du titre premier de la Constitution sur la Souveraineté Nationale ne devait pas constituer un réel crime de lèse-nation), tu l'es aussi dans tes actions qui cette fois-ci, relèvent bien du droit pénal.

D'abord, rappelons que sous le mandat de François Hollande, tu étais ministre des finances. Or, je ne suis pas tout à fait innocent quant aux lois qui réglementent l'organisation du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale. Ainsi, tout ministre compétent sur un dossier traité à l'occasion de la réunion de ce Secrétariat, se doit d'y faire acte de présence, ou pour le moins, contresigner les documents souhaités, comme par exemple l'ouverture de crédits dans le cadre d'une livraison d'armes et de munitions à des « rebelles syriens ». Je suppose que tu commences à visualiser où je veux en venir. François Hollande ayant reconnu expressément dans la presse en 2014 et 2015, avoir livré de telles armes, il a donc avoué par la même s'être rendu coupable de financement du terrorisme, au sens de l'article 421-2-2 du Code Pénal. Pour mémoire :

« Constitue également un acte de terrorisme le fait de financer une entreprise terroriste en fournissant, en réunissant ou en gérant des fonds, des valeurs ou des biens quelconques ou en donnant des conseils à cette fin, dans l'intention de voir ces fonds, valeurs ou biens utilisés ou en sachant qu'ils sont destinés à être utilisés, en tout ou partie, en vue de commettre l'un quelconque des actes de terrorisme prévus au présent chapitre, indépendamment de la survenance éventuelle d'un tel acte ».

Des hommes d'honneur ne souhaitant pas avoir du sang sur les mains, et encore moins être impliqués de près ou de loin dans de tels crimes, il n'y en avait pas autour de François Hollande. Pour le moins, aucun ministre, chef d'Etat-Major ou haut fonctionnaire ne lui a remis sa démission à ce moment là. Toi-même, tu as certainement dû signer des circulaires qui ouvraient les crédits nécessaires à ce financement du terrorisme au vu de la période où tu étais Ministre de l'Economie à partir du 26 Août 2014.

A minima, si tu t'étais comporté en conseiller à cheval sur le droit, tu te serais référé à l'article 14 du préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946 qui dispose que :

« La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple ».

Ou encore au Droit International, que ce soit au travers de la Charte des Nations Unies, ou encore les Conventions de Vienne ou de Genève, toutes très instructives sur ce qui est permis ou non entre les Etats pour favoriser la paix et la sauvergarde des droits fondamentaux. Ainsi, dès son préambule, la Convention de Vienne sur le droit des traités, note dans son 5ème et 6ème alinéa que :

« Rappelant la résolution des peuples des Nations Unies de créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités, Conscients des principes de droit international incorporés dans la Charte des Nations Unies, tels que les principes concernant l'égalité des droits des peuples et leur droit de disposer d'eux-mêmes, l'égalité souveraine et l'indépendance de tous les Etats, la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, l'interdiction de la menace ou de l'emploi de la force et le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, […] » 
  
Les Hommes sans honneur mais ayant tous les symptômes des psychopathes, n'en ont cure évidemment. En clair, puisque Hollande a reconnu avoir livré des armes à des terroristes en Syrie et que cela contrevient au droit pénal, constitutionnel et international, ses complices devront au même titre que lui, rendre un jour des comptes à la Justice. Et tu es assurément un criminel Manu. Les criminels n'ont rien à faire à l'Elysée, leur place est en prison.

Le second crime que je te reproche, porte sur l'affaire Alstom. Oh bien sûr, tu n'es pas le premier à vendre les bijoux de famille aux Allemands ou aux Américains : la Société Thermodyn au Creusot (anciennement Framatome) qui usine une partie des turbines de nos sous-marins, a été cédée en 2000 à une filiale italienne de Général Electric. C'était déjà une trahison si l'on tient compte que la vitesse et les données acoustiques délivrées par ces turbines, relèvent du secret défense.

Pour rappel sur le régime de classification des informations, documents ou données numériques au sens de la loi :

« La protection du secret concerne tous les domaines d'activité relevant de la défense et de la sécurité nationale : politique, militaire, diplomatique, scientifique, économique, industriel.
Sont classifiées les informations dont la divulgation est de nature à porter atteinte à la défense et à la sécurité nationale.

La France peut également protéger les informations échangées avec les organisations internationales et les Etats étrangers.

La protection du secret est assurée par une chaîne de responsabilité, qui s'applique aux domaines public et privé.

Le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) est l'autorité nationale de sécurité ; il peut déléguer des autorités de sécurité dans des domaines particuliers ».

Sachant que Général Electric se vante sur le site de sa filiale Thermodyn, de concevoir des turbines dont les propriétés acoustiques et le potentiel de vitesse sont tenues au secret, il aurait été non seulement souhaitable de renationaliser cette usine, mais en outre, d'envoyer se faire foutre les Américains au moment où l'autre félon de la République qu'est Patrick Kron, souhaitait défaire Alstom de sa branche la plus sensible à ce sujet.

Et toi, qu'as tu fais dans tout cela ? Une fois ton sémillant prédécesseur Montebourg éjecté par Hollande pour satisfaire aux désidératas des Américains, tu as facilité l'accord de vente.

Je reprends ici la publication diffusée sur le site internet deThermodyn, en sachant qu'elle s'applique parfaitement aux usines Alstom qui fabriquent les mêmes pièces pour d'autres bâtiments de la marine nationale comme les SNLE ou notre porte-avion "le Charles de Gaulle" :

"Nous sommes dans la chambre sourde spécialement aménagée dans les ateliers du Creusot pour réaliser des tests confidentiels destinés à mesurer les bruits et les vibrations. Objectif ? S'assurer que la turbine ne rendra pas détectable le nouveau sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) de la Marine nationale, le Barracuda".

Dès lors que les dirigeants de G.E ont accès à ces informations extrêmement sensibles, il en résulte que les autorités politiques et militaires américaines sont tout aussi bien informées sur ces données. De facto, nos sous-marins d'attaque et désormais lanceurs d'engins nucléaires, ne jouissent plus des conditions de furtivité et de discrétion qui leur sont dévolues. Peut-être comme ton prédécesseur, es-tu un atlantiste patenté, mais le peuple français pour sa part, ne supporte pas l'impérialisme et le bellicisme des Américains. Nous n'avons plus rien à faire dans l'OTAN, et lorsque tu seras révoqué, notre diplomatie à l'égard des USA, sera exactement à l'inverse de celle qui est produite depuis des années. Nous ne leur concéderons rien, nous les considérerons en ennemis, du moins nous reconnaîtrons leur attitude hostile à l'égard de la France, et de fait, nos armées devront conserver un œil sur les mouvements militaires des USA.

Toi, traître parmi les autres, tu as bradé notre indépendance nationale, tu as aliéné profondément ce qui relève de la dissuasion nucléaire de la France. Et ces intelligences avec l'ennemi, suffiront à légitimer ta destitution.

Lors de tes derniers vœux, tu ne t'es même pas référé au peuple français. Tu nous méprises et espères que les esclaves de l'Union européenne te soutiendront dans ton projet ultra nationaliste de construction d'un Etat européen. Tu incarnes à ce titre parfaitement la petite bourgeoisie arrogante, apatride et collabo qui hante les allées du pouvoir à Paris.

Je t'avertis par la présente que malgré tes fanfaronnades et ta communication marketing, nous allons te révoquer et engager les poursuites contre toi et tes complices. Tu payeras cher tes trahisons et l'usurpation de ton mandat. Si durant des années, je me suis éreinté à tenter de soulever les masses pour satisfaire à l'épuration nécessaire de notre oligarchie, aujourd'hui, plus que jamais, je reste déterminé dans ce combat, et nombre de signaux encourageants me laissent à penser que 2018 ou au plus tard 2019, signera pour toi et tes pairs, la fin de la récréation.

Tu seras destitué, jugé et emprisonné pour tes crimes, et ce seront des gens qui ne sont « Rien » qui auront la charge de veiller à cela.

Avec mon indicible mépris,

Sylvain Baron



vendredi 15 décembre 2017

Liberté d'expression vs culte victimaire

Lorsque j'étais enfant, je me souviens que lorsque je me faisais mal ou faisais connaître mon désarroi par des sanglots, ma mère et plus encore ma grand-mère se plaisaient à me répéter : "les garçons ne pleurent pas"

L'effet était radical : par fierté mal placée, je prenais sur moi pour ne plus pleurer puisque je souhaitais ressembler à un homme et non pas être considéré comme un enfant ou une fillette. Bien évidemment, les hommes pleurent comme tout le monde, et il ne s'agit pas ici de nier cet aspect organique de nos émotions, qu'importe notre sexe. Mais je souhaitais à travers cet exemple, démontrer que l'on peut faire le choix de ne pas conforter quelqu'un dans son mal être, quel qu'il soit, et au contraire lui donner des armes intellectuelles ou psychologiques, pour l'inviter à dépasser ses faiblesses.

Cela me semble d'autant plus essentiel aujourd'hui, que les choix politiques en vigueur, visent à faire de chacun, une potentielle victime permanente d'autrui. Commençons par dresser une liste non exhaustive de condamnations de Justice en lien avec le problème soulevé aujourd'hui :

C'est ainsi très récemment, qu'un homme ayant eu un propos humoristique (et graveleux certes) à l'égard de la gente féminine, s'est vu condamné à 1000 € d'amende par le Tribunal d'Annecy, permettant à l'association "les chiennes de garde" de se féliciter de cette décision de justice.

L'an dernier, c'est l'ex-députée Christine Boutin qui s'est vue condamnée pour avoir dit que "l'homosexualité est une abomination" par la Cour d'Appel de Paris.

Un mois auparavant, c'était l'humoriste Dieudonné qui écopait d'une nouvelle condamnation pour incitation à la haine.

Cette année, ce sont pour des propos considérés comme islamophobes, qu'Eric Zemmour a eu aussi le droit à son procès en mal-pensance et a été condamné.

Je pourrais poursuivre la litanie des condamnations de Justice, mais quelques-unes suffisent amplement à faire valoir que les lois réprimant "les incitations à la haine" sont bien opératives.

Commençons cependant par l'histoire juridique de ces lois. D'abord, nous avons évidemment les Droits de l'Homme, qui dans la déclaration de 1789 disent tout et son contraire dans ses articles 10 et 11 :

Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Notons pour commencer que dès lors qu'il est considéré que certaines opinions sont de nature à créer un trouble à l'ordre public ou peuvent correspondre à un abus déterminé par la loi, il n'y a donc pas de Liberté d'expression, mais bien des opinions légales et d'autres non. Il est donc fallacieux de parler de Liberté d'opinion ou d'expression en France, puisque tel n'est pas le cas, contrairement à ce qui est aux Etats-Unis d'Amérique. Ce qui me permet au passage de faire remarquer que les Américains malgré tous les défauts que nous pouvons leur reprocher, ne semblent pas connaître de difficultés particulières à vivre en Société, malgré l'absence de lois réprimant certaines opinions.

Une autre loi importante découle de ces limites que nous nous imposons, notamment au-travers de l'article 24 de la loi du 29 Juillet 1881 sur la Liberté de la presse :

Seront punis de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article précédent, auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n'aurait pas été suivie d'effet, à commettre l'une des infractions suivantes :

1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne et les agressions sexuelles, définies par le livre II du code pénal ;

2° Les vols, les extorsions et les destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes, définis par le livre III du code pénal.

Ceux qui, par les mêmes moyens, auront directement provoqué à l'un des crimes et délits portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation prévus par le titre Ier du livre IV du code pénal, seront punis des mêmes peines.

Seront punis de la même peine ceux qui, par l'un des moyens énoncés en l'article 23, auront fait l'apologie des crimes visés au premier alinéa, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes et délits de collaboration avec l'ennemi.

Seront punis des peines prévues par l'alinéa 1er ceux qui, par les mêmes moyens, auront provoqué directement aux actes de terrorisme prévus par le titre II du livre IV du code pénal, ou qui en auront fait l'apologie.

Tous cris ou chants séditieux proférés dans les lieux ou réunions publics seront punis de l'amende prévue pour les contraventions de la 5° classe.

Ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement.

Seront punis des peines prévues à l'alinéa précédent ceux qui, par ces mêmes moyens, auront provoqué à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap ou auront provoqué, à l'égard des mêmes personnes, aux discriminations prévues par les articles 225-2 et 432-7 du code pénal.

Cette loi avait pour but (notamment) de prévenir les différentes formes de propagande de guerre que réprime d'ailleurs l'article 20 du Pacte International relatif aux droits civiques et politiques de l'ONU ayant été ratifié par la France le 4 Novembre 1980. Nous attendons toujours à ce titre que Messieurs Sarkozy, Bernard Henri Levy ou Laurent Fabius, soient poursuivis et condamnés pour leurs crimes.

Mais comme cela ne suffisait pas, le gouvernement actuel s'est permis de légiférer par décret (donc sans consultation du parlement) pour que les mal-pensants du quotidien, puissent être poursuivis quand bien même leurs propos ne sont pas publics :

Article R625-7

La provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe.

Est punie de la même peine la provocation non publique à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, ou de leur handicap, ainsi que la provocation non publique, à l'égard de ces mêmes personnes, aux discriminations prévues par les articles 225-2 et 432-7.

Les magistrats font ainsi reposer leurs condamnations sur deux aspects de la loi qui sont extrêmement contestables :

1) Dire qu'un humoriste, polémiste ou simple citoyen, par un propos sulfureux voire xénophobe, tient à provoquer la haine autour de lui (dans le champ de ses propres considérations), suppose que cela soit corroboré par des témoignages de personnes, révélant très clairement que le propos lu ou entendu, a bien déclenché en eux une "poussée de haine", voire les a incité à commettre des délits et crimes contre les personnes ou communautés visées. Je souhaite ainsi bien du courage à nos magistrats pour récupérer ces témoignages, j'y reviendrai un peu plus loin.

2) La "haine" n'est pas une donnée objective et mesurable. On peut accuser quelqu'un d'avoir un propos haineux ou d'avoir de la haine en lui, mais personne n'est dans sa tête pour le prouver clairement. La haine étant une émotion et non une pensée, il me paraît nul et non avenu de justifier une condamnation sur un tel motif, puisqu'il est raisonnablement impossible de faire la démonstration de ce sentiment.

3) Admettons tout de même que quelqu'un soit reconnu comme "haineux", voire xénophobe, il me semble que dans ce cadre, nous sortons du terrain des opinions pour entrer sur des considérations plus psychologiques ou psychiatriques. N'importe quel thérapeute dira d'ailleurs que quelqu'un qui vit dans la haine d'autrui, est une personne en grande souffrance et ayant besoin d'aide. Certainement pas d'être puni du fait de sa pathologie mal gérée.

De la même façon que la loi est totalement absurde lorsqu'elle condamne un toxicomane pour détention et usage de stupéfiant, elle se montre tout aussi stupide et inhumaine en réprimant les propos de quelqu'un rempli de haine. Elle ne traite en rien le problème, ne permettra pas au condamné de soulager sa conscience, comprendre la racine de son pathos, et l'on peut même dire qu'une telle condamnation risquera surtout de conforter la personne condamnée dans son sentiment d'injustice et de haine.

Si nous tenons compte des quelques exemples de condamnation cités plus haut, il me parait difficile de considérer que nous avons à faire à des gens haineux qui encouragent leurs concitoyens à se montrer violents envers n'importe quel groupe d'individus ou communauté. Dans deux cas, nous avons un propos humoristique détourné de sa logique initiale, dans deux autres cas, ce sont des opinions qui certes peuvent heurter, choquer ou inquiéter comme la Cour Européenne des Droits de l'Homme le précise dans un arrêt devenu célèbre, mais sans que cela soit de nature à inciter quiconque à commettre un crime, ni justifier à priori de "la haine" de leur émetteur. 

Madame Boutin considère que l'homosexualité "est une abomination" et c'est son droit le plus strict de le dire et de le penser. Cela ne préjuge pas que votre humble serviteur qui a donc lu sa déclaration, se trouve incité à penser la même chose que cette dame. De la même façon que la majorité des gens ayant eu à entendre son point de vue, n'est pas devenue par l'opération du saint esprit, homophobe au dernier degré. D'ailleurs, peut-on dire que le propos est homophobe ? Là-dessus, il pourrait aussi y avoir débat.

M. Zemmour en attaquant régulièrement la culture islamique en évoquant l'idée que les principes de cette religion ne sont pas fongibles avec les principes républicains, n'a encouragé personne à zigouiller des musulmans. Bien moins en tout cas qu'un BHL, Fabius ou Sarkozy qui pour leur part, n'ont cessé de communiquer pour nous faire accepter des guerres ou l'armement de terroristes en Syrie. Il ne fait qu'émettre une opinion, et il revient à chacun d'user de son sens critique pour être d'accord ou non avec lui. Mais en aucun cas, la loi ne peut dire pour tout le monde, ce qu'il est convenu de penser ou non. Car ce n'est pas seulement l'émetteur d'une opinion qui se trouve menacé dans ses libertés fondamentales, c'est bien l'ensemble du peuple. Car s'il est une preuve du mépris des classes dirigeantes à l'égard de la population toute entière, ce sont bien ces lois. Elles partent d'emblée sur un postulat que je trouve extrêmement dégradant et dangereux pour la personne humaine : la reconnaissance tacite de notre manque de discernement. 

Chaque fois qu'un Soral, Dieudonné, Zemmour ou tout autre mal-pensant est condamné, ce sont les gens qui pourraient avoir à entendre leurs propos, que l'on déclare ipso-facto, comme incapables d'exercer un raisonnement critique. Et c'est en ce sens que les lois qui répriment les opinions, sont clairement totalitaires autant qu'elles sont l'expression de l'abolition totale de discernement du législateur. Nos députés et ministres, nous considèrent à ce point débiles, qu'ils sont convaincus que nous sommes incapables de peser le pour et le contre sur n'importe quel propos entendu. Un mépris que l'on retrouve aussi dans leur communication sur "la pédagogie" à employer, pour que le citoyen désormais réellement considéré comme trop stupide, comprenne le bien-fondé des réformes qu'il conteste.

Allons encore un peu plus loin sur le problème posé par ces lois. Que dit-on en substance aux "victimes" d'une opinion hostile à leurs origine ethnique, leur croyance, leur sexe ou orientation sexuelle ? En leur donnant le droit d'intenter une procédure contre le mal-pensant du moment, il est signifié par là qu'un propos qui nous incommode, n'a plus de raison d'être combattu directement (on s'explique avec la personne) ou simplement ignoré. Désormais, une autorité morale devra trancher la question. Cela afin de conforter (ou non) la dite victime dans son sentiment d'oppression. Mais dans une Société équilibrée, qui plus est lorsqu'elle sacralise l'individu, il devrait être logique d'armer chacun à savoir se défendre contre toutes les imbécillités et quolibets que nous pouvons entendre à notre propos. Lorsque j'étais enfant, je subissais du harcèlement constant à l'école. Aujourd'hui adulte, je suis constamment diffamé par des "SJW" (Social Justice Warrior) anonymes sur les sites talibantifas. Bien entendu, dans les deux cas, cela m'a toujours affecté. Mais c'est bien parce que la vie est éprouvante que l'on se renforce moralement et que l'on apprend à savoir répondre ou ignorer un propos désobligeant à son encontre. Si le législateur laisse à entendre que l'individu n'est pas apte à savoir répondre ou ignorer de lui-même un propos jugé "discriminant", "haineux" ou "xénophobe", dans ce cadre, quelle la vision de l'Homme qui est plébiscitée ici ?

Non seulement il est nié que l'auditeur ou le lecteur d'un propos sulfureux puisse faire usage de son libre arbitre sur ce qu'il a lu ou entendu, mais il est tout autant nié à chacun, le fait que nous soyons dotés des capacités psychiques et intellectuelles permettant de répondre à ce propos, et pour le moins, recouvrer après quelques minutes ou quelques heures, un état d'indifférence général par rapport à ce qui a été dit. 

Alors bien évidemment, il y aura toujours des gens d'une extrême fragilité psychologique. Parfois pour des raisons liées à un trauma bien réel, parfois sans raison particulière. Mais la loi est établie pour servir l'intérêt général et non des intérêts particuliers. En outre, ce n'est certainement pas une décision de Justice (plus encore si elle est favorable à la dite "victime")  qui permettra à la personne lésée par une opinion, de se renforcer psychologiquement pour dépasser ces épiphénomènes. La Justice n'est pas un hôpital psychiatrique.

En clair, une tendance générale vise à réduire toujours plus le champ de la Liberté d'expression, mais derrière les apparences de la vertu, les lois qui sont promulguées véhiculent une certaine idée de l'être humain que je trouve absolument détestable. Que l'on soit incriminé ou dénonciateur dans de telles procédures judiciaires, toute la complexité de l'esprit est ici niée. Le libre arbitre est considéré comme inexistant, les victimes sont renvoyées à leur statut de "victime permanente" en raison de leur appartenance à un groupe communautaire particulier (ce qui heurte l'indistinction des citoyens sur leurs origines en République), et personne n'osera dire à ces dernières que ce n'est pas de Justice dont elles ont besoin, mais d'une thérapie. 

A ce titre, si vous êtes une femme et que vous entendez un propos clairement misogyne et ne relevant pas de l'humour, je vous propose une procédure nettement plus simplifiée que le recours au Procureur de la République : un bras d'honneur fait dans les règles de l'art. Si vous êtes victime d'un propos clairement raciste, je vous propose de résoudre le litige qui vous oppose avec votre interlocuteur, par un bon vieux "je t'emmerde gros con". Si vous êtes homosexuel et que vous croisez Christine Boutin, je vous suggère une royale indifférence, ce qui énerve autrement plus un politique que tout autre type de réaction.

Mais dans tous les cas, si ce n'est l'appel au meurtre, la propagande de guerre, la calomnie et/ou la diffamation publique, il me semble que la meilleure façon d'élever l'Homme à sa dimension d'être pensant, complexe et responsable de ses actes et propos, c'est de ne pas judiciariser nos pensées, tant pour protéger cette liberté fondamentale intrinsèquement liée à la Démocratie, que pour permettre à chacun d'apprendre à savoir dépasser la bêtise ordinaire et ne jamais la prendre pour soi. A ce titre, les lois mémorielles autant que celles qui répriment les différentes formes "d'incitation à la haine" doivent être abrogées. Elles ne traduisent que le mépris de l'Oligarchie pour le peuple et les personnes, et certainement pas une volonté de protéger les plus faibles. Si l'on ne sait pas se défendre soi-même face à de simples mots, c'est que la Société ne nous donne aucune arme, aucun encouragement à nous renforcer et dépasser nos affects particuliers. Ces lois promeuvent la faiblesse mentale, loin de tenter de nous en préserver.

jeudi 14 décembre 2017

Johnny le Révolutionnaire...

Le 9 Décembre dernier, entre 800.000 et un Million de personnes suivaient respectueusement le cortège funèbre de la dépouille de Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, depuis l'église de la Madeleine jusqu'à l'Arc de Triomphe à Paris. Le chanteur, décédé quatre jours plus tôt, avait décidé de suivre l'écrivain Jean d'Ormesson dans un même élan, vers de nouvelles aventures un peu moins terrestres. 

Il était anticipé par la majorité des Français, que le décès de Johnny Hallyday susciterait une certaine émotion dans le pays, et pas seulement médiatique. Qui au cours d'un repas familial ou en devisant avec quelques amis, n'a pas un jour lancé "le jour où Johnny passera l'arme à gauche, ça sera sans nul doute un drame national" ? En vérité, si le chanteur pouvait revendiquer des centaines de milliers de fans, il n'avait rien de particulier. Les humoristes aimaient le croquer en exagérant ses raisonnements intellectuels plus que limités ; il n'était l'auteur de pratiquement aucune de ses chansons ; il était loin d'être un chanteur engagé ; et il n'avait pas de profondeur ou de charisme pouvant mettre en lumière sa singularité. Johnny, c'était d'abord une voix à nulle autre pareille, un réseau d'auteurs et de musiciens ayant composé tous ses tubes, une maison de disque qui le sponsorisait depuis ses débuts et quelques éléments marketing véhiculant une certaine idée (positive) de l'Amérique. Ça n'était ni un bienfaiteur de l'humanité, ni un salaud. Évadé fiscal comme nombre de gens fortunés en France, mais semble-t-il, généreux avec ses proches au point d'être plus cigale que fourmi. 

Certains s'interrogent sur les clés de son succès à travers le temps, pour ma part, je considère qu'au-delà de tout l'univers professionnel et médiatique qui concourrait à sa survie artistique, c'est tout de même la chaleur de sa voix et son talent pour vivre ses chansons pleinement, qui aura le plus fasciné ceux qui ont suivi sa carrière. Il n'en reste pas moins que la ferveur dont il a jouit jusqu'à la tombe, interroge sur nous, les Français. Avant d'y méditer un peu, apprécions tout de même l'idée que sa mort aura obligé des politicards traditionnellement très anti-cléricaux, à mettre les pieds dans une église. Sourions en pensant que TF1 aura ainsi retransmis l'intégralité d'une messe donnée à la mémoire du chanteur. D'un coup, la France se rappelle que les personnalités qu'elle plébiscite, quand bien même plutôt laïques et peu portées sur la religion, conservent un lien évanescent avec le christianisme. On peut cracher sur l'Eglise et son influence sur notre culture populaire encore aujourd'hui, mais l'on oublie bien vite notre désir de bouffer du curé quand il s'agit de rendre un dernier hommage à nos disparus.

Je le disais plus haut, Johnny était très loin d'être un chanteur engagé, mais admettons que se fusse le cas, et imaginons qu'il décidât de prendre les chemins de la Révolution, une fois arrivé au sommet de sa gloire. Supposons dans cette uchronie, que "l'idole des jeunes" se mit un jour à invectiver le gouvernement, contester sa légitimité, appeler ses fans à converger dans la rue et entamer une grève générale sur le champ. 

Aurait-il été suivi ?


Sans aller jusqu'à dire que l'ensemble de ceux qui appréciaient sa production artistique, aurait vu en lui le leader naturel d'une révolution, je suis convaincu qu'un très grand nombre de Français - même en dehors de ses fans - se seraient mis en ordre de bataille à son appel. Les idées nouvelles ou alternatives en France peuvent plaire au plus grand nombre, mais ne susciteront aucune confiance quant à leur valeur politique, dès lors qu'elles ne sont pas incarnées par des porte-voix célèbres ou prestigieux. Et peut importe qui les émet, ce qui compte, c'est que son émetteur soit connu et influent. En clair, c'est moins les idées qui comptent, que ceux qui peuvent les porter et rendre opératif leur contenu, parce qu'on prête à ces derniers la capacité non seulement d'influer, mais aussi de fédérer le plus grand nombre de Français derrière leur nom.

Dans nos réseaux politiques que l'on dira "alternatifs" ou "dissidents" nous disposons de quelques notoriétés qui sont à minima audibles de l'ensemble de nos effectifs à défaut d'être entendues de tous les Français. Cependant, la très grande majorité des intellectuels ne s'engage pas sur le sentier des luttes populaires, ce qui en soit, est un frein à la mobilisation. Leurs idées nous plaisent, mais si aucun d'entre-eux n'ose nous appeler à prendre la rue, alors nous restons cloîtrés dans nos maisons. D'ailleurs, là encore ce sont bien les messagers qui comptent et non pas leurs idées puisque ces dernières nous sont connues et pour beaucoup plébiscitées. Si donc les idées qui sont censées nous unifier politiquement sont déjà dans très bien partagées et diffusées, les appels à mobilisation des uns et des autres pour les faire advenir, devraient pouvoir se suffire en eux-mêmes. Mais non, si l'intellectuel de référence ou le politicien apprécié fait silence sur la pertinence de nous faire entendre au-travers de grands rassemblements populaires, alors nous n'avons aucun confiance sur le fait qu'il y'aura foule pour se rassembler derrière une quelconque revendication. Les appels à mobilisation restent alors vains. 

C'est pourtant un étrange paradoxe au pays de la Boétie, de contempler le Français ayant le cul assis entre le trône du Jacobinisme le plus absolu et le fauteuil de l'anarchisme le plus implacable, revendiquer sa lassitude de nos asservissements à des maîtres, tout en étant lui-même aveuglé par ses propres conditionnements. Je me souviens ainsi d'une entrevue sur je-ne-sais-quelle radio, où une Norvégienne qui travaillait en France depuis longue date, expliquait que ce qui l'avait le plus marqué dans nos comportements, était notre culture du conflit permanent. 

Et il vrai que nous aimons sacrément le conflit. Nous ne négocions pas des accords avec un patron ou un gouvernement, nous engageons un rapport de force. Nous ne défendons pas nos idées sans nous appuyer sur l'idée contraire qu'il s'agira de dégommer. Même dans nos relations amicales ou de couple, nous aimons simuler le conflit, voire nous lancer quelques vacheries pour le seul plaisir de faire réagir l'autre. Et si l'on s'immerge encore plus profondément dans notre culture du conflit, nous sommes perpétuellement en lutte contre nous-mêmes. Par exemple, les eurolâtres ne cachent pas leur haine de la France et trouvent toujours le moyen de nier notre singularité politique, culturelle et historique. Cela tout en véhiculant le nationalisme le plus napoléonien qui soit, dans leur conception de l'Europe à bâtir. Par ailleurs, peut-on haïr sans fascination ou amour pour ce qu'il est convenu de détester ? Dans leurs crânes, c'est bien à l'image de la France et de ses "valeurs" qu'ils s'imaginent façonner un super Etat européen. N'est-ce pas une dualité incompréhensible ? 

A l'inverse, les eurolucides disent vouloir restaurer la souveraineté du peuple français et le plus souvent instituer la démocratie, mais se méfient ou se chamaillent vis à vis des leaders pouvant porter avec le plus d'efficacité leur message. On peut même dire que les débats philosophiques sur l'anarchie ou l'horizontalité ont bonne presse dans nos réseaux. Sauf qu'il vient un moment où l'on devrait mettre de côté notre goût d'intellectualiser chaque revendication politique pour avancer avec ce qui est. Et si l'on croit un tant soit peu que la France mérite de survivre pour tout un tas de raisons objectives ou subjectives, peut-être devrions-nous tenir compte des réalités politiques qui permettraient au peuple de reprendre le contrôle sur sa destinée ? Ainsi, lorsque l'on regarde dans l'Histoire ou dans le fonctionnement actuel des institutions, nous savons que la Rue institue le rapport de force nécessaire, que le Parlement trahit constamment le peuple et le tient à l'écart de l'initiative des lois et que le chef de l'Etat imprime sa volonté politique pour le meilleur ou pour le pire.

En clair, les organes de représentation lorsqu'ils sont collégiaux, non seulement agissent très rarement au nom de l'intérêt général, mais quoi qu'ils fassent, ils nous désintéressent. Car le parlement est réputé sans force ou auto-bloquant et surtout, sans visage unique pour faire valoir une cohérence ou une légitimité certaine. En outre, le parlement ne décide pas de la paix ou de la guerre et ne donne aucun ordre à des fonctionnaires. 

La partie du peuple qui agit jusque dans la rue a un pouvoir d'influence, mais seulement si elle trouve en ses propres rangs, des meneurs qui sauront captiver un auditoire plus large que les premiers mobilisés. Si le représentant de la foule rassemblée est un syndicaliste inconnu et sans grande originalité, le Français observa ce moment de mobilisation comme un fait d'actualité parmi tant d'autres dans son téléviseur. Si en revanche, un ou plusieurs porte-voix un peu connu(s) soutiennent l'événement, alors on prêtera une oreille plus attentive aux revendications exprimées. Peut-être même que l'on s'ajoutera à la mobilisation. 

Enfin, s'agissant du chef d'Etat comme de n'importe quelle autorité ultime de toute organisation, nous lui prêtons la capacité de faire. Et qu'on le conteste ou qu'on le plébiscite, nous lui accordons plus d'intérêt que n'importe quelle entité collective censée représenter le contre-pouvoir du peuple contre son arbitraire. L'on se fiche de savoir si le parlement va plutôt dans le sens de nos idées ou non, si le chef, lui semble de notre côté. Lui peut faire concrètement quelque chose simplement en le décidant, et s'il n'a pas la main sur les institutions, en tant qu'individu, il n'est jamais multiple pour représenter nos idéaux, mais bien un. Son visage, sa voix, ses expressions sont reconnues là où tout collège de personnes reste profondément impersonnel et informe. 

Je ne cherche pas ici à encenser le chef ou défendre le principe du grand fédérateur. Je n'ai ni croyance, ni sympathie, ni idéologie à revendiquer à ce sujet. En revanche, je constate que l'on élit constamment celle ou celui qui sera le plus médiatisé, soit le plus visible dans nos esprits. Pas forcément celui qui a le plus à cœur de défendre nos intérêts. Si Madonna se présentait aux élections, en éludant son problème de nationalité, elle aurait toutes ses chances. Sa notoriété suffirait presque. Coluche qui était déjà célèbre et apprécié en 1981, a donné des sueurs froides à l'oligarchie de l'époque, quand on se rendit compte que ce qui n'était qu'une plaisanterie au départ, suscitait plus de 16 % d'intentions de votes. A tel point qu'il subit toutes les pressions pour retirer sa candidature. Et il fut même tellement apprécié en tant que contestataire de l'ordre établi, que sa mort autant que celle de Daniel Balavoine, continuent encore aujourd'hui de nourrir des doutes sur leur nature accidentelle.

Au final, Johnny Hallyday avait une carrière politique toute tracée s'il l'avait souhaité. Il aurait pu sans trop de soucis prétendre à la charge suprême. Il jouissait d'une notoriété et d'un capital sympathie plus que suffisant pour briguer n'importe quel mandat politique. Il pouvait réunir derrière son seul nom, plusieurs centaines de milliers de gens sur n'importe quel espace public. Mais Johnny le Révolutionnaire n'est qu'un personnage fictif, et l'insurrection qui reste à venir, ne dépend aujourd'hui que de stricts inconnus pour l'essentiel. Notre difficulté sera assurément d'admettre la nécessité de nous fédérer vers un tout petit nombre de leaders, mais ne désespérons pas, l'Histoire est toujours pleine de surprises.

Une fois n'est pas coutume, je clôture ce billet avec une vidéo, où, au-travers d'une chanson issue du répertoire de Johnny Hallyday, ce sont bien des souvenirs personnels qui m’inondent. Ainsi, je ne peux m'empêcher de penser aux voyages que nous faisions enfants (ma sœur et moi) avec mon père en voiture entre Paris et Limoges, à l'époque où l'album "Cadillac" sortait. C'est peut-être aussi cela la singularité de Johnny Hallyday dans notre histoire nationale : pratiquement tous les Français ont en mémoire des souvenirs qui ont été immortalisés par l'une de ses chansons. Bon voyage l'artiste !