mardi 21 mars 2017

Je suis pro "Système"


S'il est une remarque de journaliste que l'on peut entendre vis à vis de certaines personnalités politiques, c'est le fait qu'elles puissent être "anti-système". C'est donc qu'il y a des "pro-Système" par opposition, et encore faut-il savoir de quel "Système" nous parlons.

Pour commencer, tenons-nous en à une définition du mot "Système" donnée par le Larousse, afin d'accorder nos violons : 

Ensemble organisé de principes coordonnés de façon à former un tout scientifique ou un corps de doctrine : Système philosophique. Ensemble d'éléments considérés dans leurs relations à l'intérieur d'un tout fonctionnant de manière unitaire : Le système nerveux. Les différents systèmes politiques.

Nous noterons qu'un Système en tant que concept philosophique ou "corps de doctrine", est alors un mot qui prend une majuscule comme d'autres termes tels que "Homme", "Dieu" ou "République". A l'inverse, un système purement mécanique répondant aux lois de la science, s'écrit en minuscule.

Un Système façonné uniquement par la pensée de l'Homme est donc un Système représentant un concept général et évolutif. A l'inverse, un système mécanique ou biologique, répond de lois physiques contraignantes et limitatives. 

Un Système, quel qu'il soit, se doit d'être complet. S'il manque un élément répondant du bon fonctionnement, voire du fonctionnement tout court du dit-Système, alors ce dernier ne forme plus "Système". Un Système est cohérent, composé de plusieurs éléments qui répondent les uns des autres de façon harmonieuse. Et lorsque l'on évoque un concept philosophique ou politique, être "anti-Système" signifie littéralement vouloir abolir le corps de doctrine permettant de faire "Système"

Encore faudrait-il savoir de quel concept rattaché à la politique, émane ce mystérieux "Système" ?

Parlons nous du "Système-Etat" par exemple ? C'est à dire l'ensemble formé par l'intrication du peuple, de son territoire et de ses institutions pour revendiquer dans le concert des Nations, sa propre existence collective et ses volontés d'indépendance et de destinée commune préservées dans l'ordre culturel et politique mondial.

Si c'est de ce "Système" dont il serait bon ton de l'abolir, je reconnais sans l'ombre d'un doute ne pas y être favorable. Je trouve ce Système aussi indépassable que perfectible pour garantir aux peuples leur auto-détermination, peut importe le niveau de démocratie et de progrès social accompli dans chaque pays. Un Etat fragilisé ou anéanti par un président "anti-Système" (comme ont pu l'être Sarkozy et Hollande), ne garantit plus la protection de ses citoyens par des institutions régaliennes et des lois. Il livre au contraire ceux-ci au chaos et à l'incertitude. Le "Système-Etat" est le corps de doctrine le plus rassurant et le plus stable pour se donner l'assise collective permettant de tendre vers le progrès dans une collaboration que l'on voudra la plus harmonieuse qui soit. En tant que "pro-Système", je défends l'Etat, et souhaite même contribuer à la rédaction d'une nouvelle Constitution et faire évoluer vers un mieux démocratique l'ensemble de nos institutions. Je ne veux en aucun cas les abolir d'un bloc. Peut-être que certaines administrations ou collectivités territoriales ôtées du "Système" le rendrait plus harmonieux et efficient, mais beaucoup son essentielles à notre organisation collective. Qui voudrait par exemple retirer à l'Etat la gestion des premiers secours et des hôpitaux ? Cette personne-là serait assurément "anti-Système", certainement pas favorable au "Système" qu'elle prétend défendre. Qui voudrait retirer à l'Etat ses armées ou en réduire les capacités défensives face aux périls existants et futurs, serait assurément un "anti-Système", pas un pro-Système. Qui voudrait retirer à l'Etat le contrôle de la monnaie serait tout aussi hostile au respect des institutions et de la démocratie. Ce type là serait assurément un fou ou un traître... 

S'agissant du "Système-Etat", je pourrais donc dresser aisément une liste de noms de personnalités politiques ayant été aux affaires, qui sont assurément "anti-Système". Je crains cependant que la prestigieuse communauté des journalistes français, reste encore trop innocente pour ne pas crier à la "théorie du complot" si une telle liste leur était communiquée.

Un Système politique, est aussi un corps de doctrine agrégé en un ensemble de lois codifiées pour se répondre entre-elles, cela dans une volonté de Justice égale pour tous. Certaines de ses lois répondent de la Justice Sociale lorsqu'elles concernent l'économie et le contrôle qu'a le peuple sur sa monnaie. L'économie n'est pas une Science "dure"  mais un ensemble de corps de doctrine très diversifiés. Le communisme, le socialisme, la décroissance, le capitalisme, le libéralisme, le keynésianisme, ou le colbertisme sont des modèles économiques très différents dans leur aptitude à générer de la Justice Sociale, ou au contraire servir des intérêts particuliers minoritaires au détriment de ceux de la majorité. 

Ainsi, l'on peut être contre le Libéralisme ou le Capitalisme, tout en étant "neutre" vis à vis du terme "économie". Il ne s'agit pas d'être pas d'être pour ou contre l'économie, puisqu'une Société tribale pratiquant le don ou le troc, dispose bien d'un "modèle économique" propre à harmoniser ses échanges. De même que les modèles économiques plus complexes et correspondant à notre civilisation désormais industrielle, aussi différents soient-ils, reconnaissent l'existence d'une "économie de marché". Des agents économiques institutionnels ou indépendants s'échangent des biens et des services aussi bien dans le communisme, la décroissance ou le capitalisme. Simplement, les régulations apportées par les uns et les autres de ces corps de doctrine, entraînent des effets socio-économiques différents. 

Si ce sont donc les "micro-Systèmes" que sont le Libéralisme ou le Capitalisme qu'il convient de dénoncer et remplacer par un autre corps de doctrine politique, alors il n'y pas lieu d'être qualifié "d'anti-Système" car il n'existe aucun modèle économique qui soit imparfait, tant que l'expérience de son application ne l'aura pas démontré dans les faits et le temps long. La structure économique de son pays et les échanges auxquels cette première est intriquée, n'est absolument pas remise en cause. Une doctrine politique "nouvelle" ne fait qu'établir des harmonies différentes pour enrichir la Nation et la porter vers un haut niveau de progrès social. Elle fait bien évoluer un Système économique qui est pré-existant vers une redistribution des richesses dans une philosophie différente de celle d'un ordre révolu qu'elle à vocation à remplacer. Avoir donc des opinions différentes sur les questions économiques, n'est en rien être "anti-Système", puisque chacun aura son idée propre pour faire évoluer des lois de commerce ou relatives à la monnaie afin de tendre vers plus de Justice Sociale. Aucun Système n'est remis en cause, si ce n'est un champs particulier de la philosophique politique et économique. 

Nous pourrions déployer l'arborescence de ce qu'est un "Système politique", avec "l'ordre international", en regardant de plus près le fonctionnement des institutions auquel il répond, et des revendications bellicistes assumées par certaines personnalités politiques.

Ainsi, quand Benoît Hamon fait valoir le 20 Mars 2017 dans un débat sur TF1, son hostilité manifeste au chef d'Etat de la seconde puissance nucléaire mondiale, il démontre qu'il est excessivement hostile au Système. Une diplomatie apaisée entre les grandes puissances militaires étant l'une des clés du maintien de la paix dans le Monde, "l'ordre international" se trouve bouleversé lorsque des irresponsables politiques au sommet de ces Etats, ne savent pas maîtriser leurs hystéries idéologiques ou de connivence. De la même façon que lorsque M. Hollande a révélé qu'il a fait livrer des armes à "une rébellion modérée" en Syrie (ce qui en droit s'appelle du "financement du terrorisme"), on peut dire de lui qu'il est "anti-Système". Il a contribué à générer du chaos, là où pré-existait un "Système-Etat" Social, Laïc et en Paix qui quoi qu'imparfait, n'avait pas vocation à être anéanti par les bombes et du terrorisme à grande échelle. Ce type n'est donc pas seulement "anti-Système" mais carrément un criminel.

C'est avec la prise de distance sur les mots, que l'on se rend compte que leur usage vire souvent à l'absurde. Aujourd'hui, on valorise ou l'on discrédite des personnes parfaitement en phase avec "le Système" en leur attribuant le qualificatif "d'anti-Système". Cela alors qu'elles ne souhaitent que le faire évoluer dans une quête de progrès. L'on se garde bien en revanche de signifier que les personnalités politiques les plus hostiles au Système soient par définition "anti-Système".

Ce qui donc interroge sur la représentation de l'harmonie sociale, économique et géopolitique des journalistes. Car si messieurs Fillon, Hamon et Macron incarnent sans le dire le "Système" alors comment se fait-il qu'ils soient les plus acharnés à vouloir le vulnérabiliser encore et toujours ? Ces gens là sont clairement "anti-Système", mais jamais un journaliste ne se permettra de les qualifier comme tels. 

Pour ma part, c'est donc sans ambiguïté et avec aplomb que je me revendique "pro-Système". 

A chacun de déterminer si sa part de rébellion a besoin d'être drapée de slogans creux et complètement contradictoires, ou si elle trouvera mieux son exultation dans les actes et le respect de ses propres convictions.

lundi 13 mars 2017

Du régime politique d'une nation

Le 5 mars dernier, le Cercle des Volontaires publiait une excellente entrevue menée conjointement par Nicolas Clément (le-message.org) et Raphaël Berland (le CdV) avec Etienne Chouard :


Une foule de sujets ont été abordés, dont trois qui ont retenu spécifiquement mon attention. Cela du fait qu'ils sont les objets de mes propres méditations. Je souhaiterais ainsi revenir sur la question de "la révolution", celle de "la police" et celle de "la royauté". C'est par ce dernier sujet ô combien sensible pour quelques esprits hystérisants, que j'aimerais entamer une discussion avec Etienne, qui, s'il accepte et en trouve le temps, pourra trouver dans ce blog un support pour consigner ses propres commentaires pour que nous puissions effeuiller les premières couches d'un débat trop profond pour nous seuls.

Si vous souhaitez échapper à l'introduction, le fond de la réflexion est ici en pdf

J'apprécie discuter avec Etienne, car si je suis d'accord avec sa pensée de façon générale, nous réagissons néanmoins à deux mécaniques d'esprit différentes pour nous faire cheminer vers une même quête.

Ainsi, un débat qui reste d'une certaine façon irrésolu entre nous, étant la confiance que nous pouvons porter sur une majorité bienveillante, à accepter la voix pacifique mais radicale (occupation populaire des institutions stratégiques de la nation) pour provoquer la révolution rapidement. Etienne y oppose souvent les mêmes objections (fondées) qui sont les suivantes :

- Il y aura toujours des milices et des gens malveillants pour troller les manifs et les pourrir.
- Il y aura forcément des violences policières sur les manifestants.
- A supposer que les deux problèmes plus haut ne se posent pas et que le succès soit réel au niveau médiatique et politique, nous n'aurons pas de gouvernement à présenter, pas de constitution sécurisante pour nous préserver, et cela risque de se transformer en gigantesque foutoir ambiance "convergence des luttes" de Nuit Debout.  Je précise évidemment qu'Etienne aurait évoqué ce dernier argument avec plus de tact et de délicatesse pour qu'il n'y ait pas de malentendu.
- La population étant pour sa majorité encore ignorante d'un certain nombre de sujets clés pour garantir notre vigilance collective sur nos intérêts, ça n'est pas le bon moment. La Constituante amène en elle-même la révolution pacifique souhaitée.

Ma propre réflexion et mon expérience de militant m'invitent à relativiser ces objections, voire me porter en faux contre certaines d'entre elles. Je ne désespère pas de convaincre Etienne d'un jour croire en notre capacité à obtenir des progrès attendus rapidement, efficacement et sans heurts avec notre seule puissance de foule... 

Le débat sur l'anarchie qui a été abordé dans l'entrevue qu'a accordé Etienne Chouard, suppose l'obligation morale d'auto-discipline pour ceux qui se réclament de ce courant de pensée. En l'absence d'autorité supérieure, seule la sienne propre que l'on exerce contre soi, peut empêcher la guerre de tous contre tous. C'est à la fois le talon d'Achille de l'anarchie quant à sa faisabilité politique dans nos sociétés complexes où les individus sont très inégaux dans leurs comportements, et cela depuis des millénaires, mais aussi ce qui lui permet de s'inviter dans des débats plus spirituels, car l'anarchie est une philosophie politique du savoir-être en premier lieu. Quoi qu'il en soit, dans une Utopia anarchiste, l'ensemble des êtres libres qui y demeurent, sont tous non violents entre eux, et disposent d'un sens civique à un niveau inimaginable pour les citoyens de la République bananière de France que nous sommes aujourd'hui. Ils pratiquent tous l'auto-discipline. C'est ce dont nous avons besoin pour utiliser notre puissance collective, et sur une semaine de "révolution concrète", je pense que la minorité agissante, peut faire preuve d'un très haut niveau d'auto-discipline pour réussir ses desseins. Je considère qu'il revient à la minorité agissante et incarnant les idéaux révolutionnaires de son époque (nous parlerons pour nous de la sortie de l'U.E ; l'euro et l'OTAN en plus de la Constituante), d'agir pour inquiéter et stresser fortement sa propre tyrannie. La notre est de nature oligarchique et ultra décentralisée dans son organisation. Il faut donc la briser par ses organes les plus sensibles, qui sont l'obéissance des institutions régaliennes aux pouvoirs politiques du moment et la servilité des médias collabos.

Ce sera l'objet des réflexions que je souhaiterais croiser avec Etienne sur la "Révolution", et une fois ces digressions faites sur ces quelques thématiques en vrac, je souhaite en arriver à la question par laquelle j'invite Etienne au débat.

De la Royauté

A la 83ème minute de l'entrevue, Etienne explique ainsi que lorsqu'il a l'occasion de discuter avec un royaliste, cela lui permet de chercher à comprendre dans le cadre de la controverse, comment une telle conviction politique puisse émerger et s’installer. Nicolas profite de cette transition bienvenue pour relayer la question d'un internaute demandant à Etienne s'il se considère monarchiste.

Ce à quoi fort logiquement en tant que démocrate, Etienne répond par la négative. S'en suit quelques explications sur la monarchie (pouvoir d'un seul), qui nous éloignent du vrai sujet de fond qu'avait abordé Etienne incidemment avec le royalisme.

Car "Royaume" et "Monarchie" sont deux mots très différents. Le premier doit s'entendre en premier lieu dans sa charge romantique à l'égale de celle que l'on prête à la République révolutionnaire. Le second terme renvoie à une définition : un seul dispose de tous les pouvoirs.

Un Royaume peut disposer d'institutions aux pouvoirs clairement séparés, une monarchie en sera nécessairement l'absolue antithèse. Le Royaume ne suppose pas le chef de l'Etat comme étant inamovible et tout puissant sur l'ensemble des institutions. La monarchie l'exige. Le Royaume n'interdit en rien que ses institutions prévoient des mécanismes permettant l'initiative et le vote des lois par les Sujets indépendamment de leur représentation politique. Nonobstant les imperfections de leurs lois fondamentales, les Britanniques ont bien voté par Référendum leur sortie de l'Union européenne. Alors pourquoi s'obstine-t-on à renvoyer le Royaume vers ce qu'il n'est pas ?

A cela plusieurs raisons historiques, dont la première sera l'objet réel du débat que j'essaye d'instituer :

- L'avènement de la République exigeait que l'on tuasse le Royaume en tant que Roman collectif et unificateur.

- Le Comte de Chambord n'a pas retenu la leçon de son lointain parent Henri IV lorsqu'il lui fut possible de restaurer le Royaume de France, en consentant à conserver l'emblème bleu, blanc, rouge qui était la seule négociation politique en jeu pour que le Parlement (majoritairement monarchiste en 1871) fasse de lui le Roi de France. Homme de principes, il refusa de prêter allégeance au drapeau tricolore symbolisant pour lui la décapitation de ses aïeux, et la France écopa alors de la troisième République d'Adolphe Thiers.

- Les défenseurs de la restauration du Royaume de France veulent rétablir des dynasties nobiliaires aujourd'hui tout aussi riches et intriquées dans une ploutocratie aux intérêts de classe divergents de ceux de la majorité du peuple. Notons que le prétendant au trône Louis XX, réside au Venezuela et parle en français qu'avec grande difficulté. La légitimité des Souverains proposés et du régime politique et social suggéré, discréditent les royalistes d'hier et d'aujourd'hui dans leurs revendications.

- Enfin, bien que je répète et martèle que si rien n'empêche un Royaume d'être imaginé avec tous les gardes-fous démocratiques les plus pertinents, il affirme bien plus fortement que la République la notion d'identité collective d'un peuple. Il le rattache à une dimension spirituelle de son existence, au-delà de sa stricte dimension politique et militaire. Et c'est dans sa charge symbolique que l'on doit méditer la pertinence du Royaume en tant que régime politique, et non dans l'organisation de ses institutions.

Pour que l'on puisse parler de Royaume, il faut donc que notre Souverain soit la conscience morale de l'Etat. Historiquement, les rois revendiquaient tous une filiation spirituelle en lien avec l'ordre religieux de l'époque et du  territoire concerné. Un regard contemporain nous amènerait à ne pas négliger les apports de la République, être exigeants sur la démocratie directe à instituer et la révocabilité de tous nos mandataires, mais ne pourrait s'affranchir de deux paradigmes pour oser intituler le premier titre de notre future Constitution : "Du Royaume de France" :

1) Le mandataire au titre de Souverain devrait incarner une dimension spirituelle, mais pas nécessairement religieuse (un sage, un philosophe, un érudit) pour être l'autorité qui se doit de répondre aux crises politiques et sociales de la Nation. Un Souverain  dans le cadre de l'avènement d'un nouveau Royaume de France ne pourrait tirer sa légitimité que par "l'autorité naturelle" qu'il véhicule par ses écrits, ses paroles et ses actes reconnus par la majorité du peuple. Un système de plébiscite (candidature interdite, investiture citoyenne uniquement) au niveau régional de Sujets remarquables et remarqués par leurs pairs pour leurs qualités d'esprit, peut tout à fait permettre avec du tirage au sort, quelques examens de contrôle sur les notions importantes dévolues à la fonction suprême (droit constitutionnel, géopolitique, économie, histoire, philosophie) et un suffrage final par les urnes, de disposer de dauphines et de dauphins du Royaume, si le Souverain du moment venait à être destitué par référendum, ou plus probablement abdiquerait ou décéderait en cours de mandat.

2) Car l'autre particularité du chef d'Etat dans un Royaume, c'est qu'il règne à vie. Il peut n'avoir aucun pouvoir politique gouvernemental et législatif réel (ce qui est le cas en Norvège, en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Espagne), mais en revanche, il fait et défait les gouvernements au nom du peuple. Et le temps long de règne, ça permet de distinguer une crise politique majeure d'une contestation sociale ne remettant pas en cause la légitimité d'un gouvernement en exercice. Surtout si une Cour Constitutionnelle en plus d'un parlement tiré au sort veille au grain sur l'exécution régulière du mandat  du gouvernement.

Dans le mécanisme actuel de la Vème République, le président est ainsi un pseudo roi élu pour 5 ans, qui conserve l'attribut essentiel de révoquer le gouvernement en exigeant la démission du premier ministre. Ce qui rend illogique la notion de fusible institutionnel pour encaisser les crises politiques découlant des réformes douloureuses (légitimes ou non). En effet, un pseudo-roi qui règne 5 ans et issu du régime des partis politiques, n'a pas vocation à être une autorité morale et naturelle, à laquelle un peuple se réfère sur le temps long. Et si c'est réellement cela sa vocation, alors il ne peut nommer des traîtres et des parvenus au gouvernement, et encore moins les maintenir au pouvoir, à défaut d'être lui-même révoqué pour avoir failli à sa mission de gardien des institutions. Le vrai fusible pour le gouvernement dans un Etat authentiquement démocratique (pouvoir de révocation par référendum d'initiative populaire), c'est toujours l'autorité morale si elle existe. La Justice, le Conseil Constitutionnel, le Conseil d'Etat, toutes ces institutions sont les gardiennes du fonctionnement régulier de nos institutions. Mais elles ne sont pas des autorités morales incarnées par un être humain responsable devant le peuple, de devoir faire usage de sa sagesse et sa vigilance civique, pour protéger nos intérêts contre toute tentation malhonnête de certains de nos mandataires. 

Lorsqu'on est mandaté à des tâches exécutives de haut niveau pour 5 années, c'est à partir d'une vision politique et de compétences techniques que l'on dispose d'une légitimité qui se doit d'être reconnue. En laissant peu de place, si ce n'est sur l'essentiel, à la moralité d'un chef de gouvernement devant faire appliquer un mandat impératif voté par le peuple, on suppose que sur 5 années (ou plus), il est probable que l'on découvre que celui-ci s'avère être en fait une personne corruptible, et sa révocation ne sera pas sensée heurter nos consciences avec des institutions démocratiques.

En revanche, révoquer la plus haute autorité spirituelle du pays qui est appelée à garantir toute sa vie durant, l'unité du peuple, c'est un problème politique plus fondamental pour la nation. En particulier si le mode d'investiture et la participation citoyenne autant que la reconnaissance dont bénéficie une Reine ou un Roi, rend sa Légitimité incontestable. 

Le véritable garde-fou de la stabilité d'un gouvernement est donc une autorité que l'on veut morale, légitime et pérenne, qui est son propre fusible parce que supérieure institutionnellement. Un premier ministre est un chef de gouvernement, il n'a pas vocation à encaisser les ires populaires que l'exécution de son mandat (surtout s'il est impératif) exige. C'est bien sa stabilité que l'on cherche à préserver avec un fusible moral qui a la lourde tâche d'être à la fois la conscience de l'Etat et de ses institutions et la conscience du peuple dans ses propres projections. 

Dans les Royaumes européens actuels, quoi que je ne répondrais pas de valeurs morales partagées avec leurs Souverains fossiles d'un autre temps, la distinction est tout de même parfaitement opérée entre chef d'Etat (la Reine ou le Roi) et chef de gouvernement.

Quels sont donc les pouvoirs réels et utiles de ces souverains, indistinctement de la légitimité que nous leur reconnaissons ?

- Autorité morale
- Règne à vie
- Investit et révoque les gouvernements au nom du peuple
- Droit de grâce
- Dernier maillon de la chaîne de commandement militaire de défense
- Pouvoir de représentation diplomatique purement protocolaire

Les Reines et les Rois européens s'interdisent en général de s'impliquer dans la vie politique de leur pays. Les gouvernements sont élus directement ou indirectement, et tous ces Royaumes disposent d'un parlement. Le Royaume de Norvège est considéré dans l'index of democraty, comme le pays le plus démocratique au Monde... 

La République bananière française est à la 26ème place, très loin des champions scandinaves, suisses et issus du Commonwealth (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande). Bien que cette source de classification est subjective, car issue de l'intelligence économique britannique, elle évalue tout de même des indices objectifs du niveau de démocratie à partir de critères factuels, à savoir le nombre de procédures de justice recensées sur des atteintes aux libertés publiques ou individuelles. On regrette que les formes constitutionnelles ne soient pas analysées pour parfaire un tel index mais à défaut de mieux, constatons bien que l'on ne peut pas reprocher objectivement à un Royaume de se montrer nécessairement moins démocratique qu'une République. Il n'est pas forcément moins social non plus, puisque l'on sait que les Royaumes danois et suédois sont les champions de l'impôt sur le revenu extrêmement élevé (jusqu'à 50 % du salaire), mais avec en contrepartie un Etat social puissant. 

Que l'on soit en République, en Royaume, en Fédération ou en tout autre chose, la forme du Régime n'a qu'une dimension romantique sur la première page d'une Constitution établissant nos institutions. C'est la façon dont on les écrira qui rendra possible la Démocratie en France ou non. 

Cependant, puisque tant les anarchistes que les royalistes érigent les valeurs morales et spirituelles en vertus cardinales de la stabilité d'un système politique, alors les républicains et plus globalement les constituants, auraient raison de s'intéresser à ce problème de philosophie politique qu'est "l'autorité morale".

Et c'est du point de vue des royalistes, qui à contrario de leurs copains anarchistes, reconnaissent à l'Etat sa pertinence et sa nécessité dans notre organisation sociale, que je compte me faire l'avocat du Souverain (ou du diable), mais en re-contextualisant d'abord l'évolution de la forme de l'Etat durant ces deux derniers siècles.

Je postule en effet que la fracture culturelle, historique et identitaire profonde des Français, ne se situe pas dans les épiphénomènes liés aux problèmes migratoires et sociaux d'aujourd'hui, mais remonte à la fin du XIXème où l'affaire Dreyfus a été le catalyseur de la réorganisation des courants politiques, avec en corollaire la décomposition du courant royaliste. Nous sommes 25 ans à peine après la défaite de Sedan qui sera l'occasion de l’avènement de la IIIème République du félon Adolphe Thiers, et dans moins de 20 ans, les Français iront verser leur sang pour récupérer l'Alsace et la Moselle et prendre leur revanche sur l'ennemi Allemand. 

Nous sommes à une époque où le roman national est surchargé de références symboliques très différentes, voire contradictoires - de 1800 à 1900, la France sera un Empire, un Royaume, à nouveau un Empire, un épisode anarchique avec la Commune de Paris avant de devenir une République  - et un seul de ces régimes trouve sa légitimité dans son ancienneté : le Royaume. Cependant, les errements intellectuels des royalistes, leurs prises de position désastreuses, la propagande hostile à la restauration, tout cela aura finalement eu raison de l'idée dans les consciences des Français du XXème siècle. Epoque nouvelle où leur République les propulsera dans deux guerres mondiales, avant de se faire pardonner dans l'ère du consumérisme et du démantèlement de l'Etat pour un projet impérial contemporain : l'Union européenne. 

S'il est donc temps de faire une pause et repenser notre Constitution, alors commençons par son Titre premier, à savoir la forme de notre régime politique. 

Car en Démocratie, il y a un peuple, soit une Communauté Politique qui se sent liée certes par des institutions et du droit pour les créer et garantir leur bon fonctionnement, mais d'avantage encore par une Histoire mêlée ancienne et récente, des repères culturels communs, et dans la vision française de l'unité politique, au moyen d'une langue commune. 

Mais nous n'échappons pas aux mythes et symboles véhiculés par l'Histoire, et marquons ainsi notre besoin fondamental de matérialiser cette idée d'unité, par des drapeaux, des hymnes, des devises gravées sur les frontons de mairies, le nom d'une monnaie, et même le régime politique que l'on attribue à notre propre pays. Le seul nom de la France est en lui-même une idée politique. La République a eu peu de temps et trop de corruptions pour instituer durablement l'ensemble de ses symboles et donner de la Majesté à son propre roman. La République n'a pas été bâtie dans la bravoure des rois mérovingiens et capétiens qui participaient directement à leurs entreprises militaires, mais par des hauts fonctionnaires et des bourgeois insensibles au contes de fées et aux batailles de capes et d'épées de leurs enfants. Notre imaginaire collectif a beau être surchargé de références à un roman médiéval avec les univers féodaux de Tolkien, les séries telles que Game of Throne pour ne citer que des références immédiates dans les arts, pour autant nous entretenons sans nous en rendre compte, une schizophrénie entre ce qui alimente volontiers notre perception idéale de l'Etat (son décorum), et les formes que nous lui tolérons aujourd'hui dans sa réalité.

Je crois très sincèrement que l'idéal romantique des français (idéal qui politiquement est sensé contribuer à nous unifier par ses symboles et institutions), n'est pas républicain. On ne lutte pas contre deux millénaires d'histoire et la charge émotionnelle et mystique qu'elle véhicule pour une population contemporaine. Le passé récent ne parvient pas malgré ses archives en nombre par rapport à celles des temps plus anciens, a effacer la construction mythique et historique profonde d'un peuple. En particulier si celui-ci a été conditionné durant des siècles à un système institutionnel plus théocratique que monarchique. Les passions religieuses que l'on retrouve dans les partis politiques, ne sont qu'un écho à ce conditionnement culturel plus ancien. En détruisant le christianisme en France, les élites du dernier siècle ont déplacé le problème de la religiosité et du sectarisme vers la politique sous couvert de laïcité. Indiscutablement, les français recherchent une autorité morale dans leur système politique, et n'en trouvent pas, ou qu'à une ou deux reprises au cours de chaque siècle à l'occasion de crises existentielles majeures.

Ne pas tenir compte de notre sentiment d'identité collective, surtout lorsqu'il est romancé (magnifié), c'est faire fi de notre volonté quant à renforcer notre Demos. Ainsi, le courant libertaire, n'est pas nécessairement synonyme avec "démocrate" comme le pense Etienne, si l'on tient compte que ce courant philosophique réfute l'idée de peuple. Les anarchistes admettent des normes permettant d'instituer une organisation sociale garantissant nos libertés individuelles à un niveau très élevé, mais ont un mal fou à donner du crédit aux concepts unificateurs pour faire société. Ils s'en remettent ainsi à une logique d'organisation sociale purement mécaniste (mais flexible car locale) et vide de charge symbolique (si ce n'est peut-être des symboles anarchistes ?). Non seulement donc, ils rejettent les symboles de la République, mais ils ne voudraient pas plus d'un Royaume car à leurs yeux, sa charge historique et symbolique serait tout aussi sanglante et barbare que toute autre forme idolâtrée de régime politique. Et pour le moins, un Royaume serait forcément capitaliste et réactionnaire si l'on tient compte des préjugés contemporains que l'on se fait à juste titre pour la majorité des royalistes. Ce point de vue s'entend et pourrait discréditer l'idée de Royaume. Mais au regard de la réalité : God save the Queen, et que personne n'ose porter atteinte au Roi du Maroc ou gare à la réaction de ses propres sujets ! Pourquoi ?

Plus encore, même le patriote pragmatique et peu attaché aux symboles de la nation, comprend qu'il faudra nécessairement en jouer un peu dans sa communication, car les citoyens vigilants que nous sommes, réagissons à ces stimulus. Nous réagissons d'ailleurs tellement aux symboles de façon générale, que toutes les entités disposant d'un pouvoir économique, politique ou religieux, s'en servent à outrance dans leur iconographie. Pourquoi crée-t-on des logos et des slogans si ce n'est par volonté de disposer de repères d'identification qui seront à même de rassurer la communauté à laquelle ils s'adressent ?

Il y a donc deux débats dans la démocratie, et c'est ce que je souhaitais tenter de faire apparaître en m'appuyant sur celui plus particulier du royalisme :

- L'agencement des institutions, leur séparation, et les pouvoirs qu'elles confèrent directement au peuple (l'aspect mécaniste de la démocratie)

- La transcendance unifiant le Demos, ce qui le constitue comme communauté politique et culturelle singulière, ce qui distille l'esprit de civisme et de vigilance politique, ce qui symbolise et idéalise notre unité, ce qui fait de nous et jusque dans chacune de nos consciences, un peuple.

L'aspect constitutionnel de la question démocratique est en fait le plus facile à discuter. On se fiche de savoir si le peuple se sent unifié ou non par un concept, une idée, un symbole ; on se borne à instituer la démocratie aux travers d'un contrat social que l'on pourra de toute façon faire évoluer dans le temps et qui pourrait potentiellement s'appliquer à n'importe quelle communauté politique.

Mais l'aspect plus philosophique, spirituel, civique de ce débat est crucial, car pouvant influencer la réflexion constituante. Il s'agit de répondre à deux questions très simples :

- Notre constitution doit-elle être vierge de toute charge symbolique relative à notre histoire et notre culture politique ?

- Si ce n'est le cas, est-ce que les mythes et valeurs renvoyés par la République sont ceux à conserver, où y'en a t'il de plus anciens ou de nouveaux que nous souhaiterions adopter, pour mettre un terme à notre fracture identitaire et mieux garantir notre unité ?

Voila Etienne, je t'ai lancé un caillou, je comprendrais qu'il te manque du temps pour m'opposer tes réflexions, mais je serais néanmoins ravi, même s'il me faut attendre quelques semaines, de publier sur ce blog tes réflexions sur l'importance ou non des symboles auxquels un Demos se rattache pour se reconnaître collectivement.

Amitiés,

Sylvain

mardi 28 février 2017

Mesdames, ce billet vous est dédié


Il fut un temps où j'étais romantique et encore empreint de légèreté. C'était celui où je vous découvrais à tâton et où je m'instruisais avidement. Le déroulement d'une vie a tendance à déflorer progressivement nos propres mystifications. 

Que ce soient celles que l'on se forge sur le sexe opposé, ou encore nos croyances philosophiques, politiques et spirituelles. On y perd sans doute en romantisme et en légèreté, mais on y gagne au moins en sincérité.

A ce titre, je sais que les femmes sont des Hommes comme les autres : les mêmes petites et grandes bassesses, les mêmes actes de générosité et de bienveillance. La bêtise comme l'altruisme sont des notions inéquitablement partagées dans la population au détriment de la majorité du peuple, cela indépendamment de nos sexes respectifs. Si j'avais tort sur ce point, la Révolution aurait déjà eu lieu depuis bien longtemps. 

L'esprit pur, celui qui n'accorde de vérité qu'à l'usage de la raison pour rendre compte de son environnement, est totalement asexué. Il est indifférent à nos émotions, à nos pulsions, à nos repères culturels. Nos distinctions sexuelles n'ont de raisons d'être que pour le plaisir du jeu culturel, amoureux et charnel qu'il suscite. Si les êtres humains se réduisaient à des femmes uniquement, ou des hommes uniquement, la Vie telle que nous l'expérimentons chaque jour, n'aurait pas la saveur que nous la lui connaissons. Nos esprits enclavés dans des enveloppes charnelles et soumis à quantité de molécules influant sur nos émotions (le désir, la peur, la colère...) s’accommodent d'une situation, mais n'en restent pas moins affectés dans leurs raisonnements.


Au point de nous habituer à constater une dégradation de notre vie personnelle ou de notre environnement, sans que nous choisissions une stratégie de survie efficiente permettant de circonscrire les difficultés du moment. Nous avons tous des zones de confort mental motivant nos inactions ou nos irrationalités. Le propre de n'importe quel être vivant est pourtant d'utiliser son énergie pour garantir sa survie et celle de son espèce par extension. Les êtres humains restent les seuls animaux sociaux à utiliser l'essentiel de leur énergie à faire exactement l'inverse. Que ce soit par notre consumérisme, notre apathie, nos comportements auto-destructeurs, nous ne respectons pas l'ordre naturel dévolu à nos chairs :


Survivre, et protéger les générations futures.

Notre environnement politique est dégradé, c'est enfoncer une porte ouverte que de l'écrire. Cependant, la situation est réellement catastrophique tant sur le plan géopolitique, que monétaire, social, et environnemental, et nous sommes 7 Milliards d'êtres humains à nous disputer notre pitance énergétique et alimentaire quotidienne.  Je signale au demeurant, que dans un contexte fortement concurrentiel sur les ressources de la planète, nos politiciens ne trouvent rien de plus urgent à faire que démanteler la France pour en faire une région d'un projet commercial et ultra libéral appelé "Etats-Unis d'Europe" tout en armant des frappa-dingues au Moyen-Orient et en Afrique que l'on retrouvera plus tard au Bataclan. Si tout se passe bien, d'ici deux à dix années tout au plus, la troisième guerre mondiale sera déclarée et dans 1000 ans, les historiens devront bien admettre que nous étions la civilisation la plus débile qu'ait pondu l'Humanité.

Dans les hôpitaux psychiatriques, des messieurs tout de blanc vêtus et un peu inquiétants, jureraient que bon nombre de nos "responsables" politiques sont en fait des psychopathes qu'il faut enfermer au plus vite. Quand un peuple dispose d'une appétence à la Culture transcendant d'autres références que celles d'Hanouna et "Loft Story", ce peuple a toutes les chances d'être assez vigilant sur sa représentation politique pour n'avoir jamais besoin de faire sa révolution, et pour le moins éviter que des psychopathes se retrouvent aux plus hautes responsabilités de l'Etat. 

Mais quand on fait partie du peuple français, nous partons avec un sacré handicap : Nous !

Heureusement, il y a tout de même une poignée d'irréductibles gaulois, qui comme d'habitude, n'en ont rien à faire des velléités impériales de Bruxelles et Washington (oui, l'ennemi n'est plus Romain ou Nazi), et qui résistent avec un esprit chevaleresque forçant notre respect en trollant des pages politiques de leurs opposants sur facebook. Une plus petite poignée d'entre eux encore, n'hésite pas à déferler dans les rues de temps à autres pour scander sa colère, avant de passer au Mc Do et rentrer jouer à la console le soir. Dans ces conditions là, les experts précisent que la Révolution risquera d'intervenir trop tard, et que le petit bout de choux qui vient de naître dans la famille, connaîtra sans doute une mort atroce et cela à un âge relativement jeune.

Pour les nécessités de style (ou par pure vanité d'ego-mal-placé pour mes plus hostiles délateurs), je vais me proclamer "expert provisoire en révolution" et analyser avec vous les quelques problèmes à régler :

1) Chère madame (et cela vaut aussi pour monsieur), peut importe ce que vous considérez de votre niveau d'éducation politique, si vous ne souhaitez pas que ces quelques revendications nécessairement radicales fassent consensus parmi nous, vous être contre la Révolution (et donc suppôt du Système - crevure capitaliste - etc) :

- Sortie de l'U.E ; l'euro et l'OTAN (restauration de notre indépendance et notre Souveraineté Nationale)
- Destitution et jugement des traîtres (comme je le disais plus haut, il y aussi des psychopathes dans le tas)
- Exigence d'un processus constituant participatif (on redéfinit les règles de la démocratie dans chaque salle municipale de France).

2) Si votre chérubin de 19 ans ou votre grand frère à peine moins jeune est assez couillon pour partir en manif avec un casque, une batte de baseball, des cocktails Molotov en plus de sa banderole "tout le monde déteste la police", vous le giflez immédiatement et l'enfermez dans la cave jusqu'à ce que la manif soit terminée. Les garçons sont soumis à une molécule-qui-rend-con appelée "testostérone". Nous comptons sur les femmes pour repérer les moments où de violentes décharges viennent irradier notre cerveau et nous empêcher de réfléchir, afin qu'elles remédient au problème le cas échéant (câlins, petites tapes dans le dos réconfortantes, scandale public, coup de pied parfaitement ajusté, composez en fonction de la gravité des symptômes). En effet, il se trouve que la voie pacifique pour manifester est la plus sûre. Elle peut permettre de réduire très significativement les coups de matraque, l'inhalation de gaz fort incommodants, et des éborgnements inutiles. Contrairement à une légende urbaine, il suffit de déclarer une manifestation, respecter les horaires de dispersion et ne pas jeter des pavés sur les policiers, pour que tout se passe merveilleusement bien. Cela exige donc une attention très importante des femmes sur les bouffées de molécule-qui-rend-con de leurs congénères masculins mais aussi féminins (si, si, y a des excitées aussi dans les manifs).

3) La Révolution, c'est mieux quand c'est pas long ! Nous le savons bien, nous avons notre zone de confort mental à respecter, et y a école demain pour le petit. Donc il faut que ça se passe bien, et que ça prenne le moins de temps que possible.

Pour cela il existe une solution : l'emplacement choisi pour le début de la Révolution. Nous l'avons par exemple constaté, la place de la République à Paris avec Nuit Debout, ça n'a pas marché. Il y a deux raisons à cela : d'abord parce que les revendications "vegan" associées aux vociférations de militantes d'associations LGBT n'ont pas convaincu les badauds que "la convergence des luttes" allait pouvoir marcher avec ça ; ensuite et c'est le plus important, parce que la place de la République est un grand espace à des kilomètres des ministères, du parlement et des grands médias nationaux.  Bref, le niveau zéro de l'occupation militante stratégique (je vous parlais de l'usage de la raison plus haut).

Le plus simple pour commencer donc, est d'occuper des grands médias nationaux, comme France Info, ou France 2 ou encore BFM, TF1. Bref, commencer par expliquer gentiment aux journalistes que les apprentis révolutionnaires qui braillent sous leurs fenêtres, auraient des revendications à exprimer au peuple, et que tant que cela ne sera pas fait, tout le monde reviendra le lendemain continuer l'occupation. Evidemment, quand on envoie quelqu'un lire les revendications (citées plus haut), on lui demande d' en profiter pour appeler le peuple à venir rejoindre la lutte sur le lieu même du rassemblement. C'est une occupation civique d'un bâtiment sensible, pas une protestation gentillette avant de terminer au Mc Do. L'objectif est d'informer les Français que la Révolution a commencé et qu'ils nous rejoignent.

Avec environ 5000 personnes au tout début, il faut compter à peu près cinq jours pour que la Révolution soit bien amorcée et que nous soyons bien des Millions. Je sais, c'est compliqué, il faut monter sur Paris, faire garder les gosses par la belle-mère qui va encore casser les pieds, mais on a pas le choix : la Révolution ira plus vite si commencée dans la capitale sous les fenêtres de la Maison de la Radio. Il sera néanmoins possible de la continuer dans sa ville de résidence ensuite. Mais pendant quelques jours, il faut se trouver un canapé sur la région parisienne et revenir imperturbablement occuper les  grands médias du matin au soir, jusqu'à ce que la censure cède.

L'idéal serait d'avoir un gouvernement de transition à présenter pour reprendre la main, et il est possible de proposer des personnalités et voter pour celles-ci sur le site en lien ICI, pour qu'en quelques semaines, des tendances se dégagent, pouvant valoir ministère ensuite.

Dans l'attente, j'en appelle à votre foutu gène maternel et en votre présumé sens exacerbé de la protection : si vous souhaitez éviter des guerres et la famine à votre gosse, vous devez vous révolter maintenant !

Je suis prêt à déclarer en préfecture trois jours de trolling pur de TF1 du Samedi 18 Mars au Lundi 20 Mars, pour que les "petits" candidats à la présidentielle censurés par cette chaîne d'envergure nationale, puissent exprimer leurs analyses et propositions.

Histoire d'être clair sur les candidats ayant des difficultés avec les grands médias :

- Jean Lassalle
- Charlotte Marchandise
- François Asselineau
- Jacques Cheminade
- Nicolas Dupont Aignan
- Alexandre Jardin

Nous pouvons comme premières revendications, exiger que ces candidats puissent se faire entendre, afin que le débat public sur des grands sujets économiques, géopolitiques et démocratiques, soit restitué aux Français.  Ce sont ces enjeux qui garantissent la paix et la sécurité alimentaire sur le temps long en France. Ce sera aussi le moment pour nous d'exiger des journalistes qu'ils rendent la parole aux peuple, pour s'assurer que certains sujets importants alimentent le débat politique en France et ne soit pas laissé qu'à la grille d'analyse de politiciens rompus à la langue de bois et à des experts auto-proclamés dans mon genre, dont le petit avis ne vaut pas plus que le notre. Toujours est-il, mesdames - et pardonnez ce qui me reste de romantisme - j'en fais appel à votre bon cœur :

Commencez la Révolution !

Et rendez vos mecs chevaleresques en les obligeant à s'inscrire avec vous sur l'événement en lien ici 

Nous devons être 5000 avant le 12 Mars participants pour que je déclare le rassemblement en préfecture.


lundi 20 février 2017

François, le pote des racailles [Lettre ouverte]

Cher François,


Finalement, tu auras réussi le prodige malgré ta haine de la France et de notre peuple, à te maintenir durant cinq années à la tête du pays. Qu'importe si aucune révolution ne t'aura chassé du pouvoir, les charges qui pèsent contre toi en matière de financement du terrorisme et de haute trahison, restent et demeurent, et viendra le temps de rendre des comptes devant la Justice.

Dans l'attente, tu aurais pu considérer qu'il soit salutaire pour l'image que tu souhaites donner à la fin de ton mandat, d'éviter de contribuer à des hystéries médiatiques en assumant ton rôle de président de la République, mais comme à ton habitude, tu n'as pas pu t'empêcher de mettre en péril la vie des Français par tes déclarations et prises de positions.

Mais revenons un peu en arrière pour analyser avec recul cette forfaiture :

Le 13 Juin 2016, Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, tous deux policiers, sont sauvagement assassinés par Larossi Aballa à leur domicile, pour la seule et unique raison qu'ils étaient... policiers.

Aucun homage ne leur a été rendu de ta part, si ce n'est ton devoir protocolaire pour leurs funérailles. Tu as d'ailleurs immédiatement politisé la question sous l'angle du terrorisme, alors qu'un meurtre de ce genre est plus propre à la barbarie d'un déséquilibré qu'à un mode de revendications politiques.

Le 8 Octobre 2016, une horde de barbares (pardon, de pauvres victimes de la société), agresse un équipage de police au cocktail Molotov, et cause des brûlures très sérieuses à quatre des policiers présents. Aucun des policiers n'a osé faire usage de son arme alors qu'ils étaient légitimes à l'utiliser. Cela pour la bonne et simple raison que notre police n'a rien à voir avec celle des Etats-Unis d'Amérique. N'en déplaise à ceux qui tirent à boulet rouge sur l'ambulance...

T'es tu déplacé au chevet de l'adjoint de sécurité qui est longtemps resté entre la vie et la mort après cette agression ? Absolument pas. Tu t'es contenté de remodeler ton gouvernement quand le vent de colère que cela a suscité a mis sur la sellette Bernard Cazeneuve du point de vue des policiers qui ont manifesté leur émotion, et leur volonté d'en finir avec l'usage politique qui est fait de leur administration.

Une autre agression est passée plus inaperçue, et ne concerne pas la Police. Il s'agit de Marin, jeune étudiant lyonnais en Science-Politique, qui a pris la défense d'un couple agressé par une bande de racailles, et a été roué de coups au point de tomber dans le coma. 

T'es tu rendu au chevet de ce jeune homme pour saluer son courage ?

Non.

En revanche, quand Théo se retrouve victime d'une bavure policière, qui quoi qu'inexcusable et appelant à une réponse pénale exemplaire, faisait suite à un comportement agressif de sa part et ayant permis la fuite d'un trafiquant contrôlé par les policiers incriminés, tu te déplaces à son chevet.

En sachant pertinemment que le tintamarre médiatique était déjà en soi un appel à peine dissimulé aux émeutes et que ton rôle était plutôt d'appeler au calme.

D'un côté donc, des victimes policières et civiles d'une violence de banlieue que tu n'as jamais été foutu de régler par une politique sociale, de justice et de sécurité exemplaire, et de l'autre, un jeune homme certes victime d'un acte de barbarie inacceptable de la part d'officiers de police, mais dont on sait aujourd'hui qu'il n'était pas si innocent et pacifique qu'il voulait bien le laisser entendre aux journalistes. 

Je ne te crois pas assez stupide pour ignorer qu'un tel geste, lourd de symbole, serait sans conséquences. C'est comme si tu avais donné un blanc seing aux racailles pour se déchaîner, en venant toi-même ajouter ta caution morale à l'hystérisation médiatique sur les violences policières.

Si encore, tu t'étais déplacé au chevet des policiers blessés ou de Marin, nous pourrions dire que ton comportement est digne, et ta considération de la Justice, égale pour tous.

Mais ça n'est pas le cas. Elle est à géométrie variable en fonction des signaux politiques que tu veux véhiculer. En outre, ton mandat implique constitutionnellement de te porter garant des institutions de la République, et de te mettre au-dessus des agitations politiques du pays. Tu n'en as eu cure. Tu espérais les émeutes, tu les as obtenu.

Des prolos ont vu leur voiture incendiée, des bâtiments publics et du mobilier urbain ont été saccagés, sans compter les lynchages qu'ont vécu des policiers et des personnes au mauvais endroit et au mauvais moment. 

Tu as donc contribué à mettre en péril la sûreté des personnes, et nous ne sommes pas assez crédules pour y voir « une erreur de jugement », mais bien au contraire, une volonté politique délibérée de ta part de créer le chaos.

Ton regard à géométrie variable sur la violence des banlieues, aiguille sur tes intentions.

Ne reste plus qu'à attendre cette élection qui nous débarrassera de toi, pour entamer les poursuites pénales à ton encontre. Profite bien des derniers jours qui te restent. Car ensuite, tu seras traîné dans la boue avant de finir tes jours en prison, n'en doute surtout pas.

Le peuple te jugera, toi et les tiens.

A bon entendeur et avec mon éternel mépris,

Sylvain Baron

lundi 30 janvier 2017

Un conflit générationnel...

Posons pour commencer un cadre : Antoinette, 67 ans, enseignante à la retraite, électrice P.S devant l'éternel. C'est un peu caricatural, mais ça ne manque pas de fondement social. Plaçons Antoinette dans un contexte propice à la discussion : à l'occasion d'un repas de famille, on écoute presque machinalement le bruit de fond de la télévision :

« Benoît Hamon, le frondeur socialiste a aujourd'hui accusé François Fillon de soutenir un programme de casse sociale inacceptable ». 

Antoinette ne peut s'empêcher de réagir à l'information :

- Il est bien ce Hamon ! Il est jeune et il est de gauche ! Lui au moins n'est pas comme les autres. 


Marie, sa petite fille de 24 ans, sans emploi depuis qu'elle a terminé ses études, lève les yeux vers le ciel et met fin à l'instant de béatitude de sa grand-mère :


- Qu'est ce que tu sais de la personnalité et des idées de Benoît Hamon, mamie ? 

- Tu en poses de drôles de questions ! Ben voyons, il est de gauche et il est si beau garçon ! 

- Je ne trouve pas. En revanche, je suis d'accord avec toi, il est de gauche. Seulement, tu sais d'où vient cette distinction gauche/droite ? Ce qu'est la réalité de la gauche dans l'histoire ? 

- Ça doit remonter à la révolution française tout ça ! 

- Oui, c'est exact, cependant, ce qu'on appelait parfois « la gauche » peu de temps après la Révolution, était le courant bourgeois libéral. Marx n'était pas encore né et la SFIO attendra encore un siècle avant d'être instituée. Au 19ème siècle, on ne parlait pratiquement pas de la gauche, mais des courants anarchistes, socialistes et marxistes qui s'opposaient aux courants conservateurs ou royalistes. 

- Oui bon et alors, qu'est ce que cela à voir avec M. Hamont ? 

- Eh bien Benoît Hamon est tout à fait sincère quand il dit être de gauche puisqu'il est à la fois un libéral et un bourgeois, mais il ment lorsqu'il dit être socialiste. A moins que tu l'ai entendu dire un jour, qu'il souhaitait socialiser les grands moyens de production ou qu'il se revendiquait de la lutte des classes ? Car c'est là le fondement même du socialisme. 

- Tu veux dire nationaliser des entreprises ? Allons voyons ma petite fille, c'est désormais loin ce temps là ! 

- Ah bon Mamie, sous De Gaulle jusqu'à l'ère Mitterrand, il n'y avait pas d'entreprises publiques en France ? 

- Bien sur que si, mais on a plus les moyens de gérer tout ça. 

- Tiens donc, qu'en sais-tu exactement ? 

- Eh bien, s'ils ne cessent de le dire à la télévision, c'est que ça doit être vrai ! 

- Nous avons parfaitement les moyens de nationaliser des entreprises. A ton époque, les gens étaient heureux d'avoir du boulot parce que de grands monopoles industriels publics, donnaient du travail à un très grand nombre de PME. Aujourd'hui, nous n'aurions pas le droit à cela ? 

- Mais à mon époque, n'imagine pas que les choses étaient plus faciles qu'aujourd'hui. 

- Sans doute mamie, mais nous étions encore un peuple souverain et indépendant. Là, ça n'est plus le cas, et tu sais c'est quoi le programme de Hamon ? Il se résume en quatre lettres : 


- Qu'est-ce que c'est que ça encore ? 

- Ce sont l'ensemble des règles économiques que ce soit sur la monnaie, la réglementation, les flux de capitaux ou encore les régulations douanières qu'Hamon refuse de dénoncer. C'est le Traité de Lisbonne si tu préfères. 

- Mais si, je l'ai entendu dire qu'il voulait que... comment ça s'appelle déjà... que la BCE finance le budget de l'Europe. 

- C'est l'Union européenne, mamie, pas l'Europe. La Suisse, la Norvège, l'Islande et désormais le Royaume-Uni ne sont pas dans l'Union européenne. Ensuite, comment il va faire Hamon pour obtenir le consentement des Allemands quant à son projet de faire financer par la BCE le budget de l'U.E ? 

- J'en sais rien moi, tu en poses de drôles de questions ! 

- Justement mamie, t'as déjà entendu des journalistes poser ce genre de questions aux candidats à la présidentielle sur France Inter ou RTL ? 

- Non, y a que toi ma petite fille pour poser ces questions étranges. Tu devrais faire de la politique tiens, vu comment tu es passionnée ! 

- Mamie, je ne suis pas passionnée, je suis en colère. Je n'aspire à rien d'autre que m'intéresser à des choses plus légères que la politique. Je suis obligée de m'y intéresser car je constate que plus le temps passe, plus il y a de guerres, plus notre démocratie recule et plus il y a de clochards qui crèvent dans les rues. Ça ne t'interroge pas qu'un pays aussi riche et puissant que la France se porte aussi mal, contrairement à des plus petits pays comme la Suisse ou l'Islande  ? 

- C'est comme ça, Marie, on ne peut pas y changer grand chose. 

- Pourtant tu sembles prête à voter pour Benoît Hamon. Alors effectivement, dans ce cadre, rien ne changera. 

- Mais pour qui voudrais-tu que je vote ? Marine Le Pen ??? 

- Mamie, je m'en fous de pour qui tu votes. Ce que j'aimerais, c'est que tu éteignes ta télévision, aille consulter les médias alternatifs sur Internet dont je t'ai parlé, et que tu écoutes des gens comme Étienne Chouard, François Asselineau, Jacques Sapir ou encore Magali Pernin, t'expliquer c'est quoi l'Union européenne dans la réalité. Et que tu arrêtes aussi de faire confiance à des carriéristes de la politique qui sont installés depuis plusieurs décennies, ont été ministres, députés, et finalement, lois après lois, année après année, n'ont cessé de détruire un peu plus notre pays. 

- Mais enfin tu m'embêtes avec ton Union européenne ! On peut pas tirer un trait sur tout ça quand même ? 

- Donc tu veux condamner les Grecs à subir encore et toujours des cures d'austérité ? Tu considères que les Espagnols n'ont pas assez souffert ? Que l'Allemagne comme durant la Seconde Guerre Mondiale, peut imposer ses vues politiques et économiques à la France et au reste de l'Europe ? 

- Bien sur que non ma chérie, mais de là à vouloir sortir de l'U.E... 

- Mamie, ça n'est qu'un traité, rien de plus. On va pas arracher la France à la croûte terrestre ou subir une guerre atomique pour ça. Même si dans les médias, tout est fait pour nous faire peur, tu vois bien que le Brexit n'a été suivi d'aucune catastrophe ! 

- Mais si on sort de l'euro, la monnaie va être dévaluée et ça sera pareil pour mes économies ! 

- Oui et non Mamie. La première chose qu'il se passera, c'est la restauration du contrôle des mouvements de capitaux. En gros, lorsque Mital souhaitera fermer une usine en France pour en ouvrir une autre ailleurs, il ne pourra plus le faire aussi simplement. De la même façon, quand les banksters voudront faire fuir leurs capitaux hors de France pour ne pas payer d'impôts, même punition : ça deviendra très compliqué pour eux. Ensuite, nous rétablirons le FRANC à parité avec l'euro. Pas de calculs compliqués au moment du changement de la monnaie comme la première fois, ça sera même très simple : un franc = un euro. Ensuite pour ton épargne Mamie, même si le FRANC devait perdre un peu de valeur, ça sera compensé avec des taux d'intérêts supérieurs, c'est tout. Et puis si ça peut m'aider à enfin trouver du boulot ? 

- C'est trop compliqué pour moi tout ça Marie, mais je vois bien que ça t'inquiète tout ça. Et que penses-tu d'Emmanuel Macron, il est bien lui-aussi ? 

- Qu'on me donne une corde, c'est pas possible...

FIN

mardi 10 janvier 2017

Humain... oui mais politique !

S'il est un terme qui ressort régulièrement dans les débats politiques - jusqu'à me semble-t-il en polluer leur essence profonde - c'est bien le mot "humain". C'est donc dans le but de marquer une distinction claire entre ce qui relève de l'humain et ce qui relève du politique, que je souhaite explorer avec vous, cette question qui oppose les "spirituels" aux animaux politiques de ma trempe.

Tout d'abord, relevons immédiatement que si les deux termes existent, c'est bien parce qu'ils ont une signification différente. A partir de là, on pourrait s'économiser une quelconque réflexion à ce sujet. Mais puisque le Français est verbeux et apprécie de faire converger des termes ayant chacun leur propre définition, allons un peu plus loin.

Que dit d'abord le Larousse à propos du mot "humain" ?

- "Qui possède les caractéristiques spécifiques de l'homme en tant que représentant de son espèce ; qui est composé d'hommes : Être humain. L'espèce humaine.


- Qui est relatif à l'homme, qui lui est propre : Corps humain. Une tâche qui excède les forces humaines.


- Qui porte sur un des aspects de l'individualité de l'homme ou de son activité : Sciences humaines. Anatomie humaine.


- Qui manifeste à un haut degré la sensibilité, la compréhension propres à l'homme en tant qu'individu dans un groupe social : Chercher des solutions humaines à un problème social délicat. Un magistrat humain.


- Qui est en accord, en harmonie avec tous les caractères de l'homme, qui les manifeste (tant du point de vue de la force que de la faiblesse, de la grandeur que de la petitesse, etc.) : Une architecture humaine. C'est une réaction bien humaine".

Les deux premières définitions renvoient donc à notre biologie en tant qu'espèce, ou de façon plus provocante pour certains courants philosophiques, à notre animalité.

Mais les définitions qui suivent ne sont pas moins liées à notre chair. Le propre de l'humain, c'est son caractère sensible pour le meilleur ou pour le pire. Nous disons d'une personne qu'elle se comporte avec humanité pour témoigner à la fois de sa sensibilité et de son altruisme. De même que nous signifions qu'une réaction est profondément humaine (y compris lorsque nous la considérons comme néfaste) lorsque nos émotions prennent le dessus dans la résolution d'un problème. Mais l'Homme ne peut s'empêcher de considérer ses attributs d'espèce à un niveau supérieur face au reste du vivant. On ne parlera jamais de l'humanisme d'un cheval. On ne dira jamais d'un ours qu'il s'est comporté avec humanité avec l'un de ses semblables sauf à vouloir sombrer dans un anthropomorphisme douteux. Nous savons que les animaux peuvent se montrer tendres, intelligents et altruistes, mais nous ne leur reconnaissons ces qualités que de façon circonstancielle et non comme des attributs propres et inaliénables à leur espèce. L'humanité au sens de ces considérations morales, est donc une dimension d'âme que nous proclamons être le propre de l'Homme, qu'importe que des individus puissent être coupables de crimes de sang, se montrer tyranniques, cruels, manipulateurs, et tout un florilège de malveillances qui sont aussi le propre de l'être humain. Pourtant, nous n'aimons pas intégrer cette part maléfique qui existe aussi en notre humanité, à la notion même d'humanité. Peut-être craignons nous de constater que la plupart des animaux sont finalement plus humains que nous puisque dépourvus pour l'essentiel d'entre eux, de l'intelligence nécessaire à fomenter de telles malveillances.

Toujours est-il que se comporter avec humanité, revient toujours à notre dimension d'êtres de chair forgeant leur interaction avec autrui sous le prisme de notre empathie, notre sollicitude, et notre volonté d'aider. Nous sommes des animaux sociaux conditionnés à une certaine sensibilité pour ce que l'autre éprouve. Nous ressentons le besoin spécifique et même égoïste, de nous soulager des émotions qui nous affectent en portant assistance à celle ou celui qui souffre. Je dis bien égoïste, car lorsque nous tentons d'aider autrui, c'est à seule fin de rétablir un certain équilibre émotionnel plus confortable en nous libérant de toute surcharge d'affect que l'exposition au malheur d'autrui a provoqué. Par extension, ces marques d'altruisme découlant de notre empathie naturelle, ont forgé nos valeurs morales jusqu'à finalement les ériger en un ensemble plus complet que nous définissons par le terme "humanité". Le fait de les méditer ou les transcrire dans des préceptes philosophiques voire politiques, c'est de l'humanisme.

Agir avec humanité n'est pas le propre de tous les êtres humains, loin s'en faut, si l'on considère donc l'aspect moral et sensitif de la question. L'humanité dans ce sens, est le propre d'un certain nombre d'individus. On fait les louanges de l'humanité d'une personne, par rapport à son comportement social avec les autres. Qui dit comportement social, suppose un ensemble d'actions et d’interactions parfaitement concrètes et directes avec autrui. On pourra aussi relever l'humanité d'une personne, non sur sa relation aux autres, mais sur sa seule sensibilité qui nous touche. 

Quoi qu'il arrive, il devient assez évident à ce stade, qu'agir avec humanité est difficilement conciliable avec une activité ou une réflexion politique. L'humanité touche à l'affect, le politique traite de la raison. Cependant, comme précisé plus haut, un courant philosophique découle de la notion d'humanité : l'humanisme.

Apparu au XVIème siècle, ce courant place les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres et propose rien de moins que d'en faire une quête autant philosophique que politique (plus récemment) et spirituelle pour l'ensemble des Hommes.

Mais c'est précisément ici que la scission entre politique et humanité intervient. L'humanité est rappelons-le, propre à l'individu sur la base d'un comportement social ou sa sensibilité particulière. Tandis qu'une quête philosophique pouvant effectivement trouver une partie de sa traduction dans le champ politique, n'est plus affaire de comportement de chacun vis à vis des autres. Nous rentrons dans la sphère des idées et des valeurs, particulièrement dans ce qui relève de la philosophie ou la spiritualité. L'on peut par intégrité morale avec ses valeurs propres, suivre une voie humaniste jusque dans la conduite de sa propre vie, mais il ne s'agit plus dans ce cas d'un comportement naturellement (ou égoïstement) altruiste. C'est une discipline personnelle, un auto-conditionnement, un effort consenti, cela en vue de faire progresser une quête qui nous transcende. On suppose dans cet effort, l'idée que notre exemplarité autant que notre action, contribuent à améliorer le monde.

Vient ensuite la chose politique qui fait toujours appel aux idées, mais tente de concilier la quête humaniste au réalisme. Car le politique que ce soit dans sa législation ou ses décisions, se confronte constamment au conflit ainsi qu'à des choix éthiques et moraux qui peuvent être douloureux, même lorsqu'ils supposent un progrès humaniste espéré sur le long terme. Par ailleurs, le politique imprime l'obligation ou l’interdiction morale (devenant loi) d'un comportement, indépendamment de la volonté de tous les individus qui s'estiment ou non, parties prenantes à une quête humaniste. 

En clair, là où la spiritualité implique la volonté propre des individus à une certaine quête morale et humaniste, le politique pour sa part, assume que les assassins, les cupides, les voleurs et les malveillants de tous poils continueront d'exister, indépendamment de la discipline de vie dans laquelle s'inscrivent quelques individus rares et précieux. Plus fondamentalement encore, on peut dire qu'il y a sans doute autant d'individus inscrits dans une certaine quête spirituelle et humaniste que d'individus malveillants. Et entre ces deux types d'humanités, une écrasante majorité qui ne souhaite simplement pas causer du tort à autrui, sans pour autant exiger d'elle-même des efforts autres que ceux nécessaires à sa propre survie et son propre confort. Une majorité donc, qui bien que dépourvue de malveillance, ne s'inscrit pas naturellement dans un projet humaniste ou spirituel quelconque. 

C'est avec cela que compose le politique. Les débats éthiques qui en découlent sont ainsi intenses et difficiles. Car si la quête de progrès humain se veut en arrière fond de l'élaboration d'une loi ou d'une décision politique, elle oblige bien souvent son défenseur à causer du tort à certains groupes sociaux dans la seule finalité de servir le plus grand nombre, ou au contraire léser ce dernier, pour résoudre un problème majeur d'un petit nombre.

Il y a par exemple plus de 200.000 sans abris en France. C'est donc un problème partagé par une minorité de la population. Mais un problème suffisamment grave, pour que la majorité consente (par la loi) à financer un ensemble de solutions qui elles-mêmes, pourront s'avérer imparfaites. Décrivons ici un cas éthique générant inévitablement du conflit que se doit assumer le politique :

Sur ces 200.000 personnes à la rue, près de 55 % sont nées à l'étranger. Le politique doit donc trouver des solutions pour tout le monde, tout en se conformant à une règle essentielle pour toutes les communautés nationales : protéger les siens d'abord, aider les autres ensuite. Le panel des solutions n'est pas extensible à l'infini, mais se gradue entre les mesures d'urgence et les mesures d'accompagnement de plus long terme.

On peut donc réquisitionner des logements vides (ce qui lésera forcément des personnes) ; des infrastructures privées ou publiques de façon exceptionnelle (ce qui lésera aussi d'autres personnes) ; et financer la location d'infrastructures d'habitations temporaires (ce qui aura un coût pour l'ensemble des citoyens) pour palier à l'urgence. 

Vient ensuite l'accompagnement de long terme qui demande des coûts plus élevés encore pour la collectivité, cela par le financement de logements à construire ou l'achat de logements déjà existants, ainsi que l'accompagnement social et les allocations nécessaires à l'aide nécessaire à ces personnes en situation de grande précarité. Il peut être décidé de raccompagner à la frontière les migrants illégaux en situation de grande précarité afin de soulager la collectivité des coûts de long terme que représente un tel accompagnement social et infrastructurel, pour mieux répondre aux besoins des nationaux. Mais la dimension humaniste sous-tendant nos politiques publiques, suppose de considérer les raisons ayant poussé des ressortissants étrangers à s'expatrier en France et terminer leur route directement dans la rue, plutôt que dans un logement digne. Ce qui suppose cette fois-ci de s'intéresser à ce qu'il se passe à l'extérieur de notre pays, des responsabilités que nous pouvons avoir dans ces processus migratoires, et des réponses à y donner. Ce qui signifie qu'avant même d'évoquer l'idée de raccompagner à la frontière une personne, il ne peut être éludé ce qu'elle retrouvera comme conditions de vie en son propre pays. Un réfugié de guerre risquant la mort s'il retournait dans sa patrie, ne peut décemment pas être raccompagné vers sa terre de naissance. Un réfugié économique sera en droit d'exiger que son retour puisse signifier des opportunités de travail et de revenus à même de subvenir à son existence. Mais le politique, s'il devait juger que les intérêts tant des sans abris disposant de la nationalité française que l'ensemble de la collectivité resteraient fragilisés par l'accueil et l'accompagnement de ces migrants devenus sans abris dans les faits, a aussi le pouvoir et même le devoir d'ignorer ces revendications qui sont extérieures aux intérêts qu'ils défend en premier lieu.

Je ne précise pas ma pensée propre à ce sujet, mais illustre par cet exemple précis, ce qui relève du politique imposant ses décisions et ses normes au nom de l'intérêt général, cela en cherchant le meilleur point d'équilibre sur le débat éthique sous-jacent à la résolution d'un tel problème.

Manifestement, s'il était avéré que l'ensemble des citoyens adoptaient un comportement empli d'humanité, que ce soit naturellement ou par une forme d'auto-discipline (relevant donc d'une forme de spiritualité), il n'y aurait pas 200.000 personnes à la rue, indépendamment de leurs origines nationales. On peut même faire remarquer que la plupart des gens qui n'ont que le mot "humain" à la bouche, sont souvent les plus hypocrites puisqu'ils attendent du politique qu'il règle pour eux, ce qu'ils ne se sentent pas le désir ou la contrainte consentie d'assumer eux-mêmes. Et je n'évoque ici que l'un des problèmes humains les plus graves, les plus immédiats et les plus aisés à régler pour l'ensemble de la collectivité en toute indépendance du politique. Quand on évoque 200.000 personnes à la rue sur une population d'environ 67 Millions d'habitants, que l'on s'abstienne de me dire qu'il faut considérer les choses avec humanité, surtout si l'on ne contribue pas soi-même à agir avec altruisme. 

Il faut donc distinguer très précisément ce qui relève d'un comportement individuel, finalement assez rare que l'on appelle "humanité" ; une contrainte spirituelle que l'on s'impose pour tendre vers un certain humanisme partagé collectivement et en dehors de la contrainte politique ; d'une solution politique empreinte de réalisme avec son lot de difficultés éthiques indépassables, mais dont l'ambition de long terme est de tendre vers une société utopique (et donc humaniste). 

Ainsi, je réponds à celles et ceux qui me reprochent de parler "comme les politiques", que c'est parce que je préfère faire usage du langage de la raison plutôt que celui de la religiosité ou encore celui de l'affect, que je m'exprime ainsi. Je choisi ce mode de résolution des problèmes de société, car je ne suis ni hypocrite, ni croyant en la dimension spirituelle ou même humanitaire de la majorité des êtres humains. J'ai totalement foi en l'idée que le langage politique s'élève au-dessus de notre dimension charnelle (c'est à dire nos émotions), et observe sans compromission l'ensemble des contraintes dont il faudra tenir compte avant de proposer la solution la moins immorale que possible pour répondre concrètement (par la puissance publique) à un problème de société donné. 

Reste une question : suis-je moi-même humain si je me comporte en politique désespérément froid et capable d'admettre que l'on peut léser certains groupes sociaux au profit de l'intérêt général ?

Et la réponse sera assez simple à formuler :

Il revient uniquement à ceux qui me connaissent en tant qu'individu (et non en tant qu'être politique), d'y répondre. Je suis la personne la plus mal placée pour juger de mes valeurs "humaines". Mais de la même façon, me juger sur les idées que j'expose sans me connaître personnellement, c'est précisément faire fi de ma potentielle humanité, et ne pas observer les rigueurs nécessaires au développement de la sienne propre.

Si je puis donc me permettre un conseil, en admettant d'emblée ne pas être la personne la plus sage pour en donner : ne parlons pas d'humanité, soyons humains autant que possible sans nous en glorifier. Ne mélangeons pas ce qui relève de la politique de nos comportements individuels autant que de nos cheminements spirituels, chaque mot à sa place pour décrire des choses très différentes. On peut refuser la voie politique pour changer le monde, mais il est inutile d'espérer d'un être politique qu'il embrasse notre cheminement spirituel ou adopte notre comportement humain qui n'est propre qu'à nous-même.

Que les choses soient donc claires pour tous ceux qui veulent m'embarquer dans leur philosophie pleine "d'humanité", je mettrais toujours un point d'honneur à vous désespérer en tant qu'être politique.

Sylvain Baron




mardi 3 janvier 2017

Le véritable état d'urgence

Combien de fois m'a t'on suggéré d'apprendre la patience s'agissant de toute forme de combat politique ? Je ne pourrais le dire, mais ce fut assez régulier pour que je puisse trouver en moi les ressorts nécessaires afin d'apprivoiser cette disposition d'esprit. Ce qui ne fut jamais fait et pour cause : je suis habité par un sentiment d'urgence. J'ai pleinement conscience des périls qui nous menacent, et je sais ô combien que notre inaction prépare les hécatombes de demain, tout en laissant se perpétuer celles d'aujourd'hui. 

Que l'on juge certains chiffres. Chaque année, ce sont plusieurs centaines de milliers d'innocents qui meurent dans des guerres dont on sait parfaitement qui les déclenche et les entretient. Une campagne de bombardement comme celle qu'a subit la Libye représente plusieurs dizaines de milliers d'engins explosifs largués chaque année sur les zones de conflit. L'industrie de l'armement se frotte les mains...

Plus près de nous, ce sont entre 400 et 500 sans abris qui meurent chaque année en France, du fait de ne pas avoir trouvé une réponse des services sociaux leur permettant de trouver immédiatement des solutions d'hébergement qui soient décentes et dignes. Si Dieu m'a épargné de connaître les horreurs de la guerre, j'ai expérimenté dans ma jeunesse ce que cela signifie d'être à la rue. Je ne souhaite à personne de connaître cette situation. Et pourtant, plus de 3,5 Millions de Français dorment aujourd'hui dans des abris de fortune selon la fondation Abbé Pierre. Dans un pays aussi riche que la France, c'est proprement scandaleux ! Et ce chiffre ne cesse d'augmenter avec ses corollaires. L'an dernier, les Restos du Cœur déclaraient avoir franchi la barre symbolique du million de bénéficiaires d'aide alimentaire. Comment peut-on trouver de la patience en soi, lorsque l'on est conscient jusque dans sa chair de ces réalités ? Sans doute, le gigantesque brasier qui alimente ma colère trouve son oxygène dans mon propre vécu, et pourtant, je me garde bien de le faire interférer dans ma réflexion politique générale qui ne peut souffrir de raccourcis émotifs pour être réellement analytique. Pour autant, faut-il pousser sous le tapis cette gigantesque machine à forger la misère qui nous est imposé au sein de nos propres frontières par des traités scélérats ? D'ailleurs, parlons économie pour évaluer dans quelle folie nous sommes embarqués :

Plus de 5,4 Millions de Français sont sans emploi ou ne parviennent pas à trouver du travail de façon régulière sur un total de 28,6 Millions de citoyens en âge de travailler. Si l'on considère le nombre d'étudiants infléchissant la définition que l'on donne à la population active, c'est donc près d'un Français sur cinq qui est sans emploi. Aucune famille n'est épargnée par ce fléau.

Je pourrais évoquer l'immense endettement public qui se superpose à une création monétaire sans discontinuer au profit de la spéculation outrancière d'un certain nombre d'entités financières. De la monnaie livrée quasiment gratuitement à des banques en notre nom, et qui s'évapore dans des produits financiers douteux pour l'essentiel, alors que les besoins de l'Etat, des entreprises et des particuliers sont immenses, quoi que bien moindres que ce qui est exigé par les vampires financiers qui nous assassinent. Une véritable mafia bancaire a pris le pouvoir sur les peuples, et nous la laissons décider de l'utilisation qui peut être faite de la monnaie que nous sommes seuls habilités en tant que nation, à émettre ou non.  Toute monnaie émise avec l'autorisation du Gouverneur de la Banque de France, est une dette contractée au nom du peuple et gagée sur nos impôts. Et pourtant, nul ne parle d'un impôt dû au système financier par le peuple.

Évoquons d'autres urgences encore. Chaque jour, plus de 165 hectares d'espaces naturels disparaissent en France sous le béton et le bitume. Ce chiffre est absolument fou. Tous les 10 ans, l'équivalent d'un département comme la Seine et Marne, se retrouve artificialisé définitivement par des routes, parkings, zones industrielles, centres commerciaux et immeubles. Ce phénomène qui n'est pas propre qu'à la France, contribue pour partie à l'éradication  de plus de 26.000 espèces animales et végétales de la Terre chaque année. Toutes les 20 minutes, une plante ou un animal est définitivement rayé de la surface du globe, ce qui outre la perte irrémédiable que cela suppose pour la science et en particulier la pharmacologie, constitue le témoignage d'une arrogance humaine que notre Terre nourricière saura un jour nous faire payer. Disposer du pouvoir de modifier notre environnement à loisir, implique une écrasante responsabilité pour l'Homme quant à son interaction avec la Nature. Considérer que seuls les animaux et plantes domestiques ont une quelconque utilité, c'est faire fi à la fois des services immenses rendus par la biodiversité à notre agriculture et notre médecine, mais plus philosophiquement, c'est rejeter la magnificence de notre Jardin d'Eden, ce qui pose la question de notre conscience collective quant à notre relation à la Nature. 

Mais si un seul chiffre devrait absolument effrayer l'ensemble de nos concitoyens, c'est celui-ci : 1500 Milliards de barils de pétrole. C'est plus ou moins ce qui reste de réserves de pétrole exploitable dans le monde sur un total d'environ 3000 Milliards de barils, dont la moitié a donc déjà été consommé par l'humanité depuis l’avènement de l'huile de pierre. Chaque jour, nous consommons l'équivalent de 95 Millions de barils de pétrole dans le monde, ce qui fait dire à l'ensemble des spécialistes - y compris par les industriels exploitant l'or noir - que d'ici une trentaine d'années tout au plus, la production de pétrole se sera effondrée drastiquement entraînant avec elle des conséquences économiques et géopolitiques majeures. Les gens de ma génération et celle qui me succède, vont connaître la fin du pétrole ! Or, comme il se trouve toujours des esprits suffisamment stupides pour balayer le problème d'un revers de main par des poncifs tels que "nous aurons trouvé autre chose d'ici là" ou "la science progresse", je tiens à faire remarquer quelques détails d'importance :

- La science n'est ni une religion, pas plus qu'un vecteur de miracles. Si nous savons déjà synthétiser des hydrocarbures de bien des façons, il faut bien comprendre qu'il y a une très nette différence entre capter de l'énergie immédiatement utilisable, et dépenser une certaine quantité d'énergie pour produire des hydrocarbures. En clair, si une technologie nous permet de synthétiser un litre de pétrole en dépensant l'équivalent énergétique d'un autre litre de pétrole, cette technologie ne résout en rien notre problème. Elle ne peut qu'au mieux le déplacer.

- Le pétrole a des propriétés uniques qui sont irremplaçables : outre la très grande quantité d'énergie contenue dans une goutte de ce précieux liquide, il est possible à stocker et brûler à moindre frais. A tel point que pour faire décoller un avion de ligne, nous n'avons strictement aucune solution alternative sérieuse. L'électricité vaut essentiellement pour les petits engins terrestres et les infrastructures fixes, mais pas pour les gros engins nautiques ou aérospatiaux. 

Sans vouloir m'appesantir sur les quelques solutions que nous avons dans les cartons comme le thorium, l'hydrogène ou la méthanisation de matières biodégradables, il faut être clair : ce que nous pourrons faire par de grands investissements stratégiques d'avenir, ne compensera jamais nos besoins quotidiens actuels, et encore moins la pénurie de pétrole à venir. 

IL FAUT DONC RÉDUIRE SIGNIFICATIVEMENT NOTRE CONSOMMATION

Ce qui me permet d'en arriver au réel sujet de cet article : 

S'il est une évidence que reprendre le contrôle de notre pays couvre des enjeux aussi importants que l'instauration de la démocratie et la promotion de la paix dans le monde ou encore la redéfinition de notre contrat social et environnemental, la véritable urgence pour notre génération, c'est décroître !

Non seulement, il s'agit de faire décroître toutes les sources de gaspillage énergétique par la réglementation, la fiscalité, et bien sur le progrès technologique, mais l'on ne pourra s'exempter de méditer la question démographique. C'est une réalité mathématique parfaitement objective de signifier que moins nous sommes de consommateurs, plus nous disposons de temps et de droit à l'énergie pour chaque individu. La croissance démographique érigée en dogme économique (puisque mécaniquement, elle suppose la croissance de la consommation, et donc de la production marchande) est une forme de suicide collectif à petit feu. Un suicide différé certes, et réservé essentiellement à nos enfants, mais un suicide collectif tout de même.

Nous dépendons totalement du pétrole. Des bateaux et des camions acheminent la nourriture que nous consommons avec du pétrole. Nos aliments sont produits avec des engins et des produits chimiques qui nécessitent du pétrole ; nous pouvons accepter un emploi à plusieurs dizaines de kilomètres de notre domicile, uniquement grâce au pétrole ; et nous extrayons l'ensemble des autres matières premières minérales indispensables à notre industrie ou encore à la production d'électricité à grande échelle, toujours avec du pétrole.

Et malheureusement, cette matière première constitue un enjeu géopolitique si puissant, qu'il est difficile de certifier la véracité de tous les chiffres qui nous sont communiqués. L'on sait cependant que déjà, le déclin est amorcé. Les champs pétrolifères de la Mer du Nord sont ainsi épuisés pour plus de la moitié d'entre eux. La quasi totalité des champs de pétrole conventionnel des USA est aussi tarie. Il est désormais nécessaire de pressuriser artificiellement le gigantesque champ pétrolifère de Ghawar (le plus important au monde) pour qu'il libère son précieux liquide en surface. Signe que le pic de production a été atteint. 

Ainsi, pendant que nous nous évertuons à refaire le monde sur les réseaux sociaux, sans jamais le refaire concrètement en commençant par en reprendre le contrôle dans la rue, l'horloge continue de tourner. Et nos perspectives quant à encaisser l'inéluctable s'amenuisent. Aussi, je ne comprends définitivement pas ceux qui me suggèrent de me montrer patient. Je suis un homme averti, et comme beaucoup de mes semblables, je tente progressivement de reprendre assez de contrôle sur ma propre vie, pour trouver le moyen d'assurer mon indépendance alimentaire et énergétique dans un proche avenir. Mais disposer à la fois d'assez d'informations pour en tirer les conclusions pro-survie qui en découlent, ainsi que les moyens matériels d'y parvenir, n'est pas le lot commun de l'écrasante majorité de l'humanité, et pour le moins, du peuple français. Quelle part de la population sommes nous prêts à sacrifier sur l'autel de notre inaction ? Combien de femmes et d'enfants périront dans les zones urbaines le jour où la pénurie de pétrole commencera à frapper d'abord sur les prix, puis dans la disponibilité réelle du produit ? Est-ce que chacun mesure le degré de violence et de famine que la fin du pétrole fera courir à notre population aujourd'hui ultra dépendante de cette ressource ?

Il y a donc bien une urgence véritable à faire la révolution. Nous avons la possibilité de convertir très fortement notre économie en une décennie seulement pour que la France soit en mesure d'absorber (non sans difficultés réelles toutefois) la fin du pétrole. Mais il faut commencer tout de suite !

Ceux qui me connaissent savent bien que je suis rentré dans le bouillon politique à partir de cette inquiétude sur l'épuisement des matières premières. Et je sais que beaucoup de gens de ma génération, partagent cette même inquiétude. Raison pour laquelle, il n'est pas acceptable d'entendre des discours qui laissent à entendre que l'attentisme serait une forme de sagesse. Nous sommes des êtres humains conditionnés à survivre. Si nos réflexes les plus primaires nous engagent à adopter un comportement pro-survie face à un péril immédiat et individuel, certains périls sont tout aussi menaçants et impliquent que notre stratégie de défense soit à la fois collective et et largement anticipée. 

J'en profite pour réfuter l'argument laissant à entendre que ce problème étant d'envergure mondiale, il ne peut donc être résolu que dans le cadre d'une coopération internationale. C'est à la fois vrai et faux. Si nous devons attendre que certains pays prennent des mesures en ce sens, alors autant nous suicider maintenant. Le propre de la souveraineté nationale, c'est de permettre à un peuple de décider directement au sein de son propre territoire politique, des mesures qu'il souhaite appliquer pour se prémunir d'un danger pouvant concerner l'ensemble de l'humanité. Nous ne sommes pas comptables des responsabilités prises ou non par d'autres pays. Nous ne pouvons qu'être responsables de nous-mêmes et nous imposer le devoir de protéger notre population, qu'importe que certains dirigeants internationaux tiennent à envoyer leur propre peuple au bord du gouffre. Nous en avons les moyens. La France est un grand pays industriel jouissant d'une géographie favorable à notre totale indépendance alimentaire et en grande partie énergétique si tant est que nous en prenions conscience.

Que chacun regarde ses enfants dans les yeux, et médite à sa propre part de responsabilité lorsqu'il refuse d'agir dans le sens d'une révolution concertée avec ceux qui savent. Nous sommes une minorité éduquée, mais pas encore agissante. Et la révolution, c'est à dire le renversement du personnel politique actuel et l'implémentation d'une nouvelle doctrine politique et culturelle à même de répondre à tous les périls qui nous font face, est une affaire de responsabilité pour les quelques milliers d'individus ayant parfaitement compris où nous en sommes et quelles sont les solutions qui s'offrent à nous. Le débat politique sur facebook autant que la pédagogie populaire ne sont pas de nature à générer une révolution. Cette dernière ne peut naître que dans la rue, et elle exige que notre dissidence se soulève. Si ce n'est pour elle-même et le peuple dans laquelle elle est inscrite, c'est encore une fois pour nos enfants. Voila pourquoi je parle de responsabilité. Nous pouvons faire le choix de l'inaction si nous n'avons personne à chérir et sauver. Il n'en va pas de même quand on a une famille à protéger...

Il serait temps que le tocsin sonne dans les esprits de ceux qui croient que nous avons tout le temps de débattre de politique entre nous et éduquer la totalité de la population à nos connaissances géopolitiques et économiques. Il est des circonstances historiques, où il est un enjeu vital qu'une dissidence éclairée d'un pays cesse de se renier dans sa propre légitimité à gouverner, et accepte la douloureuse nécessité d'occuper la rue pour prendre le commandement de son pays de façon arbitraire, quand bien même dans une ambition altruiste et protectionniste. Nous offrirons la démocratie et l'Etat social aux Français quand nous aurons le pouvoir. Pour le moment, l'urgence, c'est de le prendre sans nous soucier de notre légitimité ou de la réaction de l'oligarchie à tout ce que nous entreprendrons contre ses intérêts. Ayons un peu de courage, d'autres avant nous sont morts pour que nous héritions d'un pays sur lequel personne d'autre que notre peuple puisse le gouverner. Où se trouve notre mérite et notre honneur si l'on se comporte comme des moutons fébriles et apeurés à l'idée de tout changer ?

Changeons le monde tout de suite et concrètement !

Il y a urgence !