jeudi 20 juillet 2017

De l'autorité légitime.

Le président Emmanuel Macron débute donc son mandat, en défiant l'institution militaire et en cherchant à lui imposer son "autorité"

Mais il témoigne ici qu'il ne mesure pas la différence entre commandement militaire qui lui est conféré par la Constitution - ce qui est relativement neutre - de ce qui relève de l'autorité légitime. Il convient ici d'aborder quelques aspects de la question, pour ne pas laisser d'impressions erronées sur ses fondements.

L'autoritarisme des chefaillons ne peut en effet être confondu avec l'autorité naturelle des grands Hommes.

Toute personne revendiquant ostensiblement son autorité sur les corps régaliens de l'Etat, explicite en vérité qu'il n'en a aucune. L'autorité ne se revendique pas, ne se justifie pas, elle est le résultat silencieux mais tacite d'un consentement. Aucune disposition constitutionnelle ne légitime l'autorité humaine et politique sur un peuple en arme. Le distinguo doit être opéré, et c'est d'ailleurs ce qui fut fait à la Libération le 9 Août 1944 par le général De Gaulle, et pourrait être renouvelé afin de clôturer le mandat du chefaillon Macron.

Rappelons que plus près de nous, il y eut deux autres moments où l'Armée Française, chercha à rétablir d'une façon ou d'une autre la puissance de l'Etat face au politique.

La première fois en 1958 lorsqu'elle fit pression sur le parlement pour installer De Gaulle au mandat de président du Conseil, la seconde fois en 1961 pour se rebeller sur la question de l'Algérie. Contrairement à toutes nos ex-colonies, il y avait un fort sentiment d'attachement et d'interconnexions familiales avec l'Algérie française pour beaucoup de nos concitoyens de l'époque, et c'est ce qui explique pourquoi la séparation s'est faite dans la douleur, et s'est accompagnée d'un schisme profond ayant altéré la discipline militaire tant au sein même de l'institution que face au politique.

Si ces périodes de crises sont considérées comme dangereuses pour la démocratie par les bien-pensants qui jouissent du droit d'exposition médiatique, la réalité est tout autre l'essentiel du temps.

Depuis l'Antiquité, l'on sait que la plèbe romaine préférait accorder sa confiance aux chefs militaires pour assurer la Justice, plutôt qu'en laisser le total contrôle aux puissants sénateurs. La plupart d'entre eux était tout aussi hostile aux intérêts du peuple que ne le sont nos parlementaires d'aujourd'hui. Cette reconnaissance instinctive de l'autorité militaire comme supérieure à celle de la représentation politique, découle d'une raison historique : tout citoyen romain pouvait échapper à l'impôt et au paiement de ses dettes, en s'engageant dans l'armée. La dimension civique de l'institution était déjà pleinement consacrée. Les lois de Lucius Sartunius et Caïus Glaucia en - 100 avant Jésus-Christ, retirèrent même aux sénateurs (généralement créanciers de la plèbe) leur droit de siéger dans les tribunaux, au profit des chevaliers. L'Armée était alors déjà une institution qui garantissait l’élévation au mérite, et non pas sur la fortune. Le citoyen romain qui revenait à la vie civile, était donc respecté pour avoir survécu et voyagé dans des contrées hostiles, mais aussi parce que même devenu un soldat, officier ou général reconnu pour ses faits d'armes, il restait pour grande partie issu de la plèbe et donc plus en phase avec les intérêts du peuple.

Après 2000 ans d'histoire gallo-romaine, de féodalité franque et de construction lente du pré carré de l'Etat, ce lien entre l'armée et la nation ne souffre toujours pas de contestation. La nation étant en substance : le peuple disposant de la souveraineté politique sur les institutions créées sur son propre territoire. Un peuple qui ne dispose pas de son droit à l'auto-détermination comme les Kurdes ou Palestiniens, n'est pas une nation. C'est un peuple soumis à tous les arbitraires.  Pour qu'un peuple existe, et puisse définir le territoire où il compte exercer sa souveraineté politique - en général sur la base d'une communauté de langue et donc de compréhension mutuelle - il lui faut être en capacité d'une part de repousser toute manœuvre militaire hostile sur son territoire revendiqué, mais aussi disposer du contrôle sur sa propre représentation politique. C'est pour cela que depuis la tribu jusqu'à la nation, le peuple s'arme pour se défendre tant des autres que d'une partie de lui-même. Et c'est aussi pour cette raison que la représentation militaire du peuple, reste instinctivement considérée comme la plus légitime à exercer son autorité, y compris sur le politique lorsque c'est nécessaire. Le glaive tranche tous les débats.

Comme il est parfois nécessaire d'illustrer une idée par son exagération pour mieux appréhender sa subtilité dans son quotidien, je nous propose un petit détour sur un exemple apocalyptique permettant d'anticiper ce qui adviendrait si la France devait subir une crise majeure. Admettons directement une guerre, comme ce qui est advenu en 1939, mais cette fois-ci, nous n'avons plus de pétrole, nous avons plusieurs villes rayées de la carte, le parlement a été détruit, le gouvernement est vacant, plus de la moitié de la population a été décimée par la faim ou les bombardements et nous sommes au premier jour de la paix.

D'une part, toutes les technologies et moyens de garantir leur alimentation en énergie ne seront pas réduits à néant sous prétexte d'une guerre majeure. Dans les campagnes et certaines villes, on aura été plus épargné ou solidaire. Ceux qui avaient un poste dans la fonction publique ou l'armée, auront continué même sans solde ou traitement, de faire fonctionner les institutions autant que faire se peut. Les gens disposant d'un savoir-faire, auront continué d'exercer celui-ci et seront même en situation de le valoriser après le conflit. Et c'est l'armée, qui en dernier recours, si le politique n'est plus en capacité d'exercer l'intendance, qui organisera la logistique pour ravitailler les populations, rétablir les institutions en souffrance, et l'état de droit si nécessaire. Même sans police disponible, le renégat d'un scénario à la Mad Max reconnaîtra lui-même l'autorité de l'Etat qu'il défie, s'il se trouve face à un soldat en uniforme. La police n'étant qu'une division juridique opérée sur la part légalement armée du peuple, pour assurer sa sûreté intérieure uniquement.

En clair, quand Max Weber explique que l'Etat jouit du monopole de la violence légitime à son propre profit, il ne témoigne que d'une autorité qui est consentie par les civils aux forces armées qu'ils nourrissent de leur propre chair, et qui en dernier recours, ont une extension politique et de justice. S'il faut passer par l'épée le traître que l'on rend responsable de l'effondrement de l'Etat et des millions de morts qui en ont auront découlé, il ne se trouvera aucun citoyen ou sujet pour contester le général qui prendra cette responsabilité. Le plus souvent et cela depuis Napoléon, l'Armée se borne à faire pression sans être sanglante. 

En Tunisie, ex colonie française, le 14 Janvier 2011, ce n'est pas la révolte populaire qui a précipité la destitution de Ben Ali, mais le fait que l'essentiel des officiers militaires ont contesté l'autorité de celui-ci jusqu'à lui suggérer de faire ses valises. Les civils n'ont pas pénétré le palais présidentiel pour chasser leur chef d'Etat. Tout s'est déroulé sur la confrontation entre quelques généraux disposant d'une réelle autorité sur leurs soldats, et la garde rapprochée du dictateur. Une fin de partie a été sifflée, l'oligarchie tunisienne a compris qu'elle n'avait plus de contrôle sur le consentement de cette partie de la nation, qui est pourtant armée au service de l'Etat. Cette dernière ne répond pas des turpitudes politiques de ceux qui prétendent représenter le peuple, mais joue au contraire un rôle essentiel dans la résistance à toutes les formes d'oppression. L'Armée tunisienne n'a pourtant pas pris le pouvoir, elle s'est bornée à créer les conditions de la vacance du chef de l'exécutif, la constitution tunisienne a fait le reste pour que s'opère la transition. L'institution militaire à bien l'observer, est un réel contre-pouvoir que les législateurs se refusent à distinguer pour tenter d'en garder le contrôle.

Face à cette contrainte purement légale, l'Armée a pour le coup une façon très latine et moderne d'opérer, et la France tout comme la vieille Carthage est indéniablement un pays qui procède d'une culture greco-romaine dans son ordre militaire et politique. A-t-on vu les révolutionnaires tunisiens s'inquiéter de ce soutien de l'Armée à leur colère ? En aucun cas, les soldats étaient eux-mêmes issus de la plèbe, et le peuple en arme commande.

Ce que M. Macron ne comprend pas lorsqu'il se permet de défier l'Armée qui conteste sa politique de démantèlement matériel et humain - et plus en profondeur l'utilisation douteuse de nos forces sur des conflits qui nous sont étrangers - c'est qu'il s'attaque se faisant à une institution qui a son propre mode de fonctionnement et sa propre représentation de l'autorité.

L'Armée ne valorise que le mérite et l'honneur pour se hisser à des responsabilités supérieures et juger les Hommes. Elle se montre exigeante avec elle-même pour satisfaire au bien être social, moral et sanitaire de ses soldats. Elle incarne dans sa forme primaire, une certaine idée de notre aspiration sociale. Elle est aussi une institution qui est intégralement incarnée par des jeunes Français qui à l'égal de tous les autres, sont plus ou moins bien informés des petites et grandes trahisons de nos élites politiques. Et il ne faut pas croire que les militaires sous prétexte d'un devoir de réserve, s'abstiennent de parler de politique en dehors de leur service. Nous sommes tous des êtres politiques. Fondamentalement. Les militaires ne font pas exception à la règle, ils jouissent d'une conscience.

Personne ne veut pourtant être le premier à défier la légitimité des mandatés de l'oligarchie financière, cela par principe de discipline. Mais l'autorité politique et militaire ne revêt cependant pas, encore une fois, d'une quelconque disposition constitutionnelle pour se maintenir dans le temps. Or, M. Macron semble parier sur l'apathie populaire et les artifices de sa communication pour établir ce qu'il croit être une "autorité", sans mesurer qu'il n'a aucun contrôle sur l'ensemble des forces d'opposition qui s'activeront durant tout son mandat à contribuer à sa chute. Il ne peut anticiper ce qui pourrait faire sens aux yeux du peuple dans les semaines et mois à venir, et générer des millions de manifestants et des usines à l'arrêt pour le forcer à la démission. Ce n'est pas parce que le peuple est léthargique depuis près de cinquante ans, qu'il ne se réveillera pas du jour au lendemain...

Dans ce cadre, avoir été assez idiot pour insulter l'institution militaire en faisant de celle-ci une variable d'ajustement budgétaire tout en déconstruisant la patrie pour la livrer à des intérêts étrangers hostiles, peut conduire à sa chute tout mégalomane aussi jupitérien et arrogant soit-il à la première insurrection civile venue.  L'Armée est en un certain sens, le juge de paix pour rétablir l'autorité de l'Etat et la paix sociale. Elle répugne à défier elle-même les roitelets illégitimes, mais si ce déficit d'autorité est acté dans la rue par la majorité du peuple, et que la capacité défensive de la France est par ailleurs jugée comme trop altérée par la chaîne de commandement, les généraux et officiers ayant l'autorité (réelle) sur des régiments sensibles, auront toute la latitude pour suggérer à l'usurpateur du commandement suprême, d'avoir l'obligeance de faire ses valises et démissionner de ses fonctions sans discuter. 

Depuis 1961, jamais plus l'Armée n'avait donné autant de signaux d'alarme sur un déficit d'autorité militaire du pouvoir politique. C'est la première fois depuis des décennies qu'un chef d'Etat-Major rend son képi, et si je m'abstiendrais de préjuger de l'action future du Général François Lecointre pour défendre les intérêts de la patrie, je regrette cependant le déshonneur paradoxalement nécessaire que cela laisse planer en ne faisant pas bloc derrière le Général Pierre De Villiers, cela par le refus discret ou ostensible de la charge.

Si aucun officier n'avait accepté de remplacer le Général de Villiers, la crise politique aurait pris une toute autre tournure, du fait d'une défiance cette fois-ci ostensible de l'ensemble des réels chefs militaires du pays. Macron aurait alors dû se soumettre à la réelle autorité de l'Armée sur des revendications bassement budgétaires, mais aussi sur le maintien d'un général au rang de chef d'état-major des armée à ses côtés, alors qu'il l'avait insulté publiquement. Ainsi, le Général Lecointre se trouve dans une position très inconfortable en assurant la continuité du haut commandement militaire de la France.

Deux signaux parmi beaucoup d'autres plus diffus dans le temps, témoignent que M. Macron sait déjà le caractère purement factice et illusoire de son "autorité".

D'une part, la haie d'honneur que les officiers du Ministère de la Défense ont organisé pour le départ du Général de Villiers. C'est une façon subtile et tout à fait fidèle à l'esprit de corps de faire passer un message politique au président de la République. D'une autre part, le fait que M. Macron s'est senti obligé de se justifier sur son autorité sur les armées pour la seconde fois le 19 Juillet 2017, sur la chaîne BFM Tv. Ce dernier a tenté d'évincer l'autorité du chef d'Etat-Major qu'il vient de nommer, sur la stratégie de défense et les moyens technologiques, humains (et par conséquent financiers) qui s'y adjoignent. M. Macron se prétend-il plus compétent que son propre chef d'Etat Major pour définir ce qui est nécessaire aux capacités opérationnelles des armées ? Dans quel régiment militaire M. Macron a t'il servi pour justifier d'une compétence supérieure sur un général d'armée quant aux besoins vitaux de celle-ci, pour assurer sa mission de défense ?

Du reste, notre dissuasion nucléaire a un coût, et il est du devoir du chef d'Etat-Major, d'informer la population dans le cadre des commissions parlementaires, si les crédits nécessaires au maintien de notre indépendance nationale sont clairement insuffisants. M. Macron oublie sciemment de rapporter qu'il est du devoir du parlement de contrôler l'action des ministres au regard des nécessités de fonctionnement de l'Etat. Concédons que lui et son équipe de campagne, n'a pas sélectionné les députés de "La République en Marche" parmi les moins opportunistes et cupides de nos concitoyens, valeurs habituelles des oligarchies naissantes ou régnantes. Il en a détruit une pour en créer une nouvelle de toute pièce, mais qui est toute aussi crasse et dévolue à ses propres intérêts particuliers que les fantômes de la précédente. Il sait obtenir (pour le moment) son consentement à son jeu de macabre destruction, mais là encore il ignore quelles pressions pourront être exercées sur les parlementaires dans l'avenir, ni des formes qu'elles prendront. M. Macron qui n'ignore pas les lois constitutionnelles en vigueur, oublie cependant que le commandement dont il dispose, ne tient qu'à la mesure que le peuple et son armée s'abstiennent de faire valoir leur union sacrée pour le renverser. Le pouvoir de n'importe quel chef d'Etat, y compris en France, est très relatif. Il ne tient que sur le consentement du peuple à son propre asservissement. Mais il y a des lignes de rupture qu'il n'est pas bon de franchir en sachant que la mémoire collective s'en nourrit pour exulter ses futures violences insurrectionnelles.   

Une autorité qui est manifeste ne se revendique pas, il ne faudra jamais cesser de le dire. Depuis la première guerre d'Irak, puis celle de Yougoslavie jusqu'à celles actuellement en cours en Afrique et au Moyen-Orient, l'armée française a du avaler toutes les couleuvres, que ce soit sur la légalité de l'usage de l'institution dans ces conflits, ou les moyens qui lui sont conférés pour les assumer. Le patriotisme qui est en outre une dimension culturelle forte dans la soldatesque et jusque dans les sphères de commandement, est une valeur constamment heurtée par les responsables politiques, tous soumis à une idéologie mondialiste et anti-France très éloignée de celle qui motive l'engagement des militaires.

Dans ce contexte de crise morale, politique et budgétaire, Macron a révélé son incompétence à mesurer son rôle d'arbitre et non de gamin capricieux,  pour garantir la solidité des institutions. Nous ne verrons pas forcément l'Armée aller plus loin dans sa grogne, mais si jamais elle trouve l'opportunité dans le cadre d'une révolte civile, de rappeler au président la relativité de son "autorité", il est probable qu'un certain nombre de généraux n'hésiteront pas à poser l'acte final de l'insurrection qui vient...

mardi 18 juillet 2017

Lettre ouverte à l'Ambassadeur d'Arabie Saoudite

Mohamad Ben Nayef en mars 2016 avec Emmanuel Macron
Monsieur l'Ambassadeur,

Je tenais à vous écrire pour vous faire connaître mon admiration pour votre pays.

Tout d'abord, je tiens à remercier vos autorités politiques qui ont le mérite d'avoir beaucoup d'humour. En mettant à l'index le Qatar pour le financement du terrorisme que vous lui reprochez, j'avoue que je n'ai pu m'empêcher de rire aux éclats toute une nuit durant. Souhaitez-vous Monsieur l'ambassadeur, que l'on fasse état des achats massifs d'armes et munitions en Europe Centrale par l'Arabie Saoudite ? Armes, qui je le rappelle, sont retrouvées très étrangement en Irak et en Syrie dans les mains de vos mercenaires. Quelle est votre explication sur le fait qu'aucun des importateurs saoudiens à l'origine de la logistique permettant d'armer les terroristes, n'ait été inquiété ? Des membres de la famille peut-être ? Ou juste un service rendu à l'Oncle Sam ?

Nous manquons d'humoristes en France, si jamais la famille Saoud souhaite se reconvertir dans les métiers du cirque, sachez que nous serons ravis de les accueillir sur notre sol dans ce seul et unique but.

Comme vous n'êtes pas avares dans l'art de la farce, rien ne nous amuse plus que la liturgie sectaire et bouffonne que véhiculent vos Oulémas avec son lot de doctrines ultra rigoristes, tandis que vos princes forniquent à tout va, se comportent comme des marchands du temple, et collaborent avec les U.S.A et Israël contre les intérêts des populations arabes au Moyen-Orient.

Au peuple saoudien l'asservissement total, aux héritiers du Royaume la belle vie. Et d'ailleurs, les Oulémas qui sont aussi spirituels qu'une tranche de jambon, semblent silencieux sur la guerre totalement dégueulasse livrée au Yemen par l'Arabie Saoudite. C'est évident, contribuer directement ou indirectement à tuer des gens, cela relève d'un très haut niveau de sagesse, de spiritualité et de respect de Dieu et sa création.

Ceux qui se sont indignés de l'entrée de l'Arabie Saoudite au Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU, ne peuvent pas comprendre les valeurs humanistes qui sont les vôtres. D'ailleurs, même le Diable en personne ne pourrait pas vous comprendre non plus : jamais il n'avait exigé d'aller aussi loin dans l’hypocrisie et la barbarie. Si votre Dieu est en vérité Lucifer, au moins que l'élève ne tente pas de dépasser le Maître.

Je rappelle que selon l'oligarchie américaine et européenne, les méchants dictateurs (laïcs et socialistes) se trouvaient en Irak, en Libye et en Syrie, tandis que l'Arabie Saoudite n'a jamais été inquiétée. Pourtant, au regard du système de valeurs occidentales, les salauds, les dictateurs, les ordures qui oppriment les populations, sont moins des dirigeants baasistes du croissant fertile, que les cinglés qui dirigent votre pays. La France aurait par exemple raison de ne plus se souiller en relations diplomatiques et commerciales avec votre pays, tant que vous n'aurez pas accordé la liberté d'opinion à tous vos sujets (y compris sur l'apostasie), ainsi que des droits équivalents entre les femmes et les hommes.

C'est d'ailleurs ce dernier sujet qui est la raison de ma missive.

Pendant des années, je croyais que votre pays était uniquement peuplé par des hommes et des fantômes. Je n'imaginais pas que des femmes puissent vivre dans votre pays jusqu'à tomber sur ce cliché d'une jeune saoudienne que vos autorités ont récemment arrêté :


Je suppose que votre humanisme va vous conduire à au choix : la décapiter ; la lapider ; la fouetter ou tout autre sévice pouvant expliquer votre présence au Conseil des Droits de l'Homme afin de montrer par l'exemple ce qu'il ne faut pas faire.

Mon Dieu, vos Oulémas ont vu un bout de chair et les voilà qui mouillent la culotte ? En France, pays qui à défaut d'être une Démocratie a le mérite d'aimer ses femmes et leur donner des droits équivalents à ceux des hommes, voir une femme vêtue comme la demoiselle très courageuse que vous avez arrêté, c'est notre lot quotidien dans la rue.

A part quelques tarés comme partout dans le monde, l'écrasante majorité des hommes sont totalement indifférents aux passantes que vous considérez comme si court-vêtues. Oui Monsieur, une femme en jupe, ça ne nous fait ni chaud, ni froid. Et cela pour trois raisons :

  1. Contrairement à vos autorités politiques et religieuses, les Français sont globalement en bon état de santé psychique. Nous ne sommes ni des sadiques, ni des pervers, ni mêmes des frustrés. Nous ne raisonnons pas avec notre pénis sous prétexte d'être exposés à un peu de chair féminine. Si vos Oulémas ont un soucis avec le corps féminin, qu'ils demandent à leurs épouses de leur montrer à quoi cela ressemble. Qu'ils essayent de ne pas les violer sur le champ pour constater que l'on peut très bien survivre émotionnellement à l'exposition de la chair nue. Après tout, quand on est capable de  pratiquer le ramadan, se priver de sexe quelques heures ou quelques jours est-il si impossible à imaginer ?
  2. Nos femmes sont libres de faire ce qu'elles veulent. Ce ne sont pas animaux ou des sous-hommes, mais bien des êtres humains disposant d'un esprit et d'une sensibilité à l'égal des hommes. J'ajouterais qu'au regard du comportement de vos sujets masculins avec les Saoudiennes, qu'il est fort probable que les Français reconnaîtraient plus d'humanité à vos sujets féminins dans votre pays, ce qui pourrait bousculer un peu nos considérations sur l'égalité entre les sexes.
  3. Les Français n'ont nul besoin de cacher leurs femmes dans des draps noirs, ni même leur interdire de sortir et voyager et encore moins de les violer. Les Françaises étant libres en leur pays, les hommes n'ont aucune difficulté à rencontrer celle qui pourra partager leur vie ou tout du moins leur lit, ce qui a l'immense avantage de réduire drastiquement les frustrations sexuelles des mâles, et par conséquent, prévenir un très grand nombre de viols. Nous comprenons en revanche que les délires complètement sectaires et paranoïaques de vos autorités religieuses sur la condition des femmes, empêchent vos sujets mâles de pouvoir rencontrer librement ces dernières, tomber amoureux et avoir une vie sexuelle satisfaisante.
Monsieur l'ambassadeur, comme il est évident que le produit marketing qui a été élu dernièrement président de la République en France, se montrera bienveillant à votre égard, je vous écris le courrier qu'il ne vous fera jamais parvenir à propos de cette jeune femme.

Non que je pense que mon arrogance et mes critiques soient de nature à la sauver, mais à minima pour vous rappeler quel « état de droit » vous représentez, si l'on considère toutefois que l'Arabie Saoudite est bien un état de droit. Ce qui reste encore à démontrer.

Peut-être êtes vous insensible au fait que le reste du Monde considère votre pays et vos croyances comme étant la lie de l'humanité, mais si je devais entendre tout ce que j'ai pu vous écrire à propos de mon pays en tant qu'ambassadeur, il est probable que je tenterais tout ce qui m'est humainement possible pour rétablir l'honneur de l'Etat que je représente.

A votre niveau, et parce qu'il est bien naturel que des citoyens français vous interpellent à ce sujet, il serait tout à fait normal que vous réclamiez pour la jeune femme qui a vu ses photos privées diffusées sur internet, la mansuétude de ceux qui auront à la juger afin de ne pas altérer plus encore l'image de votre Royaume aux yeux du reste du Monde, et pour le moins aux yeux des Français.

Sachez toutefois que vous pouvez expliquer à vos sujets féminins, qu'elles peuvent tout à fait venir en France en tant que réfugiées politiques si vos sujets masculins n'aiment pas leurs femmes. Que ces derniers sachent qu'en France, nous nous ferons un plaisir d'accueillir les Saoudiennes et leur faire goûter au droit de vivre librement.

Je vous prie de croire, Monsieur l'Ambassadeur, en l'assurance de ma respectueuse considération.

Sylvain Baron



dimanche 30 avril 2017

Pourquoi l'UPR a échoué ?

Le 23 avril 2017, à l'issue du premier tour du scrutin des élections présidentielles françaises, ce sont des dizaines de milliers de sympathisants et militants de l'UPR qui ont été sonnés par la sanction sévère des électeurs à l'égard de leur candidat François Asselineau. A peine 0,92 % des votes exprimés ont profité à l'UPR, malgré un programme de rétablissement de notre indépendance nationale aux accents quasi-révolutionnaires. François Asselineau déclarera alors à l'issue du scrutin : "j'ai fait ce que j'ai pu". Et c'est ici que je compte débuter mon analyse, car le président de l'UPR n'a pas fait ce qu'il a pu, mais ce qu'il a voulu...

Qu'on s'entende bien ici : j'ai moi-même voté pour l'UPR, et je connais parfaitement son fonctionnement et les idées défendues. Je ne blâme pas M. Asselineau d'être la personne qu'il est. Je lui dois - je resterai toujours honnête à ce sujet - mon éveil sur les questions de souveraineté et mon intérêt pour le droit de façon générale. Ses conférences ultra pédagogiques sur l'histoire et le fonctionnement de l'U.E et l'euro ainsi que sa volonté d’interagir avec son public en font un homme politique remarquable qui méritait sincèrement un peu plus de reconnaissance des électeurs. Même M. Mélenchon accorde moins d'importance au peuple qu'il prétend défendre, en se bornant à donner des meetings avant de s'éclipser laissant ses partisans sur leur faim (ou leur enthousiasme religieux).

Une fois cela dit, quelles sont les raisons de l'échec de l'UPR ? Il n'y en a qu'une à un premier niveau d'observation : la censure.

Une censure qui sévit désormais depuis 10 années (l'UPR a été fondée le 25 mars 2007) et qui n'a jamais cessé d'indigner profondément les sympathisants de cette formation politique, aujourd'hui plus solide en nombre d'adhérents que la plupart de ses concurrents, excepté le F.N, le P.S et L.R.

En mai 2014, l'UPR revendiquait déjà 5000 adhérents et clôturait l'année 2015 avec le double encore de ce chiffre. A la veille du scrutin, plus de 25.000 personnes adhéraient à l'UPR. Ce n'est donc pas une petite formation politique, mais au contraire, une puissante organisation militante. En témoigne le fameux trolling des sympathisants d'Asselineau sur à peu près tout ce que la toile dispose de pages consacrées au débat politique, autant que le nombre d'affiches de propagande qui ont fleuri partout en France ces dernières années. Même en se désintéressant de la personnalité, du parcours et des idées de M. Asselineau, il est difficile pour tout observateur un peu honnête de le ranger dans la très commode case de "petit candidat". Il n'en était pas un du tout.

Mais alors, comment se fait-il qu'une telle organisation, forte d'un puissant moteur militant et idéologique, ne soit jamais parvenue à renverser le climat de censure (et de calomnies) qui sévissait contre elle ? C'est là que nous devons creuser vers un deuxième niveau de réflexion pour comprendre que M. Asselineau n'a pas fait " tout ce qu'il a pu" comme il le prétend, mais bien ce qu'il a voulu

Puisque le problème principal se situait dans l'accès à une médiatisation minimale des propositions de François Asselineau afin d'obtenir une notoriété suffisante pour rassurer l'électorat (et pour le moins, le réinformer correctement sur la question européenne), le seul objectif qui aurait dû être celui de l'UPR depuis sa création (où disons depuis courant 2012-2013 où le réservoir militant commençait à offrir des perspectives), aurait dû être de briser cette censure. 

Bien entendu, M. Asselineau n'a évidemment jamais souhaité subir cette omerta médiatique, mais pour autant, a-t-il réellement fait tout ce qu'il pouvait pour l'enrayer ?

S'il est manifeste que la communication de l'UPR s'est profondément améliorée dans les formes au fil des années, elle est restée cantonnée aux réseaux sociaux, ainsi que sur des médias alternatifs ou de petites radios communautaires. Cependant, au vu des millions de Français qui restaient ignorants de ses propositions, car cloisonnés dans le ron-ron du "mainstream médiatique", les passages radio et web de l'UPR étaient insuffisants. L'enjeu, rappelons-le, n'était pas la promotion de François Asselineau ou même de l'UPR, mais bien de renverser l'establishment politico-médiatique qui asservit le peuple français dans l'U.E et l'euro par voie de propagande essentiellement.

La question éthique, morale, et en fin de compte politique sous-jacente, n'est pas légère. Soit nous sommes en Démocratie, et dans ce cas, il n'est pas nécessaire de se dépasser dans sa communication pour faire entendre ses idées à l'ensemble de la population (surtout pour une organisation politique aussi bien structurée que l'UPR), soit tout indique que nous subissons exactement les mêmes phénomènes de propagande qu'ont connu les allemands ou les russes dans leur histoire récente, et dans ce cas, il n'y a aucun doute sur la nature totalitaire du régime auquel nous sommes assujettis. Et c'est dans ce cadre que la Légitimité d'une authentique Révolution peut intervenir (si tant est qu'elle vise à assainir profondément les choses sur le plan démocratique).

Seulement pour M. Asselineau (et cela malgré son éducation sur l'Histoire), la révolution est forcément violente et sanglante. Je n'ai pas retrouvé le passage, mais c'est bien un propos qu'il tient dans une vidéo qu'il publiera quelques jours après le premier tour des présidentielles. 

Sans aller jusqu'à dire que ces bouleversements insurrectionnels n'attisent pas des comportements irrationnels ou violents d'une partie des insurgés (comme il en va des forces qui s'y opposent), il y a eu dans l'Histoire récente, des épisodes qui méritent notre attention. Le dernier en date est le renversement de la présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye grâce à une mobilisation puissante, durable et pacifique des citoyens coréens. Si l'on remonte dans le temps encore un peu, la Thaïlande a connu aussi un réel épisode révolutionnaire il y'a quelques années, avec des sit-in récurrents organisés dans la Capitale au point que l'Armée (pratiquant volontiers l'ingérence politique dans ce pays) a fini par réprimer durement (mais sans succès durable) ces mobilisations populaires. Si l'on remonte encore un peu dans le temps, la révolution tunisienne n'a pas pris à proprement parlé, de détours sanglants. Bien entendu, la répression autant que la contestation était forte, mais au final, malgré le fait que 338 Tunisiens ont perdu la vie durant ce moment, la révolution tunisienne reste considérée comme essentiellement non-violente. Il en va de même pour la Marche du Sel initiée en 1930 par Mohandas Karamchand Gandhi. Si elle n'aboutira pas à l'expulsion du colon britannique dans un premier temps, elle n'en restera pas moins un remarquable exercice de protestation politique non-violente avec des accents profondément révolutionnaires. D'autres épisodes de l'Histoire du Monde, chaque fois différents dans leur contexte propre, témoignent que la Révolution n'est pas forcément synonyme de sang versé. 

Sit-In à Bangkok en 2013
Tout dépend de ce que l'on veut et comment l'on s'organise. 

Une organisation politique très structurée peut jouer de tout un arsenal de moyens de pression profondément populaires pour mettre en sérieuse difficulté un gouvernement félon au pouvoir. 

Mais M. Asselineau, pour des raisons très diverses, ne tient absolument pas à ce que l'UPR soit une "Union Populaire Révolutionnaire". L'UPR est ainsi l'un des rares partis politiques qui ne publie aucun journal pour se faire connaître des citoyens et susciter des adhésions. Il n'y a pourtant rien de fondamentalement "révolutionnaire" à une telle démarche, mais c'est tout de même un minimum quand les médias nous ferment leur porte, que de répondre par son propre organe de presse militant. 

M. Asselineau n'a pas non plus souhaité s'inspirer de M. Mélenchon sur sa communication de plein air. C'est pourtant excessivement astucieux. Rien de mieux pour se faire connaître du plus grand nombre que de conférencer directement sur les places publiques. Même le Général de Gaulle (pourtant cité à maintes reprises par François Asselineau) avait produit son célèbre discours de Bayeux en plein air. Est-il nécessaire d'ajouter que le président de l'UPR, répugne à organiser des manifestations ou des "buzz" (pourtant très attractifs pour les journalistes), qui pourraient de très loin permettre à ses partisans de se réunir et démontrer qu'ils existent ? J'ajoute pour être précis (et certains m'accuseront sans doute de vouloir faire un rattrapage quelconque) avoir envoyé un sms à M. Asselineau quelques jours avant la fin de sa campagne, pour lui proposer en tant qu'activiste indépendant, d'organiser un sit-in sous les fenêtres de la Maison de la Radio ou sévissent nombre de chiens de garde (comme Patrick Cohen), où, à n'en pas douter, nombre de de ses sympathisants auraient été ravis de venir faire une petite démonstration de force... dans le calme républicain. J'attends encore aujourd'hui sa réponse à mon message.

Nous pourrions ajouter que lorsque certains de ses partisans ont eu l'audace de décrocher symboliquement des drapeaux européens et les restituer à la gendarmerie la plus proche pour démontrer l'absence de soustraction frauduleuse, François Asselineau s'est montré excessivement critique. Oublie-t-il, lui, l'homme féru d'Histoire que toutes les Révolutions ont besoin de symboles ? Que l'on décrochait des emblèmes nazis ou soviétiques en d'autres époques ?


Je pourrais ajouter un certain nombre d'exemples concernant sa difficulté à sortir du bois de lui-même, comme le fait qu'il ne se soit jamais rendu à des mouvements populaires relativement spontanés (comme Nuit Debout), ce qui lui aurait permis de se faire connaître de nombreux réseaux militants et associatifs, pas forcément hostiles du reste. De même, en tant qu'opposant ultra légaliste du Régime, il pouvait tout à fait instituer une pression judiciaire et médiatique sur les traîtres et les criminels en col blanc ayant contribué à des intelligences contre les intérêts fondamentaux de la nation, au financement du terrorisme ou encore à des crimes contre l'Humanité. C'est une façon de se montrer agressif vis à vis de l'oligarchie, tout en restant sur le terrain de la Loi. 

Il n'y a donc eu en 10 années d'existence, aucun mouvement populaire initié par l'UPR. Aucun organe de presse interne, aucune attaque judiciaire en règle contre les responsables de crime de sang ou de haute trahison, aucun "buzz", rien qui n'ait permis à ce parti politique d'exister en-dehors d'internet et des conférences données par M. Asselineau dans quelques salles municipales ou privées. C'est le niveau zéro de la communication politique. Ce ne sont pas quelques minutes cumulées d'espace médiatique sur les grands médias qui pouvaient rattraper des années de censure... consentie indirectement. De même qu'un tel score électoral écarte d'entrée de jeu la faute imputée au "vote utile" de certains de ses sympathisants.

Alors bien sûr, M. Asselineau maintiendra qu'il a fait ce qu'il a pu et trouverait sans doute à tous les exemples cités, de quoi nuancer voire s'opposer à ma grille de lecture de la communication de l'UPR. Et bien sûr, il n'existe aucune Révolution ou même communication militante qui soit parfaite. Mais bien que je sois de ceux qui reconnaissent au président de l'UPR d'exceller dans ses qualités de pédagogue et d'homme d'Etat potentiel, je lui refuse une quelconque autorité sur les questions de militantisme. Ça n'est pas son domaine, que ce soit dans sa personnalité, son regard éthique sur la question (n'oublions pas qu'il aspire au pouvoir), ou encore son expérience de vie. Et ce ne sont pas ses bras droits choisis pour leur discipline qui changeront quoi que ce soit à ce problème structurel de l'UPR. Enfin, comme M. Asselineau aime à qualifier les initiatives qui sortent un peu des sentiers battus comme "farfelues" et de nature à nuire au sérieux de son discours, je rappelle à titre d'exemple, que des gens aussi sérieux que Lénine ou Charles de Gaulle lui-même, ont soutenu toutes les formes de résistance qui se réclamaient d'eux, encore une fois dans des époques et circonstances très différentes. Certes, les militants du quotidien ne sont pas tous des Pic de la Mirandole, mais mépriser leurs initiatives, c'est quelque part, s'écarter de ce qui est souvent bien plus audible pour le Peuple.

Les partisans de l'UPR ont fait ce qu'ils ont pu et ont donné beaucoup de cœur à l'ouvrage. Et quelque part, je suis autant déçu pour mes espérances de prompte Libération de la France au regard des résultats du premier tour (et sans nul doute du second à venir) de l'élection présidentielle 2017, mais aussi finalement pour la douche glaciale que tous ces fervents militants ont reçu après tant d'efforts pour interpeller les Français. Coller des affiches, tracter, et bien plus encore, j'ai donné. J'ai par conséquent un immense respect pour ceux qui donnent de leur temps et leur motivation à un tel militantisme.

M. Asselineau n'évoluera jamais sur ces questions de communication populaire. Son Bureau National restera aussi à l'image du président de l'UPR, c'est à dire timorée lorsqu'il s'agit de faire monter la pression d'un cran jusque dans l'espace public. Il n'y a donc rien à attendre des instances dirigeantes de cette formation politique. Comme d'autres avant et après moi, j'ai quitté l'UPR en 2012 justement parce que j'ai vite compris les limites de ce parti. Cela ne m'a pas empêché de voter pour François Asselineau et de lui renouveler mon soutien en tant qu'électeur pour son chemin de croix et les sacrifices qu'il a consenti dans le but de libérer notre pays, mais j'adresse tout de même une mise en garde aux partisans de l'UPR :

N'attendez rien du chef, faites tout ce qu'il désapprouve tant que cela n'a rien de criminel, violent ou mensonger sur le plan idéologique. Si votre objet est bien de Libérer la France (et non défendre votre boutique comme une nouvelle Eglise parmi tant d'autres), alors la voie de la Révolution reste la meilleure option. A plus forte raison quand nous savons quel sera notre pain blanc durant les cinq prochaines années. La Révolution suppose mobilisation populaire réelle (soit loin des réseaux sociaux), créativité et spontanéité. Elle exige que les symboles de la Dictature tombent, et une désobéissance assumée à toutes les forces (même en apparence au service de la France) qui vous intimeraient de vous borner à coller des affiches et distribuer des tracts pour faire valoir votre liberté d'expression. Se faire entendre suppose d'aller bien au-delà de ce militantisme à papa.

Quoi qu'il arrive, la Révolution commencera le jour où les grands médias publics seront assiégés pacifiquement par des milliers de citoyens en colère. François Asselineau s'interdit même d'y songer, faut-il que ses militants s'interdisent aussi cette option ?

Avec mes amitiés résistantes à tous ceux qui maintiennent la lutte contre la tyrannie,

Sylvain Baron


vendredi 7 avril 2017

Le Monde tremble, la France va bientôt voter...


Voila désormais 10 ans, la France a sombré dans le déshonneur le plus sanglant, en instituant une politique d'ingérence et de collaboration avec tous les intérêts hostiles à la liberté et au droit à la sûreté de tous les peuples.

Ces derniers se voient déchirés par des armes livrées à des terroristes en Syrie par François Hollande de son propre aveu, cela après que son prédécesseur ait détruit l'Etat Souverain de Libye suite à une propagande de guerre dont les auteurs sont des irresponsables politiques, journalistes, éditorialistes, "philosophes", et communicants d'officines chargées de nous faire avaler la pilule des justes massacres humanitaires et démocratiques chez Ruquier et Cohen. 

Voyez Porcinet frétiller comme un teckel prêt à jeter nos missiles sur le palais présidentiel syrien sur la seule aimable autorisation de son nouveau "grand ami" Donald Trump. Même Libérafion n'a plus de mots pour faire l'éloge de Donald après lui avoir tant déféqué dessus. Malheureusement pour Laurent Joffrin, certains observateurs visiblement mieux renseignés que lui, pensent que nous avons affaire à un banal exercice de communication. La plupart des avions syriens semblent avoir été déplacés avant le bombardement sur une autre base et il s'agirait surtout de montrer les muscles face à la Chine tout en calmant les ardeurs des néoconservateurs déchus, par un nonos militaire jeté sur la Syrie pour leur faire plaisir. Nous espérons que la tension de Killary et toute sa bande de psychopathes a pu redescendre un peu désormais.

Notons que le Sultan Erdogan s'est réjoui de cette attaque violant expressément le droit international et continue de mener son trouble jeu entre plus d’amabilités avec la Russie et des espoirs de restaurer l'Empire Ottoman sur toute la péninsule arabe sous l'égide de l'Oncle Sam. Les sionistes n'ont qu'à bien se tenir, ils ne font pas le poids dans leur rêve impérial du Nil à l'Euphrate.

Et pendant ce temps là à Jérusalem, les fantômes des prophètes regardent les marchands du temple négocier le prix du Sang de leurs fidèles. 

Benoît Hamon et Emmanuel Macron ont répondu de concert leur soutien indéfectible à Porcinet dans son vœu de zigouillage plus intensif de la Syrie (en commençant par Assad) au nom des valeurs, de la démocratie et de mon cul sur la commode. 

Mme Le Pen se trouve ennuyée de constater que finalement, M. Trump ne sera pas forcément toujours délicat pour régler ses problèmes de politique intérieure. M. Mélenchon accuse Merkel et Hollande d'être responsables des passions soudaines pour l'usage des joujoux militaires U.S dont dispose Trump. M. Fion se dit compréhensif de la réponse américaine à une libération de gaz Sarin près de Idleb, dont il n'y a pas le début d'un rapport d'enquête. C'est un peu comme cela que l'opération libyenne a été possible, Fillon est un criminel désormais aguerri par ses complicités actives aux crimes de Sarkozy lorsqu'il fut son premier Ministre.

François Asselineau, pour sa part, a rappelé d'entrée de jeu le Droit International, et il a parfaitement raison. C'est la seule voie diplomatique raisonnable pour maintenir la paix et résoudre nos conflits. Par ailleurs, la France a l'écrasante responsabilité d'être l'un des 5 Etats-membres du Conseil de Sécurité de l'ONU et peut opposer son veto avec la Chine, la Russie et l'écrasante majorité du reste du Monde, à des velléités guerrières anglo-américaines.

En Syrie, en Irak, au Yemen, au Congo et ailleurs, il y a des mômes qui tremblent sous les couteaux et les machettes des bouchers à la solde de nos impôts ou sous le poids de notre consumérisme joyeux pendant que d'autres cherchent de l'air et de l'eau sous les gravats des immeubles que nous bombardons.

Dans quelques jours, il sera question de voter pour une personne qui mettra fin à cette politique criminelle de la France. Certains électeurs se rendront complices de financement du terrorisme et de crimes contre l'humanité en accordant leur vote à des psychopathes et des traîtres.

Le Monde tremble, la France va bientôt voter...

Que chaque Français prenne ses responsabilités pour rétablir l'Honneur de la patrie des Droits de l'Homme.

dimanche 2 avril 2017

Du vote inutile

Sur les cinq plus grands et riches pays de l'Europe de l'Ouest, un seul d'entre eux a la particularité de permettre l'élection de son chef d'Etat par un scrutin direct : la France.

Le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sont des régimes parlementaires et l'élection du premier ministre (Royaume-Uni et Espagne), de la chancelière (Allemagne), ou du président du Conseil (Italie) se fait donc de façon indirecte. 

Si nous éludons un moment les différents détournements du système électoral français sous le régime de la corruption d'une voyoucratie toujours prompte à servir les intérêts les plus hostiles à la France, il n'en reste pas moins que tous les cinq ans, un certain nombre de candidats parviennent à franchir le filtre des 500 parrainages requis pour concourir au mandat suprême de la nation. Nous devons cet acquis démocratique (car c'en est un comme nous allons le voir) à la Constitution de la Vème République. Aucune des constitutions ayant précédé le Système actuel ne permettait cela. Nous étions alors à l'égal des autres pays cités, un régime parlementaire. Les Français ne pouvaient pas choisir qui déciderait en dernier recours de la paix et de la guerre, ni qui s'assurerait de garantir leurs intérêts fondamentaux par-delà les clivages partisans.

Tous les cinq ans donc, la même ritournelle revient hanter les débats médiatiques sur la question du "vote utile". Si encore cette expression fumeuse n'était que le fait des politiciens et des journalistes asservis, nous pourrions les laisser discutailler de quel oligarque leur semble utile pour préserver leurs intérêts face à des opposants qu'il s'agit d'écarter pour ne pas nourrir le risque des votes dits "extrêmes". Personne ne relèvera que si une personnalité devait représenter un danger sérieux pour l'intégrité du territoire et l'unité de la nation, la logique voudrait qu'aucun parrainage ne lui soit accordée. C'est le rôle de ce filtre. Ce qui n'empêche pourtant pas les élus locaux d'accorder des parrainages à des gens qui proposent rien de moins qu'abolir les frontières (Nathalie Arthaud et Philippe Poutou), ou de dissoudre notre pays dans un super Etat à créer à l'échelon européen (Emmanuel Macron, François Fillon et Benoît Hamon). Ces derniers n'étant étrangement pas considérés comme "extrémistes" par les journalistes.

Nous sommes dans un pays où ceux qui sont censés représenter nos intérêts et s'en faire les défenseurs sont pour une majorité d'entre eux des traîtres, la chose est entendue. Heureusement cependant, tous les candidats à la présidentielle ne sont pas dans ces dispositions d'esprit, et il s'est trouvé assez de maires pour leur accorder leur parrainage. Une fois cela dit, revenons-en à l'étude de la différence profonde permettant de distinguer le scrutin direct d'une élection plus indirecte d'un chef d'Etat pour aborder ensuite la question du "vote utile".

Lorsque dans un pays, on élit un collège de parlementaires qui auront la charge d'élire à leur tour un chef d'Etat, c'est le régime des partis qui donne la couleur politique de ce dernier. Une majorité de parlementaires se réclamant par exemple d'idéaux libéraux et européïstes, éliront parmi eux, une personnalité qui leur ressemble pour conduire la politique du pays.

A l'inverse, lorsque le peuple peut directement élire son chef d'Etat, il dispose de la possibilité de s'éviter un vote idéologique, pour ne s'intéresser qu'à ses intérêts fondamentaux. Le rôle du chef d'Etat est rappelons-le, d'être le premier maillon de la chaîne de commandement militaire et diplomatique d'un pays. Il est en toute logique, la personne qui sera en charge de veiller sur la Constitution et les intérêts du peuple, cela en dépit de toute conviction partisane. Comme le souhaitait Charles de Gaulle, le président de la République dès lors qu'il est élu au Suffrage Universel, se doit d'être au-dessus des partis.

Pour autant, comme tout animal politique, un candidat à l'élection présidentielle a néanmoins des convictions et un projet à proposer au peuple. Un programme qui permet à chaque citoyen de se reconnaître plus ou moins dans une tendance politique de fond. A minima, ce programme permet de tendre vers un idéal de Société dont on sait raisonnablement qu'il ne sera jamais atteint, car la somme de nos idéaux particuliers ne produit aucun idéal collectif unanimement partagé. Cependant, les grandes lignes des programmes politiques permettent à chacun de trouver ce qu'il y a de plus proche de ses convictions, en sachant que le progrès vers un idéal reste un chemin sinueux dont aucun d'entre nous ne peut raisonnablement imaginer une fin. Ce qui ne nous convient pas ou reste insuffisant, il faudra d'autres échéances électorales, des référendums et surtout une évolution des idéaux politiques de la majorité du peuple pour s'en rapprocher. D'ici là, il est probable que la majorité d'entre nous serons déjà passés de vie à trépas. Nous concédons tacitement qu'il appartiendra aux futures générations de reprendre à leur compte le fil de nos idées.

Une fois tout cela dit, on nous parle du "vote utile" soit pour faire barrage aux "extrêmes", soit pour se rapprocher de nos idées avec un candidat suffisamment médiatisé, quand bien même son programme reste trop flou ou déprécié, face à des engagements politiques plus proches de nos convictions, mais moins audibles dans les médias.
Pour donner du concret à mon exposé, certains m'invitent à préférer les offres politiques proposées par M. Mélenchon ou Mme Le Pen, sachant que pour ma part, c'est celle de M. Asselineau qui se rapproche le plus de mes propres convictions. L'enjeu ici étant la dénonciation des traités européens et de l'euro que les premiers défendent avec un certain manque de radicalité, alors que M. Asselineau se montre tout à fait clair sur le sujet.

Mais comme ce dernier est sous-médiatisé, je devrais considérer que "le vote utile", serait de voter pour des candidats ultra-médiatisés sans aucune garantie que mes convictions trouvent leur concrétisation si l'un des ces deux candidats devait être élu.

Eh bien c'est cela que j'appelle le vote inutile pour les raisons suivantes :

1) Cette méthode de pensée est totalement cyclique. C'est le serpent qui se mord la queue. Elle permet finalement aux médiacrates de décider pour nous de ce qui vaut "un vote utile" et lorsque cela est suivi par un bulletin dans l'urne en ce sens, nous n'enrayons en rien la propagande, ni nous ne faisons donc avancer nos idéaux propres. Nous ne faisons que donner un blanc seing à des candidats qui sont eux-mêmes promus par l'oligarchie, et certainement pas sans raisons d'intérêts pour cette dernière.

2) "Le vote utile" correspond à un reniement de soi. Nos idéaux peuvent être minoritaires, mais ils sont les nôtres. Consentir à déprécier ses propres convictions à l’aune d'un appel à "voter utile", c'est manquer d'intégrité. La chose politique exige un tant soit peu d'intégrité et de radicalité. Nous n'avons pas à renforcer un électorat avec lequel nous ne partageons pas une conviction similaire sur les sujets qui nous préoccupent, si nous disposons d'une offre politique plus propre à nos idéaux. Etre un Homme, c'est se respecter pour commencer.

3) Une idée ne progressera jamais dans les consciences, si nous choisissons malgré nos convictions de faire l'impasse sur celle-ci pour sa version plus bancale. A l'inverse, si nous considérons que le seul vote utile, c'est celui qui correspond à nos considérations politiques, le cumul de ceux qui auront voté dans le même sens que nous au fur et à mesure des scrutins qui se succèdent, permettra à cette idée de crever le plafond de verre médiatique in fine. Car un idéal partagé et démontrant son cheminement dans un nombre toujours plus grand de consciences, à vocation à devenir le thème politique qui sera pleinement discuté demain.

4) Les personnalités politiques qui non contentes de laisser un certain flou dans leurs engagements politiques en lien avec nos idéaux, les amalgament à d'autres thématiques dont on sait qu'elles clivent une bonne partie de la population,  n'ont pas vocation à être élues. Car il se trouvera toujours une majorité de l'électorat pour s'y opposer, soit sous le prisme des hystéries médiatiques, soit justement parce que certaines thématiques sensibles restent irréconciliables avec des Communs pouvant fédérer le plus grand nombre. Si le vote utile, c'est d'accorder de l'intérêt à ce qui est promu par les médias, alors n'oublions pas que ces derniers orientent les opinions dans le sens qui intéressent ceux qui en ont le contrôle. A l'inverse, une conviction assumée dans son vote, qu'importe la censure ou la diffamation des journalistes, a une assise qu'aucune propagande ne peut détourner. C'est un vote solide.

5) Enfin, à supposer que nos votes de conviction n'aient pas suffit à faire élire un candidat, ils pourront néanmoins influencer les politiques publiques à venir de celui qui aura été élu. Les élections présidentielles en France se font sur deux tours. Si le candidat que nous avions retenu au premier tour, ne parvient pas à se hisser au second, il n'en reste pas moins enrichi d'un certain nombre de voix qui peuvent faire la différence pour les deux candidats restants en lice. Les tactiques politiciennes pour obtenir les voix qui manqueraient à un présidentiable dont nous aurions jugé qu'il manquait de radicalité par rapport à nos convictions propres, l'amèneront à tendre la main aux électeurs de ses opposants du premier tour ayant des programmes plus ou moins proches. Ce qui peut permettre d'obtenir des engagements convergeant aux plus près des idées que nous défendions au premier tour. Cela est particulièrement vrai lorsque nous parlons de plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de voix dans la balance.

Je tiens donc à signifier à ceux qui me serinent avec "le vote utile" qu'au contraire d'eux, je ne suis pas une pâte à modeler. J'ai des convictions que j'assume, et je ne me laisse pas dicter une stratégie de vote en fonction des tactiques politiciennes qui sont le propre de notre oligarchie. La culture de la popote électorale a réussi à faire place dans certains esprits malléables en opposition à la culture du débat politique de fond. Voter en fonction de "qui a le plus de chances d'être élu" selon des sondages trafiqués  et une visibilité médiatique plus ou moins prononcée, ce n'est pas se conduire en animal politique, mais en mouton servile. Ces gens-là pratiquent le vote inutile, puisqu'ils obéissent finalement aux indications données par une médiacratie que bien souvent ils contestent. Ils ne font que maintenir une oligarchie en place au lieu de tenter de la renverser. Le vote utile doit être un vote de conviction, non un choix faussement "tactique".

A bons entendeurs...






mardi 21 mars 2017

Je suis pro "Système"


S'il est une remarque de journaliste que l'on peut entendre vis à vis de certaines personnalités politiques, c'est le fait qu'elles puissent être "anti-système". C'est donc qu'il y a des "pro-Système" par opposition, et encore faut-il savoir de quel "Système" nous parlons.

Pour commencer, tenons-nous en à une définition du mot "Système" donnée par le Larousse, afin d'accorder nos violons : 

Ensemble organisé de principes coordonnés de façon à former un tout scientifique ou un corps de doctrine : Système philosophique. Ensemble d'éléments considérés dans leurs relations à l'intérieur d'un tout fonctionnant de manière unitaire : Le système nerveux. Les différents systèmes politiques.

Nous noterons qu'un Système en tant que concept philosophique ou "corps de doctrine", est alors un mot qui prend une majuscule comme d'autres termes tels que "Homme", "Dieu" ou "République". A l'inverse, un système purement mécanique répondant aux lois de la science, s'écrit en minuscule.

Un Système façonné uniquement par la pensée de l'Homme est donc un Système représentant un concept général et évolutif. A l'inverse, un système mécanique ou biologique, répond de lois physiques contraignantes et limitatives. 

Un Système, quel qu'il soit, se doit d'être complet. S'il manque un élément répondant du bon fonctionnement, voire du fonctionnement tout court du dit-Système, alors ce dernier ne forme plus "Système". Un Système est cohérent, composé de plusieurs éléments qui répondent les uns des autres de façon harmonieuse. Et lorsque l'on évoque un concept philosophique ou politique, être "anti-Système" signifie littéralement vouloir abolir le corps de doctrine permettant de faire "Système"

Encore faudrait-il savoir de quel concept rattaché à la politique, émane ce mystérieux "Système" ?

Parlons nous du "Système-Etat" par exemple ? C'est à dire l'ensemble formé par l'intrication du peuple, de son territoire et de ses institutions pour revendiquer dans le concert des Nations, sa propre existence collective et ses volontés d'indépendance et de destinée commune préservées dans l'ordre culturel et politique mondial.

Si c'est de ce "Système" dont il serait bon ton de l'abolir, je reconnais sans l'ombre d'un doute ne pas y être favorable. Je trouve ce Système aussi indépassable que perfectible pour garantir aux peuples leur auto-détermination, peut importe le niveau de démocratie et de progrès social accompli dans chaque pays. Un Etat fragilisé ou anéanti par un président "anti-Système" (comme ont pu l'être Sarkozy et Hollande), ne garantit plus la protection de ses citoyens par des institutions régaliennes et des lois. Il livre au contraire ceux-ci au chaos et à l'incertitude. Le "Système-Etat" est le corps de doctrine le plus rassurant et le plus stable pour se donner l'assise collective permettant de tendre vers le progrès dans une collaboration que l'on voudra la plus harmonieuse qui soit. En tant que "pro-Système", je défends l'Etat, et souhaite même contribuer à la rédaction d'une nouvelle Constitution et faire évoluer vers un mieux démocratique l'ensemble de nos institutions. Je ne veux en aucun cas les abolir d'un bloc. Peut-être que certaines administrations ou collectivités territoriales ôtées du "Système" le rendrait plus harmonieux et efficient, mais beaucoup son essentielles à notre organisation collective. Qui voudrait par exemple retirer à l'Etat la gestion des premiers secours et des hôpitaux ? Cette personne-là serait assurément "anti-Système", certainement pas favorable au "Système" qu'elle prétend défendre. Qui voudrait retirer à l'Etat ses armées ou en réduire les capacités défensives face aux périls existants et futurs, serait assurément un "anti-Système", pas un pro-Système. Qui voudrait retirer à l'Etat le contrôle de la monnaie serait tout aussi hostile au respect des institutions et de la démocratie. Ce type là serait assurément un fou ou un traître... 

S'agissant du "Système-Etat", je pourrais donc dresser aisément une liste de noms de personnalités politiques ayant été aux affaires, qui sont assurément "anti-Système". Je crains cependant que la prestigieuse communauté des journalistes français, reste encore trop innocente pour ne pas crier à la "théorie du complot" si une telle liste leur était communiquée.

Un Système politique, est aussi un corps de doctrine agrégé en un ensemble de lois codifiées pour se répondre entre-elles, cela dans une volonté de Justice égale pour tous. Certaines de ses lois répondent de la Justice Sociale lorsqu'elles concernent l'économie et le contrôle qu'a le peuple sur sa monnaie. L'économie n'est pas une Science "dure"  mais un ensemble de corps de doctrine très diversifiés. Le communisme, le socialisme, la décroissance, le capitalisme, le libéralisme, le keynésianisme, ou le colbertisme sont des modèles économiques très différents dans leur aptitude à générer de la Justice Sociale, ou au contraire servir des intérêts particuliers minoritaires au détriment de ceux de la majorité. 

Ainsi, l'on peut être contre le Libéralisme ou le Capitalisme, tout en étant "neutre" vis à vis du terme "économie". Il ne s'agit pas d'être pas d'être pour ou contre l'économie, puisqu'une Société tribale pratiquant le don ou le troc, dispose bien d'un "modèle économique" propre à harmoniser ses échanges. De même que les modèles économiques plus complexes et correspondant à notre civilisation désormais industrielle, aussi différents soient-ils, reconnaissent l'existence d'une "économie de marché". Des agents économiques institutionnels ou indépendants s'échangent des biens et des services aussi bien dans le communisme, la décroissance ou le capitalisme. Simplement, les régulations apportées par les uns et les autres de ces corps de doctrine, entraînent des effets socio-économiques différents. 

Si ce sont donc les "micro-Systèmes" que sont le Libéralisme ou le Capitalisme qu'il convient de dénoncer et remplacer par un autre corps de doctrine politique, alors il n'y pas lieu d'être qualifié "d'anti-Système" car il n'existe aucun modèle économique qui soit imparfait, tant que l'expérience de son application ne l'aura pas démontré dans les faits et le temps long. La structure économique de son pays et les échanges auxquels cette première est intriquée, n'est absolument pas remise en cause. Une doctrine politique "nouvelle" ne fait qu'établir des harmonies différentes pour enrichir la Nation et la porter vers un haut niveau de progrès social. Elle fait bien évoluer un Système économique qui est pré-existant vers une redistribution des richesses dans une philosophie différente de celle d'un ordre révolu qu'elle à vocation à remplacer. Avoir donc des opinions différentes sur les questions économiques, n'est en rien être "anti-Système", puisque chacun aura son idée propre pour faire évoluer des lois de commerce ou relatives à la monnaie afin de tendre vers plus de Justice Sociale. Aucun Système n'est remis en cause, si ce n'est un champs particulier de la philosophique politique et économique. 

Nous pourrions déployer l'arborescence de ce qu'est un "Système politique", avec "l'ordre international", en regardant de plus près le fonctionnement des institutions auquel il répond, et des revendications bellicistes assumées par certaines personnalités politiques.

Ainsi, quand Benoît Hamon fait valoir le 20 Mars 2017 dans un débat sur TF1, son hostilité manifeste au chef d'Etat de la seconde puissance nucléaire mondiale, il démontre qu'il est excessivement hostile au Système. Une diplomatie apaisée entre les grandes puissances militaires étant l'une des clés du maintien de la paix dans le Monde, "l'ordre international" se trouve bouleversé lorsque des irresponsables politiques au sommet de ces Etats, ne savent pas maîtriser leurs hystéries idéologiques ou de connivence. De la même façon que lorsque M. Hollande a révélé qu'il a fait livrer des armes à "une rébellion modérée" en Syrie (ce qui en droit s'appelle du "financement du terrorisme"), on peut dire de lui qu'il est "anti-Système". Il a contribué à générer du chaos, là où pré-existait un "Système-Etat" Social, Laïc et en Paix qui quoi qu'imparfait, n'avait pas vocation à être anéanti par les bombes et du terrorisme à grande échelle. Ce type n'est donc pas seulement "anti-Système" mais carrément un criminel.

C'est avec la prise de distance sur les mots, que l'on se rend compte que leur usage vire souvent à l'absurde. Aujourd'hui, on valorise ou l'on discrédite des personnes parfaitement en phase avec "le Système" en leur attribuant le qualificatif "d'anti-Système". Cela alors qu'elles ne souhaitent que le faire évoluer dans une quête de progrès. L'on se garde bien en revanche de signifier que les personnalités politiques les plus hostiles au Système soient par définition "anti-Système".

Ce qui donc interroge sur la représentation de l'harmonie sociale, économique et géopolitique des journalistes. Car si messieurs Fillon, Hamon et Macron incarnent sans le dire le "Système" alors comment se fait-il qu'ils soient les plus acharnés à vouloir le vulnérabiliser encore et toujours ? Ces gens là sont clairement "anti-Système", mais jamais un journaliste ne se permettra de les qualifier comme tels. 

Pour ma part, c'est donc sans ambiguïté et avec aplomb que je me revendique "pro-Système". 

A chacun de déterminer si sa part de rébellion a besoin d'être drapée de slogans creux et complètement contradictoires, ou si elle trouvera mieux son exultation dans les actes et le respect de ses propres convictions.

lundi 13 mars 2017

Du régime politique d'une nation

Le 5 mars dernier, le Cercle des Volontaires publiait une excellente entrevue menée conjointement par Nicolas Clément (le-message.org) et Raphaël Berland (le CdV) avec Etienne Chouard :


Une foule de sujets ont été abordés, dont trois qui ont retenu spécifiquement mon attention. Cela du fait qu'ils sont les objets de mes propres méditations. Je souhaiterais ainsi revenir sur la question de "la révolution", celle de "la police" et celle de "la royauté". C'est par ce dernier sujet ô combien sensible pour quelques esprits hystérisants, que j'aimerais entamer une discussion avec Etienne, qui, s'il accepte et en trouve le temps, pourra trouver dans ce blog un support pour consigner ses propres commentaires pour que nous puissions effeuiller les premières couches d'un débat trop profond pour nous seuls.

Si vous souhaitez échapper à l'introduction, le fond de la réflexion est ici en pdf

J'apprécie discuter avec Etienne, car si je suis d'accord avec sa pensée de façon générale, nous réagissons néanmoins à deux mécaniques d'esprit différentes pour nous faire cheminer vers une même quête.

Ainsi, un débat qui reste d'une certaine façon irrésolu entre nous, étant la confiance que nous pouvons porter sur une majorité bienveillante, à accepter la voix pacifique mais radicale (occupation populaire des institutions stratégiques de la nation) pour provoquer la révolution rapidement. Etienne y oppose souvent les mêmes objections (fondées) qui sont les suivantes :

- Il y aura toujours des milices et des gens malveillants pour troller les manifs et les pourrir.
- Il y aura forcément des violences policières sur les manifestants.
- A supposer que les deux problèmes plus haut ne se posent pas et que le succès soit réel au niveau médiatique et politique, nous n'aurons pas de gouvernement à présenter, pas de constitution sécurisante pour nous préserver, et cela risque de se transformer en gigantesque foutoir ambiance "convergence des luttes" de Nuit Debout.  Je précise évidemment qu'Etienne aurait évoqué ce dernier argument avec plus de tact et de délicatesse pour qu'il n'y ait pas de malentendu.
- La population étant pour sa majorité encore ignorante d'un certain nombre de sujets clés pour garantir notre vigilance collective sur nos intérêts, ça n'est pas le bon moment. La Constituante amène en elle-même la révolution pacifique souhaitée.

Ma propre réflexion et mon expérience de militant m'invitent à relativiser ces objections, voire me porter en faux contre certaines d'entre elles. Je ne désespère pas de convaincre Etienne d'un jour croire en notre capacité à obtenir des progrès attendus rapidement, efficacement et sans heurts avec notre seule puissance de foule... 

Le débat sur l'anarchie qui a été abordé dans l'entrevue qu'a accordé Etienne Chouard, suppose l'obligation morale d'auto-discipline pour ceux qui se réclament de ce courant de pensée. En l'absence d'autorité supérieure, seule la sienne propre que l'on exerce contre soi, peut empêcher la guerre de tous contre tous. C'est à la fois le talon d'Achille de l'anarchie quant à sa faisabilité politique dans nos sociétés complexes où les individus sont très inégaux dans leurs comportements, et cela depuis des millénaires, mais aussi ce qui lui permet de s'inviter dans des débats plus spirituels, car l'anarchie est une philosophie politique du savoir-être en premier lieu. Quoi qu'il en soit, dans une Utopia anarchiste, l'ensemble des êtres libres qui y demeurent, sont tous non violents entre eux, et disposent d'un sens civique à un niveau inimaginable pour les citoyens de la République bananière de France que nous sommes aujourd'hui. Ils pratiquent tous l'auto-discipline. C'est ce dont nous avons besoin pour utiliser notre puissance collective, et sur une semaine de "révolution concrète", je pense que la minorité agissante, peut faire preuve d'un très haut niveau d'auto-discipline pour réussir ses desseins. Je considère qu'il revient à la minorité agissante et incarnant les idéaux révolutionnaires de son époque (nous parlerons pour nous de la sortie de l'U.E ; l'euro et l'OTAN en plus de la Constituante), d'agir pour inquiéter et stresser fortement sa propre tyrannie. La notre est de nature oligarchique et ultra décentralisée dans son organisation. Il faut donc la briser par ses organes les plus sensibles, qui sont l'obéissance des institutions régaliennes aux pouvoirs politiques du moment et la servilité des médias collabos.

Ce sera l'objet des réflexions que je souhaiterais croiser avec Etienne sur la "Révolution", et une fois ces digressions faites sur ces quelques thématiques en vrac, je souhaite en arriver à la question par laquelle j'invite Etienne au débat.

De la Royauté

A la 83ème minute de l'entrevue, Etienne explique ainsi que lorsqu'il a l'occasion de discuter avec un royaliste, cela lui permet de chercher à comprendre dans le cadre de la controverse, comment une telle conviction politique puisse émerger et s’installer. Nicolas profite de cette transition bienvenue pour relayer la question d'un internaute demandant à Etienne s'il se considère monarchiste.

Ce à quoi fort logiquement en tant que démocrate, Etienne répond par la négative. S'en suit quelques explications sur la monarchie (pouvoir d'un seul), qui nous éloignent du vrai sujet de fond qu'avait abordé Etienne incidemment avec le royalisme.

Car "Royaume" et "Monarchie" sont deux mots très différents. Le premier doit s'entendre en premier lieu dans sa charge romantique à l'égale de celle que l'on prête à la République révolutionnaire. Le second terme renvoie à une définition : un seul dispose de tous les pouvoirs.

Un Royaume peut disposer d'institutions aux pouvoirs clairement séparés, une monarchie en sera nécessairement l'absolue antithèse. Le Royaume ne suppose pas le chef de l'Etat comme étant inamovible et tout puissant sur l'ensemble des institutions. La monarchie l'exige. Le Royaume n'interdit en rien que ses institutions prévoient des mécanismes permettant l'initiative et le vote des lois par les Sujets indépendamment de leur représentation politique. Nonobstant les imperfections de leurs lois fondamentales, les Britanniques ont bien voté par Référendum leur sortie de l'Union européenne. Alors pourquoi s'obstine-t-on à renvoyer le Royaume vers ce qu'il n'est pas ?

A cela plusieurs raisons historiques, dont la première sera l'objet réel du débat que j'essaye d'instituer :

- L'avènement de la République exigeait que l'on tuasse le Royaume en tant que Roman collectif et unificateur.

- Le Comte de Chambord n'a pas retenu la leçon de son lointain parent Henri IV lorsqu'il lui fut possible de restaurer le Royaume de France, en consentant à conserver l'emblème bleu, blanc, rouge qui était la seule négociation politique en jeu pour que le Parlement (majoritairement monarchiste en 1871) fasse de lui le Roi de France. Homme de principes, il refusa de prêter allégeance au drapeau tricolore symbolisant pour lui la décapitation de ses aïeux, et la France écopa alors de la troisième République d'Adolphe Thiers.

- Les défenseurs de la restauration du Royaume de France veulent rétablir des dynasties nobiliaires aujourd'hui tout aussi riches et intriquées dans une ploutocratie aux intérêts de classe divergents de ceux de la majorité du peuple. Notons que le prétendant au trône Louis XX, réside au Venezuela et parle en français qu'avec grande difficulté. La légitimité des Souverains proposés et du régime politique et social suggéré, discréditent les royalistes d'hier et d'aujourd'hui dans leurs revendications.

- Enfin, bien que je répète et martèle que si rien n'empêche un Royaume d'être imaginé avec tous les gardes-fous démocratiques les plus pertinents, il affirme bien plus fortement que la République la notion d'identité collective d'un peuple. Il le rattache à une dimension spirituelle de son existence, au-delà de sa stricte dimension politique et militaire. Et c'est dans sa charge symbolique que l'on doit méditer la pertinence du Royaume en tant que régime politique, et non dans l'organisation de ses institutions.

Pour que l'on puisse parler de Royaume, il faut donc que notre Souverain soit la conscience morale de l'Etat. Historiquement, les rois revendiquaient tous une filiation spirituelle en lien avec l'ordre religieux de l'époque et du  territoire concerné. Un regard contemporain nous amènerait à ne pas négliger les apports de la République, être exigeants sur la démocratie directe à instituer et la révocabilité de tous nos mandataires, mais ne pourrait s'affranchir de deux paradigmes pour oser intituler le premier titre de notre future Constitution : "Du Royaume de France" :

1) Le mandataire au titre de Souverain devrait incarner une dimension spirituelle, mais pas nécessairement religieuse (un sage, un philosophe, un érudit) pour être l'autorité qui se doit de répondre aux crises politiques et sociales de la Nation. Un Souverain  dans le cadre de l'avènement d'un nouveau Royaume de France ne pourrait tirer sa légitimité que par "l'autorité naturelle" qu'il véhicule par ses écrits, ses paroles et ses actes reconnus par la majorité du peuple. Un système de plébiscite (candidature interdite, investiture citoyenne uniquement) au niveau régional de Sujets remarquables et remarqués par leurs pairs pour leurs qualités d'esprit, peut tout à fait permettre avec du tirage au sort, quelques examens de contrôle sur les notions importantes dévolues à la fonction suprême (droit constitutionnel, géopolitique, économie, histoire, philosophie) et un suffrage final par les urnes, de disposer de dauphines et de dauphins du Royaume, si le Souverain du moment venait à être destitué par référendum, ou plus probablement abdiquerait ou décéderait en cours de mandat.

2) Car l'autre particularité du chef d'Etat dans un Royaume, c'est qu'il règne à vie. Il peut n'avoir aucun pouvoir politique gouvernemental et législatif réel (ce qui est le cas en Norvège, en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Espagne), mais en revanche, il fait et défait les gouvernements au nom du peuple. Et le temps long de règne, ça permet de distinguer une crise politique majeure d'une contestation sociale ne remettant pas en cause la légitimité d'un gouvernement en exercice. Surtout si une Cour Constitutionnelle en plus d'un parlement tiré au sort veille au grain sur l'exécution régulière du mandat  du gouvernement.

Dans le mécanisme actuel de la Vème République, le président est ainsi un pseudo roi élu pour 5 ans, qui conserve l'attribut essentiel de révoquer le gouvernement en exigeant la démission du premier ministre. Ce qui rend illogique la notion de fusible institutionnel pour encaisser les crises politiques découlant des réformes douloureuses (légitimes ou non). En effet, un pseudo-roi qui règne 5 ans et issu du régime des partis politiques, n'a pas vocation à être une autorité morale et naturelle, à laquelle un peuple se réfère sur le temps long. Et si c'est réellement cela sa vocation, alors il ne peut nommer des traîtres et des parvenus au gouvernement, et encore moins les maintenir au pouvoir, à défaut d'être lui-même révoqué pour avoir failli à sa mission de gardien des institutions. Le vrai fusible pour le gouvernement dans un Etat authentiquement démocratique (pouvoir de révocation par référendum d'initiative populaire), c'est toujours l'autorité morale si elle existe. La Justice, le Conseil Constitutionnel, le Conseil d'Etat, toutes ces institutions sont les gardiennes du fonctionnement régulier de nos institutions. Mais elles ne sont pas des autorités morales incarnées par un être humain responsable devant le peuple, de devoir faire usage de sa sagesse et sa vigilance civique, pour protéger nos intérêts contre toute tentation malhonnête de certains de nos mandataires. 

Lorsqu'on est mandaté à des tâches exécutives de haut niveau pour 5 années, c'est à partir d'une vision politique et de compétences techniques que l'on dispose d'une légitimité qui se doit d'être reconnue. En laissant peu de place, si ce n'est sur l'essentiel, à la moralité d'un chef de gouvernement devant faire appliquer un mandat impératif voté par le peuple, on suppose que sur 5 années (ou plus), il est probable que l'on découvre que celui-ci s'avère être en fait une personne corruptible, et sa révocation ne sera pas sensée heurter nos consciences avec des institutions démocratiques.

En revanche, révoquer la plus haute autorité spirituelle du pays qui est appelée à garantir toute sa vie durant, l'unité du peuple, c'est un problème politique plus fondamental pour la nation. En particulier si le mode d'investiture et la participation citoyenne autant que la reconnaissance dont bénéficie une Reine ou un Roi, rend sa Légitimité incontestable. 

Le véritable garde-fou de la stabilité d'un gouvernement est donc une autorité que l'on veut morale, légitime et pérenne, qui est son propre fusible parce que supérieure institutionnellement. Un premier ministre est un chef de gouvernement, il n'a pas vocation à encaisser les ires populaires que l'exécution de son mandat (surtout s'il est impératif) exige. C'est bien sa stabilité que l'on cherche à préserver avec un fusible moral qui a la lourde tâche d'être à la fois la conscience de l'Etat et de ses institutions et la conscience du peuple dans ses propres projections. 

Dans les Royaumes européens actuels, quoi que je ne répondrais pas de valeurs morales partagées avec leurs Souverains fossiles d'un autre temps, la distinction est tout de même parfaitement opérée entre chef d'Etat (la Reine ou le Roi) et chef de gouvernement.

Quels sont donc les pouvoirs réels et utiles de ces souverains, indistinctement de la légitimité que nous leur reconnaissons ?

- Autorité morale
- Règne à vie
- Investit et révoque les gouvernements au nom du peuple
- Droit de grâce
- Dernier maillon de la chaîne de commandement militaire de défense
- Pouvoir de représentation diplomatique purement protocolaire

Les Reines et les Rois européens s'interdisent en général de s'impliquer dans la vie politique de leur pays. Les gouvernements sont élus directement ou indirectement, et tous ces Royaumes disposent d'un parlement. Le Royaume de Norvège est considéré dans l'index of democraty, comme le pays le plus démocratique au Monde... 

La République bananière française est à la 26ème place, très loin des champions scandinaves, suisses et issus du Commonwealth (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande). Bien que cette source de classification est subjective, car issue de l'intelligence économique britannique, elle évalue tout de même des indices objectifs du niveau de démocratie à partir de critères factuels, à savoir le nombre de procédures de justice recensées sur des atteintes aux libertés publiques ou individuelles. On regrette que les formes constitutionnelles ne soient pas analysées pour parfaire un tel index mais à défaut de mieux, constatons bien que l'on ne peut pas reprocher objectivement à un Royaume de se montrer nécessairement moins démocratique qu'une République. Il n'est pas forcément moins social non plus, puisque l'on sait que les Royaumes danois et suédois sont les champions de l'impôt sur le revenu extrêmement élevé (jusqu'à 50 % du salaire), mais avec en contrepartie un Etat social puissant. 

Que l'on soit en République, en Royaume, en Fédération ou en tout autre chose, la forme du Régime n'a qu'une dimension romantique sur la première page d'une Constitution établissant nos institutions. C'est la façon dont on les écrira qui rendra possible la Démocratie en France ou non. 

Cependant, puisque tant les anarchistes que les royalistes érigent les valeurs morales et spirituelles en vertus cardinales de la stabilité d'un système politique, alors les républicains et plus globalement les constituants, auraient raison de s'intéresser à ce problème de philosophie politique qu'est "l'autorité morale".

Et c'est du point de vue des royalistes, qui à contrario de leurs copains anarchistes, reconnaissent à l'Etat sa pertinence et sa nécessité dans notre organisation sociale, que je compte me faire l'avocat du Souverain (ou du diable), mais en re-contextualisant d'abord l'évolution de la forme de l'Etat durant ces deux derniers siècles.

Je postule en effet que la fracture culturelle, historique et identitaire profonde des Français, ne se situe pas dans les épiphénomènes liés aux problèmes migratoires et sociaux d'aujourd'hui, mais remonte à la fin du XIXème où l'affaire Dreyfus a été le catalyseur de la réorganisation des courants politiques, avec en corollaire la décomposition du courant royaliste. Nous sommes 25 ans à peine après la défaite de Sedan qui sera l'occasion de l’avènement de la IIIème République du félon Adolphe Thiers, et dans moins de 20 ans, les Français iront verser leur sang pour récupérer l'Alsace et la Moselle et prendre leur revanche sur l'ennemi Allemand. 

Nous sommes à une époque où le roman national est surchargé de références symboliques très différentes, voire contradictoires - de 1800 à 1900, la France sera un Empire, un Royaume, à nouveau un Empire, un épisode anarchique avec la Commune de Paris avant de devenir une République  - et un seul de ces régimes trouve sa légitimité dans son ancienneté : le Royaume. Cependant, les errements intellectuels des royalistes, leurs prises de position désastreuses, la propagande hostile à la restauration, tout cela aura finalement eu raison de l'idée dans les consciences des Français du XXème siècle. Epoque nouvelle où leur République les propulsera dans deux guerres mondiales, avant de se faire pardonner dans l'ère du consumérisme et du démantèlement de l'Etat pour un projet impérial contemporain : l'Union européenne. 

S'il est donc temps de faire une pause et repenser notre Constitution, alors commençons par son Titre premier, à savoir la forme de notre régime politique. 

Car en Démocratie, il y a un peuple, soit une Communauté Politique qui se sent liée certes par des institutions et du droit pour les créer et garantir leur bon fonctionnement, mais d'avantage encore par une Histoire mêlée ancienne et récente, des repères culturels communs, et dans la vision française de l'unité politique, au moyen d'une langue commune. 

Mais nous n'échappons pas aux mythes et symboles véhiculés par l'Histoire, et marquons ainsi notre besoin fondamental de matérialiser cette idée d'unité, par des drapeaux, des hymnes, des devises gravées sur les frontons de mairies, le nom d'une monnaie, et même le régime politique que l'on attribue à notre propre pays. Le seul nom de la France est en lui-même une idée politique. La République a eu peu de temps et trop de corruptions pour instituer durablement l'ensemble de ses symboles et donner de la Majesté à son propre roman. La République n'a pas été bâtie dans la bravoure des rois mérovingiens et capétiens qui participaient directement à leurs entreprises militaires, mais par des hauts fonctionnaires et des bourgeois insensibles au contes de fées et aux batailles de capes et d'épées de leurs enfants. Notre imaginaire collectif a beau être surchargé de références à un roman médiéval avec les univers féodaux de Tolkien, les séries telles que Game of Throne pour ne citer que des références immédiates dans les arts, pour autant nous entretenons sans nous en rendre compte, une schizophrénie entre ce qui alimente volontiers notre perception idéale de l'Etat (son décorum), et les formes que nous lui tolérons aujourd'hui dans sa réalité.

Je crois très sincèrement que l'idéal romantique des français (idéal qui politiquement est sensé contribuer à nous unifier par ses symboles et institutions), n'est pas républicain. On ne lutte pas contre deux millénaires d'histoire et la charge émotionnelle et mystique qu'elle véhicule pour une population contemporaine. Le passé récent ne parvient pas malgré ses archives en nombre par rapport à celles des temps plus anciens, a effacer la construction mythique et historique profonde d'un peuple. En particulier si celui-ci a été conditionné durant des siècles à un système institutionnel plus théocratique que monarchique. Les passions religieuses que l'on retrouve dans les partis politiques, ne sont qu'un écho à ce conditionnement culturel plus ancien. En détruisant le christianisme en France, les élites du dernier siècle ont déplacé le problème de la religiosité et du sectarisme vers la politique sous couvert de laïcité. Indiscutablement, les français recherchent une autorité morale dans leur système politique, et n'en trouvent pas, ou qu'à une ou deux reprises au cours de chaque siècle à l'occasion de crises existentielles majeures.

Ne pas tenir compte de notre sentiment d'identité collective, surtout lorsqu'il est romancé (magnifié), c'est faire fi de notre volonté quant à renforcer notre Demos. Ainsi, le courant libertaire, n'est pas nécessairement synonyme avec "démocrate" comme le pense Etienne, si l'on tient compte que ce courant philosophique réfute l'idée de peuple. Les anarchistes admettent des normes permettant d'instituer une organisation sociale garantissant nos libertés individuelles à un niveau très élevé, mais ont un mal fou à donner du crédit aux concepts unificateurs pour faire société. Ils s'en remettent ainsi à une logique d'organisation sociale purement mécaniste (mais flexible car locale) et vide de charge symbolique (si ce n'est peut-être des symboles anarchistes ?). Non seulement donc, ils rejettent les symboles de la République, mais ils ne voudraient pas plus d'un Royaume car à leurs yeux, sa charge historique et symbolique serait tout aussi sanglante et barbare que toute autre forme idolâtrée de régime politique. Et pour le moins, un Royaume serait forcément capitaliste et réactionnaire si l'on tient compte des préjugés contemporains que l'on se fait à juste titre pour la majorité des royalistes. Ce point de vue s'entend et pourrait discréditer l'idée de Royaume. Mais au regard de la réalité : God save the Queen, et que personne n'ose porter atteinte au Roi du Maroc ou gare à la réaction de ses propres sujets ! Pourquoi ?

Plus encore, même le patriote pragmatique et peu attaché aux symboles de la nation, comprend qu'il faudra nécessairement en jouer un peu dans sa communication, car les citoyens vigilants que nous sommes, réagissons à ces stimulus. Nous réagissons d'ailleurs tellement aux symboles de façon générale, que toutes les entités disposant d'un pouvoir économique, politique ou religieux, s'en servent à outrance dans leur iconographie. Pourquoi crée-t-on des logos et des slogans si ce n'est par volonté de disposer de repères d'identification qui seront à même de rassurer la communauté à laquelle ils s'adressent ?

Il y a donc deux débats dans la démocratie, et c'est ce que je souhaitais tenter de faire apparaître en m'appuyant sur celui plus particulier du royalisme :

- L'agencement des institutions, leur séparation, et les pouvoirs qu'elles confèrent directement au peuple (l'aspect mécaniste de la démocratie)

- La transcendance unifiant le Demos, ce qui le constitue comme communauté politique et culturelle singulière, ce qui distille l'esprit de civisme et de vigilance politique, ce qui symbolise et idéalise notre unité, ce qui fait de nous et jusque dans chacune de nos consciences, un peuple.

L'aspect constitutionnel de la question démocratique est en fait le plus facile à discuter. On se fiche de savoir si le peuple se sent unifié ou non par un concept, une idée, un symbole ; on se borne à instituer la démocratie aux travers d'un contrat social que l'on pourra de toute façon faire évoluer dans le temps et qui pourrait potentiellement s'appliquer à n'importe quelle communauté politique.

Mais l'aspect plus philosophique, spirituel, civique de ce débat est crucial, car pouvant influencer la réflexion constituante. Il s'agit de répondre à deux questions très simples :

- Notre constitution doit-elle être vierge de toute charge symbolique relative à notre histoire et notre culture politique ?

- Si ce n'est le cas, est-ce que les mythes et valeurs renvoyés par la République sont ceux à conserver, où y'en a t'il de plus anciens ou de nouveaux que nous souhaiterions adopter, pour mettre un terme à notre fracture identitaire et mieux garantir notre unité ?

Voila Etienne, je t'ai lancé un caillou, je comprendrais qu'il te manque du temps pour m'opposer tes réflexions, mais je serais néanmoins ravi, même s'il me faut attendre quelques semaines, de publier sur ce blog tes réflexions sur l'importance ou non des symboles auxquels un Demos se rattache pour se reconnaître collectivement.

Amitiés,

Sylvain